LES AMANTS SACRIFIES : Le prix du sacrifice

Les films asiatiques peuvent avoir la réputation d’être relativement ennuyeux. Evidemment, c’est un lieu commun contre lequel je m’inscris en faux. Ou bien c’est juste une question de différence de mode de narration et c’est justement ce qui fait tout l’intérêt de ces longs métrages qui nous ouvrent un autre monde. Cependant, parfois, il faut bien le dire, des films asiatiques sont ennuyeux. C’est le cas des Amants Sacrifiés, un film de Kiyoshi Kurosawa (aucun lien de parenté). Le soucis est qu’il ne nous offre pas grand chose d’autre auquel nous raccrocher.

Les Amants Sacrifiés est inspiré d’une histoire vraie. Il faut admettre que par bien des aspects, cette histoire méritait d’être racontée. Elle nous offre notamment un personnage d’une rare ambiguïté, que l’on pourra qualifier autant de héros que de salaud. Cela ouvre une réflexion intéressante sur ce que l’on est prêt à sacrifier pour défendre une grande cause qui nous dépasse. Tout cela est renforcé par un dénouement qui peut être sujet à bien des interprétations. Mais voilà, tout cela manque terriblement de souffle et la narration ne parvient pas du tout à entraîner le spectateur avec elle. Que l’on soit curieux de la dimension historique du scénario ou que l’on ait envie de suivre une intrigue aux ressorts complexes, on ressortira sur un sentiment de frustration et une légère déception.

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On se console parfois d’un scénario ennuyeux en se disant : oui mais c’est beau ! On ne peut malheureusement pas le dire à propos des Amants Sacrifiés. La réalisation a une certaine élégance certes, mais des décors étroits ne permettent guère de s’enthousiasmer. On soupçonne même parfois un certain manque de moyens. Enfin, l’interprétation pèche également. Les deux interprètes principaux surjouent très souvent, ne permettant pas toujours au spectateur de croire réellement à cette histoire. Bref, rien ne vient contribuer à faire naître de l’enthousiasme et laisse bien trop de place à l’ennui pour que ce ne soit pas la seule chose que l’on retienne au final.

LA NOTE : 08/20

Casting :
Réalisation : Kiyoshi Kurosawa
Scénario : Ryūsuke Hamaguchi, Tadashi Nohara et Kiyoshi Kurosawa
Musique : Ryōsuke Nagaoka
Décors : Norifumi Ataka
Costumes : Haruki Koketsu
Photographie : Tatsunosuke Sasaki, Nakaya Kimura
Son : Keita Yoshino
Montage : Hidemi Lee
Production déléguée : Teruhisa Yamamoto
Production exécutive : Kei Shinohara, Keisuke Tsuchichashi, Ryuji Sawada, Hideyuki Okamoto, Satoshi Takata, Osamu Kubota
Production associée : Mitsuhiro Kyota, Hisashi Yamaguchi
Durée : 115 minutes

Casting :
Yū Aoi : Satoko Fukuhara
Masahiro Higashide : Yasuharu
Tsumori Hyunri : Hiroko Kusakabe
Issei Takahashi : YusakuFukuhara
Yuri Tsunematsu : Komako
Takashi Sasano : docteur Nozaki
Chuck Johnson : Bob
Ryōta Bandō : Fumio
Takeshita Minosuke : Kanemura

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