CHER MONSIEUR ROUSSEL…

…Vous aurez donc ma voix. Vous aurez ma voix à défaut de mon enthousiasme. Je voterai pour vous sûr de mon choix, mais en gardant à l’esprit que j’aurais préféré en avoir un autre.

Je ne voterai pas pour vous par défaut. Tout simplement parce que si je votais par défaut, je n’aurais pas non plus voté pour vous. Certes, je ne voterai pas pour Anne Hidalgo pour les mêmes raisons pour lesquelles j’ai quitté le PS, que j’ai déjà exposées par ailleurs. Certes, je ne voterai pas non plus par Yannick Jadot parce que le voir clamer encore hier que les agriculteurs tuent des enfants alors que son conseiller agriculture est un antivax notoire me donne la nausée. Certes, je ne voterai pas pour Jean-Luc Mélenchon parce que son populisme trouvera toujours sur sa route mon opposition farouche et ne bénéficiera jamais de mon soutien. Et certes, j’aurais pu ne pas voter pour vous à cause de certaines de vos propositions auxquelles je suis profondément opposé, pour votre relation trouble avec la Chine et au final un populisme avec lequel vous flirtez parfois un peu trop à mon goût.

Je voterai pour vous parce que vous m’avez donné des raisons de le faire, contrairement à vos concurrents à gauche. Parce que vous avez fait campagne sur ce qui rassemble, non ce qui divise. Vous avez voulu mettre le bonheur au centre de votre projet. Dans la noirceur de notre époque, j’ai trouvé ça à la fois magnifiquement audacieux et objectivement pertinent. C’est peut-être mince pour fonder un choix aussi important pour notre pays, mais ce n’est pas rien. Et pour ce quelque chose, je voterai pour vous.

Vous l’aurez compris, par ce vote, je ne vous offre pas un soutien plein et entier. Je ne compte certainement pas rejoindre les rangs du Parti Communiste. Mais dans cet océan de médiocrité, vous m’avez offert tout de même l’espoir de lendemains meilleurs. Pour la gauche, mon pays et mon envie toujours intacte d’engagement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.