ENORME : Lourdeur éléphantesque

enormeafficheUn film qui nous présente un personnage au comportement insupportable, mais qui finit par changer, fait-il l’apologie du comportement en question en en minimisant la portée ? Bref, le cinéma doit-il nous faire aimer les salauds et leur offrir une forme de rédemption ? La question peu paraître idiote, mais l’époque l’est parfois aussi. Pour preuve la polémique autour du film Enorme. Mais fallait-il vraiment faire naître une polémique autour d’un film aussi raté ? Raté au moins à trois quart car on a rarement vu un film aussi mauvais nous proposer une fin aussi réussie. Comme quoi il est décidément jamais trop tard pour bien faire !

Faire un film avec des personnages aussi antipathiques que Enorme, c’est prendre un vrai risque. Celui de voir le spectateur trouver le film en lui-même antipathique. C’est exactement le sentiment que fait naître ce film pendant un long moment. L’histoire n’est pas du tout maîtrisée. Ses excès la décrédibilisent totalement, horripilent sans jamais parvenir à faire rire. Personne n’a envie d’assister à un tel spectacle et souhaite que cela s’arrête au plus vite. Et puis, comme par miracle, Sophie Letourneur nous offre une très longue scène d’accouchement parmi les plus fortes et touchantes jamais tournées. C’est quelque peu paradoxal, quand on sait combien de comédies ont offert des scènes de ce type vraiment affligeantes. C’est quand le film cherche plus vraiment à faire rire qu’il semble enfin trouver du sens.

enormeLa direction de Sophie Letourneur ressemble à un naufrage. Elle semble totalement incapable de guider le jeu de Jonathan Cohen qui livre une performance d’une lourdeur éléphantesque. Marina Foïs s’en sort un peu mieux, mais son personnage est trop éteint pour qu’elle parvienne à sauver le film. Enorme est donc une œuvre qui manque terriblement de maîtrise, ce qui pose tout de même problème quand le sens profond du propos n’est pas hyper clair non plus. Du coup, la poésie du dénouement ne peut tout de même pas effacer tout ce qui ne fonctionnait pas auparavant. Ce n’était pas que mauvais, c’était pénible. Difficile à oublier !

LA NOTE : 7/20

Fiche technique :
Réalisation : Sophie Letourneur
Scénario : Mathias Gavarry et Sophie Letourneur
Photographie : Laurent Brunet
Son : Guillaume Le Braz
Montage : Jean-Christophe Hym et Michel Klochendler
Durée : 101 minutes

Casting :
Marina Foïs : Claire Girard
Jonathan Cohen : Frédéric Girard
Jacqueline Kakou : La mère de Frédéric
Victor Uzzan : Le chaman
Ayala Cousteau : La professeure de piano
Prisca Jami Ceccomori : La gynécologue
Alexandre Berurrier : L’hypnotiseur
Anne Jonquet : L’avocate
Andrée Nurymberg Ghelfi : L’haptothérapeute
Marie-Joëlle Mertens de Wilmars : L’ambassadrice
Bettina Hondré : La jeune pianiste

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