I’M YOUR MAN : Allemagne 1 France 0

I'm Your Man affiche

Un nouveau match France-Allemagne s’est joué le 22 juin 2022 non pas au stade, mais dans les salles obscures. En effet, ce jour-là, sont sortis sur nos écrans deux films traitant du même sujet. L’un bien de chez nous et l’autre venu de l’autre côté du Rhin. J’aurais pu jouer les arbitres, mais j’avoue que je n’ai pas vu la production hexagonale, dont les critiques sont unanimement désastreuses. Par contre, je me suis déplacé voir I’m Your Man de Maria Schrader, que l’on connaît surtout pour ses rôles dans la série Deutschland 83 (86 et 89 par la même occasion). C’est donc un peu injustement que je vais déclarer l’Allemagne vainqueur en me fiant uniquement à la vox populi. Par contre, je peux affirmer pleinement et sans ambiguïté que j’ai pris beaucoup de plaisir à écouter la langue de Goethe.

La femme et la machine

Quel est donc le sujet de I’m Your Man (partagé donc avec l’Homme Parfait, sorti le même jour) ? Il se rapproche de celui de la série Real Humans ou de Her, à savoir celui d’une histoire d’amour avec une intelligence artificielle à l’humanité troublante. Il s’en rapproche d’autant plus que toutes ces œuvres s’intéressent avant tout à l’humain, bien avant d’être des œuvres de « science-fiction ». Ce film est avant tout un portrait de femme, une réflexion sur la solitude qu’une fable sur les possibilités offertes par la technologie. Le spectateur partage néanmoins le trouble qu’elle ressent face à ce robot souvent maladroit, mais paraissant parfois plus humain que bien de nos congénères. Le propos porte aussi sur la définition d’idéal amoureux et de sa désirabilité, sur une quête de perfection qui ressemble souvent à une excuse pour ne jamais rien trouver. Le résultat est plutôt habile, agréable à suivre, à défaut d’être d’une profondeur philosophique absolue.

I'm Your Man
Copyright Christine Fenzl

Fendiller l’armure

I’m Your Man offre un très beau rôle à Maren Eggert, actrice allemande qui a visiblement connue une très belle carrière au théâtre. Elle parvient très bien à garder un équilibre entre le caractère antipathique de ce personnage au premier abord et la sympathie qui va naître en voyant se fendiller l’armure. Cet équilibre est central pour permettre un attachement suffisant pour rentrer dans le film mais donner toute son ampleur au processus qui forme le fil rouge de l’intrigue. A ses côtés, Dan Stevens parvient avec beaucoup de talent à incarner cette machine humaine. Plus machine au début, plus humain à la fin, il reste toujours à l’aise, sans jamais en faire trop. La grande réussite de ce film est bien d’avoir échapper à la caricature et aux raccourcis. Certes, cela se traduit par une absence de prise de risque dans le propos qui en limite la portée. Mais on ressort de ce film porté par une réelle poésie et avec quelques réflexions existentielles en tête.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Réalisation : Maria Schrader
Scénario : Jan Schomburg et Maria Schrader, d’après la nouvelle d’Emma Braslavsky
Décors : Katja Luger
Costumes : Anette Guther
Photographie : Benedict Neuenfels
Montage : Hansjörg Weißbrich
Durée : 105 minutes

Casting :
Maren Eggert : Alma
Dan Stevens : Tom
Karolin Oesterling : Chloé
Sandra Hüller : l’employée
Hans Löw : Julian
Wolfgang Hübsch : le père Felser
Annika Meier : Cora
Falilou Seck : Dekan Roger
Jürgen Tarrach : Dr Stuber
Henriette Richter-Röhl : Steffi
Monika Oschek : femme du café
Inga Busch : Regina
Sebastian Schwarz : policier
Marlene-Sophie Haagen : Jule

Fiche Allociné : https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=286320.html

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