SLALOM : Hors-jeux

La maltraitance de jeunes athlètes adolescentes par leur entraîneur a malheureusement été au cœur de l’actualité ces derniers mois, en France et ailleurs. Peu de sports semblent épargnés. Partout la parole se libère, faisant espérer que de tels agissements ne puissent plus à nouveau passer aussi longtemps inaperçus… ou du moins, que plus personne ne pourra détourner les yeux pour faire comme s’il ne voyait pas. Je critique souvent le cinéma français dans ces pages pour souligner son incapacité chronique à traiter des sujets contemporains brûlants. C’est pourtant lui qui a donné naissance à Slalom, qui nous plonge au cœur de la relation de plus en plus ambiguë entre une jeune skieuse et son entraîneur.

Slalom traite d’un sujet difficile, où un réalisateur va se trouver en permanence sur un fil pour éviter de tomber dans un voyeurisme déplacé. Charlène Favier parvient de la première à la dernière seconde à trouver le ton juste et la bonne distance. Elle force le spectateur à regarder les événements tels qu’ils sont, dans toute leur horreur parfois. Mais jamais elle ne fait de ceux-ci un spectacle. Les images bousculent, interpellent et c’est en cela que le film atteint son but avec beaucoup de force et d’intensité. Les personnages, leurs relations et l’évolution de ces dernières sont décrits avec une grande pertinence et une profonde subtilité. On ne ressort clairement pas de ce film totalement indemne.

Copyright Charlie Bus Production

On soulignera particulièrement la performance magistrale de la jeune Noée Abita, qu’on avait déjà entraperçu dans le Grand Bain. Jouer un rôle aussi dur doit évidemment demander beaucoup de courage à une adolescente, mais elle donne à son personnage une dimension qui tire le film vers les sommets. Celle de Jérémie Renier est sans doute moins surprenante, contribuant néanmoins largement à la justesse et la force du film. Plus globalement, c’est la caméra de Charlène Favier qui finit de faire Slalom une vraie réussite, grâce à une réalisation élégante, au service de l’histoire et des personnages. Un beau, mais dur moment, de cinéma.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Charlène Favier
Scénario : Charlène Favier et Marie Talon
Photographie : Yann Maritaud
Son : Gautier Isern, Louis Molinas et Thomas Besson
Décors : Julie Wassef
Costumes : Judith de Luze
Montage : Maxime Pozzi-Garcia
Musique : LoW Entertainment
Production : Edouard Mauriat et Anne-Cécile Berthomeau
Durée : 92 minutes

Casting :
Noée Abita : Lyz Lopez
Jérémie Renier : Fred
Marie Denarnaud : Lilou
Muriel Combeau : Catherine
Maïra Schmitt : Justine
Axel Auriant : Max
Frédéric Épaud : le coach de l’équipe de France
Catherine Marchal : la mère de Justine

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