SUPREMES : Qu’est ce qu’on attend ?

Mais qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? Et qu’est-ce qu’on attend pour aller voir Suprêmes au cinéma ? Evidemment, si j’écris cette critique, c’est bien que je n’ai pas attendu et que je suis allé voir ce biopic du groupe NTM au cinéma. Un groupe qui a marqué mon adolescence, même si j’ai toujours été plus rock que rap. Mais difficile de passer à côté des représentants les plus célèbres du 93 quand on a connu les années 90. Depuis, les deux compères se sont assagis et brillent désormais le plus souvent sur le grand écran. Ce film permet en tout cas de mieux comprendre d’où vient leur rage d’alors.

Suprêmes est un portrait à la fois musical et intime. Musical car il nous fait vivre de manière assez précise toutes les étapes qui ont conduit le groupe de la rue aux plus grandes scènes de France. Un parcours plutôt chaotique où ils ont frôlé plus d’une fois l’auto-destruction. Intime car il permet de découvrir les blessures de jeunesse subies par Kool Shen et surtout Joey Starr. Tout cela n’a rien d’inconnu pour tous ceux qui ont écouté avec attention beaucoup des textes du groupe. Ces derniers prendront grâce à ce film tout leur sens et montrera qu’ils ont autant chanté sur leur quartier que sur leur parcours personnel, autant de la Seine-Saint-Denis que de leur propre famille. L’équilibre entre tous ces éléments donne beaucoup de contenu et d’intérêt à ce film, qui peut être apprécier autant avec l’œil du fan que l’œil de ceux qui savent apprécier les histoires fortes.

Copyright Audrey Estrougo / Sony Pictures

Interpréter un personnage au charisme aussi particulier que Joey Starr ressemblait à une mission particulièrement difficile. Mais Théo Christine y parvient parfaitement. Il ne cherche pas totalement à l’imiter et c’est le bon choix. On retrouve bien en lui Didier Morville, mais sans tomber dans une caricature qui aurait décrédibiliser le tout. Bravo à lui ! A ses côtés, Sandor Funtek se distingue lui aussi par la justesse de son jeu. La qualité de l’interprétation est évidemment capitale dans un biopic et ces deux inconnus se montrent brillamment à la hauteur de la tâche. C’est largement grâce à eux que Suprêmes est une belle réussite.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Audrey Estrougo
Scénario : Audrey Estrougo et Marcia Romano
Montage : Sophie Reine
Photographie : Éric Dumont
Musique originale : Cut Killer
Production : Christophe Rossignon et Philip Boëffard
Durée : 112 minutes

Casting :
Théo Christine : Didier Morville alias JoeyStarr
Sandor Funtek : Bruno Lopes alias Kool Shen
Félix Lefebvre : Sébastien Farran
César Chouraqui : Franck Chevalier
François Neycken : Dom
Vini Vivarelli : DJ S
Chloé Lecerf : Virginie alias Lady V
Nathanaël Beausivoir : Cyril alias Ryk
Malcolm Veludo : Alexandre alias Lazer
Rayane Badi : Azid
Akeem Freitas : Kast
Zakaria El Baialy : Mehdi
Matéo Krikorian : Chino
Muhiddin Abdiaziz : Mode 2
Lorenzo Da Silva Dasse : Tony
Tanguy Korkikian : Colt
Jean-Louis Loca : le père de Didier

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