WEST SIDE STORY : Et Steven sauva 2021…

A désormais 75 ans, Steven Spielberg n’a plus grand chose à prouver à qui que ce soit. Il occupe déjà une place majeur dans l’histoire du 7ème art et rien ne pourra l’en chasser. Se lancer dans une nouvelle adaptation de West Side Story peut être vue comme une prise de risque étonnante pour un cinéaste qui jouit d’une telle situation. S’attaquer à un tel chef d’œuvre ne pouvait que lui valoir quelques remarques acerbes des nostalgiques de tout poil. Mais on peut se dire aussi, que vu son âge et son parcours, il peut bien s’accorder un tel plaisir si le cœur lui en dit. Surtout qu’au final, le talent a parlé. Un immense talent. Un prodigieux talent. Pour un résultat sublime.

West Side Story n’est pas un remake, puisque West Side Story n’est pas un film. Cela reste avant tout une comédie musicale qui continue d’être adaptée régulièrement sur scène, comme toute œuvre musicale qui reste vivante. La voir portée une deuxième fois sur grand écran ne constitue donc qu’une étape parmi d’autre de la vie de œuvre née en 1957. Espérons que le mythe perdurera et qu’il existera encore bien d’autres versions, d’autres visions, d’autres mises en scène. Mais celle proposée par Steven Spielberg occupera forcément une place majeure dans cette histoire. Une place qui n’aura rien à envier au film de 1961.

Copyright Twentieth Century Fox

Comparer les deux est forcément tentant. On peut lister à l’infini les points communs ou les différences. Certains trouveront les premiers trop nombreux, pour exprimer le fait que ce n’était pas la peine de faire un nouveau film pour ne quasiment rien changer. C’est évidemment une erreur de jugement, puisque l’un n’est pas le remake de l’autre. Arrêtons nous là donc dans la comparaison. West Side Story parvient à la fois à respecter parfaitement l’ambiance visuelle et évidemment musicale d’une époque, tout en étant d’une grande modernité. Steven Spielberg nous offre bien un film de 2021 dans sa photographie et sa mise en scène, au-delà de tous les éléments fondamentalement intemporaux d’un tel chef d’œuvre.

West Side Story reste avant tout une grande histoire, librement inspirée de Roméo et Juliette. Ce sont aussi des magnifiques chansons qui n’ont pas pris une ride et que l’on se surprendra à fredonner dans les jours qui suivent la vision de ce film. Ce sont des rires et des larmes, des émotions fortes qui vous saisissent au plus profond de vous. De ce magnifique matériel de base, Steven Spielberg parvient à tirer la quintessence. A sublimer chaque élément. A tirer l’ensemble vers le haut avec son talent unique de narrateur et de metteur en scène. Pour au final, nous offrir ce merveilleux cadeau de Noël.

West Side Story nous offre également deux belles révélations : Ariana DeBose et Mike Faist. Ils illuminent l’écran de leur présence et leur classe, éclipsant quelque peu les deux interprètes principaux, Rachel Zegler et Ansel Elgort, qui ne déméritent cependant pas. Faire figurer Rita Moreno au casting n’est pas juste un clin d’œil à la version de 1961. Son personnage, qui prend une importance inattendu, constitue une des très bonnes idées de cette nouvelle version. Au final, Steven Spielberg n’aura pas déçu les attentes placées en lui. Cependant, qui pouvait vraiment douter qu’un génie et un chef d’œuvre réunis donnerait un film magnifique ?

LA NOTE : 16,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Tony Kushner, d’après la comédie musicale West Side Story de Leonard Bernstein, Stephen Sondheim (lyrics) et Arthur Laurents (livret)
Direction artistique : Deborah Jensen
Décors : Adam Stockhausen
Costumes : Paul Tazewell
Photographie : Janusz Kamiński
Montage : Michael Kahn
Musique : Leonard Bernstein et David Newman
Production : Kristie Macosko Krieger, Kevin McCollum et Steven Spielberg ; Rita Moreno (productrice déléguée)
Durée : 156 minutes

Casting :
Ansel Elgort : Tony
Rachel Zegler : María
Rita Moreno : Valentina
Ariana DeBose : Anita
David Alvarez : Bernardo
Josh Andrés Rivera : Chino
Corey Stoll : le lieutenant Schrank
Brian d’Arcy James : le sergent Krupke
Mike Faist : Riff
Curtiss Cook : Abe
Ben Cook : Mouthpiece
Ana Isabelle : Rosalia
Maddie Ziegler : Velma

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