TITANE : Voyage pénible en terre inconnue

Il est rare qu’un film récompensé par une Palme d’Or fasse totalement l’unanimité. Cela tient à la nature des longs métrages sacrés, qui se distinguent le plus souvent par une forte originalité, voire un caractère hors normes. Titane n’échappera pas à la règle. Tout le monde s’accordera à dire que l’on ne voit pas des films comme celui-ci tous les jours et sur tous les écrans. Le reste prêtera forcément à des débats où les opinions seront partagés, voire totalement contraires. En effet, certains trouveront le spectacle fascinant, d’autres le trouveront absolument insupportable. En tout cas, il y a peu de chance qu’il laisse quiconque indifférent.

Et moi ? J’avoue avoir eu longtemps du mal à savoir ce que je pensais de Titane tout le visionnant. Une part de moi avait envie que ce spectacle gore et dérangeant s’arrête au plus vite. On connaissait déjà le goût de Julia Ducournau pour ce genre d’ambiance, découverte avec Grave. Elle met la barre encore un peu plus haut en la matière et il vaut bien avoir le cœur bien accroché pour la suivre. Mais une autre part de moi se trouvait profondément intrigué par cet univers noir et étrange, qui prend vie à travers une réalisation formellement sublime. Et puis, le dénouement m’a fait prendre un peu de recul sur ce que je voyais et réaliser quelque chose… En fait, ce film est juste l’histoire d’une fille qui se fait engrosser par une voiture. J’ai alors trouvé ça aussi ridicule que gratuit et toute forme de magie s’est éteinte.

Titane mérite sans doute malgré tout sa Palme d’Or, dans le sens où le film amène le cinéma dans des territoires inexplorés. Par contre, tout le monde n’aura pas envie et plaisir à la suivre dans ces contrées inconnues. Tous les spectateurs ne peuvent se satisfaire d’un sens aiguë de la provocation et d’immenses qualités visuelles. L’absence total de sens de l’ensemble pose quand même un problème que beaucoup trouveront insurmontable. Ils apprécieront tout de même la performance d’Agathe Rousselle, qui semble littéralement habitée par son personnage. Le film pourra donc inspirer des sentiments contradictoires selon les spectateurs. Et ceux qui n’apprécieront pas le spectacle passeront un très mauvais moment.

LA NOTE : 07/20

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Julia Ducournau
Musique : Jim Williams
Décors : Laurie Colson
Costumes : Anne-Sophie Gledhill
Photographie : Ruben Impens
Son : Séverin Favriau, Fabrice Osinski et Stéphane Thiébaut
Montage : Jean-Christophe Bouzy
Production : Jean-Christophe Reymond
Durée : 108 minutes

Casting :
Vincent Lindon : Vincent
Agathe Rousselle : Alexia
Garance Marillier : Justine
Laïs Salameh : Rayane
Dominique Frot : la femme secourue par les pompiers
Myriem Akheddiou : la mère d’Adrien
Nathalie Boyer : l’ambulancière
Théo Hellermann : le jeune dans le bus
Mehdi Rahim-Silvioli : Rose
Bertrand Bonello : le père d’Alexia

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