THE FRENCH DISPATCH : The little Paris Journal

Certains réalisateurs ont un style suffisamment reconnaissable pour que l’on n’ait guère de doute sur la paternité de l’œuvre quand on en voit un extrait. Wes Anderson fait partie de ceux-là par sa fantaisie débridée et le regard tendre qu’il porte sur la folie douce de ses personnages. Cependant afficher une telle personnalité peut aussi parfois signifier en être prisonnier. C’est sans doute le reproche principal que l’on peut formuler à l’encontre de The French Dispatch : une ressemblance bien trop frappante avec les autres films de la filmographie de son réalisateur pour ne pas laisser une impression un peu trop prégnante de déjà-vue.

Même les fans les plus absolus de Wes Anderson peuvent se montrer quelque peu déçus du manque flagrant de renouvellement de la part de leur idole. La ressemblance visuelle et narrative avec The Grand Budapest Hôtel est vraiment très forte. On est en droit de reprocher à une réalisateur de cet acabit cette absence totale de prise de risque et cette tentative éhontée de surfer de manière facile sur le succès de son film précédent. De plus, ce film à sketchs est très inégal. Et pour tout dire, sur les trois principales parties, deux sont assez décevantes. Il reste donc peu de raisons de vraiment s’enthousiasmer, même si certains reproches sont sans doute un peu injustes, si on juge le film dans l’absolu et non relativement au reste de l’œuvre de Wes Anderson.

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Il reste en définitive le plaisir, et non des moindres, de voir réuni à l’écran un tel casting. La capacité de Wes Anderson de réunir une pluie de stars est assez impressionnante. The French Dispatch offre parfois des troisièmes rôles à des comédiennes et des comédiens qui ont l’habitude d’occuper le haut des affiches. Et tout ce petit monde semble s’amuser comme des petits fous et cette énergie se transmet volontiers aux spectateurs. Cela ne suffit malheureusement pas pour en faire un film vraiment inoubliable et pardonner la forme de paresse intellectuelle dont à fait preuve Wes Anderson. Mais ne doutons pas qu’il saura nous offrir tout autre chose la prochaine fois.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Wes Anderson
Scénario : Wes Anderson, d’après une histoire de Wes Anderson, Roman Coppola, Jason Schwartzman et Hugo Guinness
Décors : Adam Stockhausen
Costumes : Milena Canonero
Musique : Alexandre Desplat
Photographie : Robert Yeoman
Montage : Andrew Weisblum
Production : Wes Anderson, Jeremy Dawson, Steven M. Rales et Scott Rudin
Durée : 103 minutes

Casting :
Benicio del Toro : Moses Rosenthaler
Tony Revolori : Moses Rosenthaler, jeune
Adrien Brody : Julian Cadazio
Tilda Swinton : J. K. L. Berensen
Léa Seydoux : Simone, gardienne de prison
Frances McDormand : Lucinda Krementz
Timothée Chalamet : Zeffirelli
Lyna Khoudri : Juliette
Jeffrey Wright : Roebuck Wright
Steve Park : le lieutenant Nescaffier, chef cuisinier
Bill Murray : Arthur Howitzer Jr.
Owen Wilson : Herbsaint Sazerac
Christoph Waltz : Boris Schommers
Jason Schwartzman : Hermes Jones
Mathieu Amalric : le commissaire
Liev Schreiber : l’animateur du talk-show
Elisabeth Moss : Alumna
Edward Norton : Joe Lefebvre
Willem Dafoe : Albert le Boulier
Lois Smith : Upshur Clampette
Saoirse Ronan : la principale showgirl
Cécile de France : Madame B
Guillaume Gallienne : Monsieur B
Rupert Friend : sergent instructeur
Henry Winkler : Oncle Joe
Bob Balaban : Oncle Nick
Hippolyte Girardot : Chou-fleur
Anjelica Huston : une narratrice
Fisher Stevens : l’éditeur d’histoires
Pablo Pauly : le serveur
Griffin Dunne : le conseiller juridique
Wally Wolodarsky : « l’écrivain joyeux »
Denis Ménochet : garde pénitentiaire
Benjamin Lavernhe : le porte-parole du dentifrice
Gilles Gaston-Dreyfus : le maire
Félix Moati : le chef traiteur

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