RETOUR DE FLAMME : L’amour dure

retourdeflammeafficheL’amour dure trois ans paraît-il. Nous avons tout de même heureusement tous autour de nous des exemples démontrant que cela peut aussi durer toute la vie. Parfois, les choses sont un peu plus compliquées et se situent entre les deux. Ce ne serait pas drôle sinon et ne nous permettrait pas de découvrir d’aussi bons films que Retour de Flamme. Un long métrage qui nous procure une nouvelle preuve de la vitalité du cinéma argentin et du talent incomparable de Ricardo Darin. Comme nous tous, il vieillit quelque peu, mais fait partie de ces êtres chanceux dont l’âge les fait ressembler de plus en plus à du bon vin.

Retour de Flamme n’est pas vraiment une comédie romantique comme les autres, puisque c’est avant tout le récit d’une séparation. Même si le titre laisse penser que… Mais je n’en dirais pas plus car cette histoire réserve plein de belles surprises qu’il serait bien dommage de gâcher. Elle nous livre une réflexion légère sur l’amour, le temps qui passe, la nostalgie,… Le spectacle est plaisant, agréable, avec des touches d’humour et de poésie. Le film se caractérise surtout par le très joli regard plein de tendresse de Juan Vera sur ses personnages. Des personnages imparfaits, mais finalement incroyablement attachants et assez touchants pour donner à l’ensemble la petite pointe d’émotion qui donne son âme à cette histoire.

retourdeflammeVous l’aurez compris en introduction, Retour de Flamme doit beaucoup à la présence à l’écran de Ricardo Darin. Son charisme et son charme naturels font vraiment la différence et on comprend une nouvelle fois pourquoi il est parvenu à mettre le cinéma argentin sur le devant de la scène depuis Dans Tes Yeux. Mais il serait particulièrement injuste de passer sous silence la performance de sa partenaire à l’écran, Mercedes Moran. A une époque où les débats sur la place des femmes, que l’on qualifiera pudiquement d’un certain âge, à l’écran sont nombreux, cela fait plaisir de voir qu’une certaine maturité, teintée de naturel, a encore l’occasion de nous émouvoir. A eux deux, ils forment un duo magnifique qui porte ce film assez haut pour ne pas devoir passer à côté.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Juan Vera
Scénario : Juan Vera et Daniel Cúparo
Photographie : Rodrigo Pulpeiro
Montage : Pablo Barbieri Carrera
Production : Chino Darín, Ricardo Darín, Christian Faillace, Juan Pablo Galli, Federico Posternak et Juan Vera
Durée : 136 minutes

Casting :
Ricardo Darín : Marcos
Mercedes Morán : Ana
Claudia Fontán : Lili
Jean-Pierre Noher : Eloy
Andrea Pietra : Celia
Claudia Lapacó : Cora
Gabriel Corrado : Fabian
Norman Briski : Rafael
Juan Minujín : Anselmo
Andrés Gil : Luciano

LES CREVETTES PAILLETEES : Le petit bain

lescrevettespailleteesafficheLes sports aquatiques sont décidément particulièrement à la mode chez les cinéastes français. Après la natation synchronisée qui donné naissance à l’immense succès, mérité, du Grand Bain, voici le water-polo qui nous permet de découvrir les Crevettes Pailletées. Les points communs entre les deux films s’arrêtent à la piscine, même si on peut voir dans ces deux œuvres une réflexion sur la différence et la souffrance qu’elle peut engendrer. Le ton est également ici humoristique, avec quelques degrés de moins de subtilité cependant. Mais l’énergie a ceci de magique qu’elle se montre parfois particulièrement communicative.

