THE BATMAN : Chauve-souris intime

La question légitime que l’on pouvait se poser est : pourquoi un nouveau Batman ? Surtout que la version interprétée par Ben Afleck est encore relativement fraîche. Est-ce une maladie qui frappe les franchises de super-héros en manque d’inspiration ? Est-ce que DC cherche juste à imiter Marvel en faisant vivre à l’homme chauve-souris le même traitement cinématographique que l’homme araignée ? Tant d’interrogations et autant de réponses susceptibles d’alimenter les débats entre geeks. Sinon, on peut aussi juste ne pas bouder son plaisir et aller voir The Batman, qui nous offre une vision nouvelle du personnage. Qui nous offre surtout un excellent film !

Personnellement, j’ai fait partie des personnes quelque peu sceptique à l’annonce de la reprise du rôle par Robert Pattinson. Non que je doute de son immense talent en tant qu’acteur. Il l’a déjà assez prouvé dans des rôles très différents des uns des autres. Mais je voyais mal comment il pourrait rentrer physiquement dans la peau de ce personnage. C’était sans compter sur la vision quelque peu originale que nous propose Matt Reeves. The Batman nous montre un héros beaucoup plus vulnérable qu’à l’habitude. Les scènes de combat sont peut-être moins spectaculaires, mais nettement plus réalistes. Mais ce constat ne touche pas uniquement les passages consacrées à l’action. C’est toute l’intrigue qui nous offre des protagonistes plus accessibles, plus fragiles, mais du coup aussi plus profonds et avec un réel intérêt. Un intérêt en tout cas renouvelé pour ce qui est de ce super-héros là.

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Un autre élément pouvait laisser sceptique… la longueur de The Batman. Pas loin de trois heures, comme si ce film avait décidé de pousser encore un cran plus loin la mode des longs métrages hollywoodiens vraiment longs. Il faut admettre que l’intrigue a un peu de mal à démarrer et qu’un départ un peu plus dynamique aurait pu faire gagner quelques minutes. Mais une fois la machine lancée, on ne s’ennuie plus une seule seconde et on reste trop captivé par le spectacle pour voir le temps passer. La réalisation de Matt Reeves possède une certaine élégance. Elle est plus sobre que celle d’un Tim Burton ou Christopher Nolan, mais cela colle finalement à l’ambiance sombre et intimiste qu’il cherche à créer. Il sait également diriger un très beau casting car le jeu d’acteurs occupe ici une place beaucoup plus importante que dans des films de super-héros plus classiques. Bref, une belle maîtrise artistique qui donne une réelle épaisseur au film et nous fait certainement pas regretter d’avoir assisté à cette énième version du mythe.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Matt Reeves
Scénario : Matt Reeves et Peter Craig, d’après les personnages créés par Bill Finger et Bob Kane
Costumes : David Crossman, Glyn Dillion et Jacqueline Durran
Photographie : Greig Fraser Musique : Michael Giacchino
Production : Matt Reeves et Dylan Clark
Production exécutive : Michael E. Uslan, Walter Hamada, Simon Emanuel, Chantal Nong Vo
Production associée : Toby Hefferman
Durée : 175 minutes

Casting :
Robert Pattinson : Bruce Wayne / Batman
Oscar Novak : Bruce Wayne, jeune
Zoë Kravitz : Selina Kyle / Catwoman
Paul Dano : Edward Nashton / le Riddler
Joseph Walker : Edward Nashton, jeune
Colin Farrell : Oswald Cobblepot / le Pingouin
Jeffrey Wright : le lieutenant James « Jim » Gordon
Andy Serkis : Alfred Pennyworth
John Turturro : Carmine Falcone
Peter Sarsgaard : le procureur Gil Colson
Jayme Lawson : Bella Reál
Alex Ferns : le commissaire Pete Savage
Barry Keoghan : le Joker (caméo, crédité en tant que « Unseen Arkham Prisoner »)
Charles et Max Carver : les jumeaux vigiles
Rupert Penry-Jones : le maire Don Mitchell Jr.
Con O’Neill : le chef Mackenzie Bock
Joseph Balderrama : le détective en chef du GCPD
Gil Perez-Abraham : l’officier Martinez
Luke Roberts : Thomas Wayne
Stella Stocker : Martha Wayne

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