L’ARGENT (Emile Zola) : Curée boursière

largentLe plus dur dans l’écriture d’une série est de savoir se renouveler continuellement pour maintenir l’intérêt de son histoire dans la durée. C’est vrai pour les scénaristes œuvrant pour Netflix bien sûr, mais c’était déjà vrai au XIXème siècle, quand la littérature était le seul vecteur de récits au long cours. La saga des Rougon-Macquart en est un parfait exemple. L’Argent en est le dix-huitième épisode. Emile Zola y explore le monde de la finance, et dans la moindre mesure celui du journalisme. Un nouveau thème qui vient compléter ce portrait volontairement exhaustif de la société du Second Empire. Par contre, le roman exploite largement des ressorts narratifs déjà exploités.

On retrouve dans l’Argent, le personnage de Saccard, qui était déjà le personnage principale de la Curée, deuxième volet de la saga. Cette fois, il ne spécule plus sur l’immobilier, mais sur des actions. Le décor change, mais le parallèle entre les deux épisodes est trop frappant pour ne pas avoir une légère impression de panne d’inspiration. Les deux sont les miroirs l’un de l’autre, ils explorent les mêmes travers de l’âme humaine, pour une conclusion largement similaire. Moins marquant que la Curée, ce volume est un des volets les moins lus et on comprend aisément pourquoi.

L’Argent ressemble parfois presque à une caricature de ce que peut être les Rougon-Macquart et la démarche entre science et littérature de son auteur. Le lecteur se trouve quelque peu noyé sous les termes techniques relatifs aux opérations boursières, traduisant une nouvelle l’impressionnant travail de recherche réalisé par Emile Zola pour l’écriture de son œuvre. Au final, ce n’est guère différent d’un épisode de Billions et ceux qui ont l’habitude des récits sur le monde de la finance ne seront sûrement pas gênés outre mesure. Les autres trouveront que cela alourdit terriblement un récit qui n’a pas le même souffle que les épisodes les plus marquants. Reste la qualité de l’écriture et l’insertion dans une saga à nulle autre pareille. Et cela vaut largement le détour.

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