Après avoir vu les Crevettes Pailletées, on est tenté de se lancer dans un long débat philosophique sur le caractère caricatural de la culture gay que donne ce film, sachant que celui du sportif homophobe l’est tout autant. La scène finale notamment peut prêter à discussion. Mais si le film fonctionne, c’est justement parce qu’il ne nous laisse pas le temps de nous poser ce genre de question. Il nous entraîne avec lui par son énergie, son humour et toutes les ondes positives qu’il dégage. Au final, le film défend tout de même avec beaucoup d’entrain la cause qui est la sienne et on peut tout de même remercier Cédric Le Gallo et Maxime Govare d’avoir fait ce film.

lescrevettespailleteesLe casting des Crevettes Pailletées est relativement inégal. Nicolas Gob ne semble vraiment pas très à l’aise et peine à donner un peu d’épaisseur à son personnage. On mettra plutôt en avant les très belles prestations d’Alban Lenoir et Roland Menou qui incarne les personnages les plus marquants. Les autres ne sont pas pour autant mauvais, mais ne nous permettent pas toujours de s’attacher à leur personnage comme on aurait aimé. Tout cela est au final assez symptomatique des limites de ce film particulièrement sympathique, mais peut-être pas tout à fait abouti, ni totalement maîtrisé.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Kaly Productions, Les Improductibles
Distribution : Universal Pictures
Réalisation : Cédric Le Gallo, Maxime Govare
Scénario : Cédric Le Gallo, Maxime Govare
Montage : Samuel Danesi
Photo : Jérôme Alméras
Décors : Nicolas Migot
Durée : 100 min

Casting :
Nicolas Gob : Matthias Le Goff
Alban Lenoir : Jean
Michaël Abiteboul : Cédric
Romain Lancry : Damien
Roland Menou : Joël
Geoffrey Couët : Xavier
Romain Brau : Fred
Pierre Samuel : Bertrand
Félix Martinez : Vincent

LILIES (Mélanie De Biaso), UNDIVIDED HEART & SOUL (JD McPherson), TAKE ME APART (Kelela) : Dans le caméléon, tout est bon

liliesmelaniedebiasoMélanie De Biaso est une artiste belgeo-italienne et Lilies, sorti en 2017, constitue son quatrième album. Les présentations faites, regardons (ou plutôt écoutons) sa musique de plus près. Elle nous offre une ambiance douce et sensuelle. Malheureusement, la voix, modifiée par un peu d’écho, manque quelque peu de chaleur. C’est d’un côté presque fascinant et souvent accrocheur, mais de l’autre, l’aspect très épuré des titres fait que le tout manque d’une petite étincelle pour vraiment s’enflammer. Ce chaud et froid possède un côté un peu frustrant, mais qui n’enlève rien au réel potentiel de l’artiste.

undividedheartandsouljdmcphersonJD McPherson est quant à lui américain. Lorsque l’on écoute son album Undivided Heart & Soul, on est tout de suite saisi par sa voix particulièrement marquante. Il nous propose tout d’abord un rock quelque peu basique, mais porté par une énergie communicative. Tout cela couplé avec une vraie maîtrise. Certains titres prennent des accents jazzy et présentent un vrai style. Les morceaux sont d’une grande variété, faisant de cet artiste un vrai caméléon. Mais on retiendra surtout leur qualité constante pour former un excellent album.

takemeapartkelelaKelela est elle aussi américaine. Mais son album Take Me Apart m’a nettement moins convaincu. Il nous propose un enchaînement de titres assez transparents, entre électro et R&B. Ni la voix, ni les mélodies ne sont transcendantes. Le résultat est tellement sans intérêt, qu’il ne parvient même pas à être vraiment désagréable. On écoute, mais on n’entend pas et rien ne s’imprime. Il n’est pas à oublier, il s’oublie tout seul.

NOUS FINIRONS ENSEMBLE : Ou pas…

nousfinironsensembleafficheLes Petits Mouchoirs avait profondément divisé la critique lors de sa sortie, certains détracteurs se montrant particulièrement féroces. D’autres, comme moi, y avait vu un petit chef d’œuvre, ou au moins un film culte, drôle et touchant. Nous Finirons Ensemble fait cette fois l’unanimité des critiques professionnels contre lui… et même des critiques amateurs comme moi ! Par contre, le public semble l’avoir pleinement apprécié. Comme quoi, il est difficile de faire l’unanimité. Comme il est difficile de vouloir tenter le diable deux fois en prenant les mêmes risques. Si la première fois, on franchit l’obstacle, pour la seconde, on risque fort de se planter.

