LA TERRE DES HOMMES : Deux en un

Les thèmes sociétaux les plus forts et les plus actuels irriguent forcément les thématiques abordées par le septième art. On peut même parfois faire d’une pierre deux coups, ou plutôt d’un film deux coups, en en mêlant deux dans une même histoire. C’est le cas pour La Terre des Hommes qui nous offre un nouveau portrait du monde agricole, objet cinématographique assez nouveau mais qui devient relativement fréquent. Il nous présente également un nouvel exemple de violence sexuelle, sujet qui a renforcé sa présence à l’écran depuis la vague #metoo. Dans un mélange, il est parfois difficile de conserver le bon équilibre, mais il y a ici une bonne synergie entre les éléments. Même si le film n’échappe pas à tous les clichés.

Je vais passer rapidement sur un détail qui n’aura dérangé que moi… et je pense pas mal de mes anciens collègues. Il est en effet beaucoup question de SAFER dans cette histoire et comme il s’agit de mon ancien employeur, je peux témoigner que le fonctionnement décrit ne correspond pas tout à fait à la réalité. Cependant, la Terre des Hommes n’est pas non plus un documentaire sur les instances agricoles. Le machisme du monde agricole est sans conteste une réalité, mais il est décrit ici de manière un peu trop forcée pour être convaincant. Surtout qu’il existe de très grandes différences générationnelles sur ce genre de question, qui n’apparaissent pas ici. Sinon, il suffit de relire la Terre d’Emile Zola, pour se dire que le rapport au foncier n’a pas forcément beaucoup changé au cours du temps.

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Mais la Terre des Hommes reste avant tout un drame humain fort et poignant. La réalité sociétale décrite n’est évidemment pas uniquement liée au milieu dans lequel les événements se décrivent. Il y a malheureusement une dimension universelle à cette histoire. C’est à la fois le destin individuel brisé qui nous touche profondément, mais évidemment aussi ce qu’il dit sur notre époque. Tout cela doit beaucoup à la très belle performance de Diane Rouxel qui connaît là son premier rôle d’une telle dimension. On ne peut que ressentir immédiatement une profonde empathie pour elle, puis une émotion grandissante à mesure que le drame s’installe. Face à elle, Jalil Lespert est aussi parfait que son personnage est inquiétant et détestable. Tout cela nous mène à un dénouement qui n’a vraiment rien de prévisible et qui vient couronner un film globalement très réussi.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Réalisation : Naël Marandin
Scénario : Naël Marandin, Marion Desseigne-Ravel et Marion Doussot
Photographie : Noé Bach
Montage : Damien Maestraggi
Décors : Denis Hager
Costumes : Sophie Lifshitz
Musique : Maxence Dussère
Durée : 96 minutes

Casting :
Diane Rouxel : Constance
Finnegan Oldfield : Bruno
Jalil Lespert : Sylvain
Olivier Gourmet : Bernard
Bruno Raffaelli : Blanchard
Clémence Boisnard : Magali
Samuel Churin : Saudemon
Sophie Cattani : Géraldine Rousseau
Yoann Blanc : Jean-Marc Fetet

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