MADELEINE COLLINS : Flou, mais sans loup

Maintenir un maximum de temps le spectateur dans le flou est un jeu dangereux, mais qui peut rapporter gros. Dangereux car cela peut empêcher celui-ci de rentrer dans une histoire dont il ne comprend pas les tenants et les aboutissants. Mais à l’inverse, cela peut aiguiser sa curiosité et le pousser à suivre avec un maximum d’implication une histoire dont il brûle de connaître la vraie nature. Antoine Barraud a pris ce risque avec Madeleine Collins, un film qui s’ouvre sur une longue séquence dont on attendra longtemps de comprendre quel est le rapport avec le reste. Mais ici, le pari est totalement réussi.

Madeleine Collins, c’est donc avant tout un excellent scénario, remarquablement bien écrit et structuré. Le moment où tout prend sens figure parmi les twists les mieux amenés qui soient. Le moment où la lumière s’allume dans l’esprit du spectateur restera un passage mémorable. Bref une belle mécanique, qui suffit à donner de l’intérêt à cette histoire qui n’a donc rien du simple trio amoureux que l’on peut imaginer à un moment donné. Antoine Barraud joue vraiment avec le spectateur, mais celui-ci est vraiment ravi de se laisser faire, car tout cela est fait avec beaucoup de talent et de maîtrise.

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Madeleine Collins est aussi un film avec Virginie Efira. Cette sentence se suffit à elle-même pour se dire que ce film mérite d’être vu. Elle fait encore une fois étalage de son talent pas forcément hyper spectaculaire, mais désormais incontestable. Antoine Barraud ne maîtrise pas uniquement la narration, mais aussi le maniement de caméra. Artistiquement, là aussi rien de spectaculaire, mais les images restent ainsi pleinement au service de l’intrigue. Un charme discret, une vraie maîtrise et au final un film assez surprenant et surtout réussi. Une telle qualité d’écriture est assez rare pour ne pas passer à côté.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Antoine Barraud
Scénario : Antoine Barraud
Photographie : Gordon Spooner
Son : Jürg Lempen
Montage : Anita Roth
Décors : Marine Michelems et Katia Wyszkop
Costumes : Claire Dubien
Musique : Romain Trouillet
Production : Justin Taurand et Joëlle Bertossa
Durée : 107 minutes

Casting :
Virginie Efira : Judith Fauvet
Bruno Salomone : Melvil Fauvet
Quim Gutiérrez : Abdel Soriano
Loïse Benguerel : Ninon Soriano
Jacqueline Bisset : Patty
Valérie Donzelli : Madeleine Reynal
Nadav Lapid : Kurt
Thomas Gioria : Joris Fauvet
François Rostain : Francis
Nathalie Boutefeu : Christine
Monia Malravens : Margot
Jean-Quentin Châtelain : l’inspecteur

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