INTERIEUR NUIT (Marisha Pessl) : Roman noir en blanc

interieurnuitIl ne faut pas juger un livre à sa couverture. Non plus parfois parfois à la collection dans lequel il est édité. Ainsi, Intérieur Nuit se trouvait dans ma bibliothèque en me présentant la tranche blanche qui caractérise la collection Folio. Une collection que j’associe plutôt aux plus grands classiques et à une littérature contemporaine, en dehors de la littérature de genre. En tout cas, je ne l’associe pas à la publication de polars… pour lesquels la collection Folio Policier existe. Mais j’ai compris après quelques pages que je tenais dans les mains un roman très noir. Et très vite également qu’il s’agissait d’un excellent roman.

L’originalité de Intérieur Nuit est qu’il s’agit d’un roman dont fait partie des éléments « graphiques ». Principalement des captures de pages Internet ou des coupures de journaux. Ce n’est finalement pas grand chose, mais je n’ai pas d’autres exemples en tête d’un tel procédé. Cela contribue à rendre le récit plus vivant et beaucoup plus immersif. On rentre d’autant plus facilement dans cette histoire et le mystère épais qu’il fait naître dès les premières pages. Cela n’enlève rien à la part d’imagination qui fait de la lecture d’un roman quelque chose de profondément différent d’une fiction audiovisuelle. Cela s’avère au final un peu plus qu’un simple gadget, même si les principales qualités du roman sont ailleurs.

En effet, Marisha Pessl rend son récit incroyablement vivant avant tout par la qualité et la légèreté de son style. Elle fait preuve aussi d’un sens de la narration remarquable en construisant son histoire comme un puzzle qui ne prendra vraiment sens qu’à la dernière pièce. Dommage simplement, qu’elle n’ait pas su à un moment donné raccourcir son intrigue qui finit tout de même par tourner en rond avant les révélations finales. Intérieur Nuit reste un roman long et épais, même s’il se lit très facilement. On prend du plaisir du début à la fin, mais force est de constater qu’on s’y attarde un peu trop longtemps pour que la tension reste toujours maximale. Mais elle reste toujours suffisamment réelle pour faire de ce polar une œuvre sortant réellement de l’ordinaire.

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