STRIPPED : La trilogie du vide

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Je suis un cinéphile discipliné. Si ce n’était pas le cas, je ne serai sûrement pas allé voir Stripped, dont la teneur des critiques n’incitait pas vraiment à se rendre dans une salle obscure. Mais voilà, il s’agit du troisième et dernier volet d’une trilogie (avec Chained et Beloved, sortis en juillet) par le réalisateur israélien Yaron Shani. Sauf qu’au final, le lien entre les trois films est vraiment ténu, voire ici totalement anecdotique, et le concept de trilogie n’a pas vraiment de sens. Et surtout, ce film ne présente pas un grand intérêt et la forme n’aide pas le spectateur à prendre le moindre plaisir face au spectacle proposé.

Dans Stripped (comme dans les deux précédents volets), les parties génitales des actrices et acteurs, et même la poitrine des actrices est floutée. Choix étrange et à mon sens passablement ridicule, quand les personnages ont par ailleurs souvent l’occasion de se dénuder, sans que ça soit toujours indispensable. Et surtout quand le film ne prend aucune précaution pour nous montrer de manière crue du vomi ou de la matière fécale canine. Ce n’est évidemment pas ce que l’on aurait retenu en premier si le propos s’était révélé par ailleurs enthousiasmant. Mais comme le sujet, pourtant d’une gravité extrême, est traité de manière grossière, avec une sorte de faux suspense qui frise le grotesque. Elle n’offre aucune réelle conclusion. La narration est terriblement maladroite. Bien au-delà en tout cas de ce qu’on peut pardonner.

strippedLa seule chose qui sauve Stripped du désastre total est la jolie performance de Laliv Sivan et Bar Gottfried. J’ai déjà souligné ici à de nombreuses reprises à quel point le cinéma israélien peut compter sur un incroyable réservoir de comédiens talentueux. Le film, malgré sa médiocrité, le prouve une nouvelle fois. Dommage qu’ils ne soient pas mis en valeur par un scénario et une réalisation à la hauteur. Au final, le projet de Yaron Shani manque globalement d’intérêt et à vrai dire de talent. Si Chained pouvait valoir le coup d’œil, les deux autres volets ne valaient vraiment pas le déplacement.

LA NOTE : 05/20

Fiche technique :
Réalisation : Yaron Shani
Scénario : Yaron Shani
Production : Saar Yogev, Naomi Levari, Michael Reuter, Alona Refua
Photographie : Shani Skiff, Nizan Lotem
Montage : Yaron Shani
Son : Nir Alon

Casting :
Alice : Laliv Sivan
Ziv : Bar Gottfried
Amos : Elad Shniderman
Alma : Reni Halabi

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