Ce qui avait été beaucoup reproché à Les Petites Mouchoirs était une forme d’indécence, vis-à-vis de la mort du personnage interprété par Jean Dujardin en parallèle avec les problèmes sans intérêt de bourgeois bobos (c’est un pléonasme, je sais, merci). Avec Nous Finirons Ensemble, Guillaume Canet flirte une nouvelle fois avec ce mélange des genres que l’on peut facilement trouver d’un goût douteux. Le soucis ici, c’est que le scénario se permet de raconter n’importe quoi sur des sujets qui méritent mieux que ça. Ainsi, les suicidaires dépressifs seront heureux d’apprendre qu’une bonne discussion avec vos potes peut suffire à vous remettre d’aplomb. Ce n’est pas simplement n’importe quoi, c’est surtout ridicule et un peu méprisant pour les personnes qui souffrent vraiment de ce genre de situation. Le mélange émotion/humour ne fonctionne pas du tout cette fois-ci, voire même inspire un peu de dégoût.

nousfinironsensembleC’est d’autant plus regrettable, que Nous Finirons Ensemble est vraiment très drôle. Un humour parfois très premier degré, mais qui fonctionne remarquablement bien. Surtout que la densité est là et qu’on rit beaucoup et souvent. On a plaisir a retrouvé le casting initial, avec quelques renforts sympathiques comme José Garcia. Cependant, cela ne nous fera pas oublier à quel point le film illustre à merveille le principe « que tout le monde a ses petits problèmes, mais ce n’est pas une raison que tout le monde en fasse un film ».

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Réalisation : Guillaume Canet
Scénario : Guillaume Canet et Rodolphe Lauga
Direction artistique : Philippe Chiffre
Costumes : Carine Sarfati
Photographie : Christophe Offenstein
Son : Rémi Daru, Jean Goudier et Jean-Paul Hurier
Montage : Hervé de Luze
Production : Alain Attal
Sociétés de production : Trésor Films ; Caneo Films et M6 Films (coproductions) ; Artémis
Durée : 135 minutes

Casting :
François Cluzet : Max
Marion Cotillard : Marie
Gilles Lellouche : Éric
Benoît Magimel : Vincent
Laurent Lafitte : Antoine
Pascale Arbillot : Isabelle
Clémentine Baert : Sabin
Valérie Bonneton : Véronique
José Garcia : Alain
Joël Dupuch : Jean-Louis
Mikael Wattincourt : Alex
Tatiana Gousseff : Catherine
Gwendoline Hamon : Géraldine
Marc Mairé : Arthur
Jeanne Dupuch : Jeanne
Néo Broca : Elliot
Ilan Debrabant : Nino
Jean Dujardin : Ludo

GLORIA BELL : 50 ans et toutes ses dents

gloriabellafficheQuand on est sur le point de perdre son statut de trentenaire comme moi, on se met à craindre de tomber dans ce que le cinéma et les séries appellent la crise de la quarantaine. Pour l’instant, je n’ai aucune envie d’acheter une voiture de sport, mais je me dis que ça va peut-être finir par arriver. Il est donc particulièrement rassurant d’aller voir un film qui tend à vous expliquer que la vraie crise est plutôt celle de la cinquantaine, pour se dire qu’on a encore un peu de temps devant soi avant les grandes questions existentielles et les profondes remises en question. C’est donc avec un très grand plaisir que je suis allé voir Gloria Bell. Plaisir aussi et même avant tout lié à la présence de Julianne Moore à l’écran.

Gloria Bell constitue un film portrait plutôt sympathique, entre humour, émotion et nostalgie. On entre facilement dans cette histoire, on s’y sent à l’aise, mais il faut bien avouer aussi que l’on en ressort tout aussi facilement, sans garder un souvenir particulièrement marquant de ce qui a précédé. Le film est quelque peu inégal, avec des scènes vraiment réussies et d’autres moments plus anodins. Il manque surtout au propos une vraie conclusion, même si la conclusion est peut-être justement qu’il n’y a pas de conclusion. Peut-être que le film a plus d’impact auprès de ceux pouvant s’identifier au personnage principal. Sinon, on ne dépasse pas le stade du divertissement certes intelligent, mais qui n’a rien d’inoubliable.

gloriabellSi Julianne Moore occupe évidemment une place centrale dans Gloria Bell, la vraie star du film est au final John Turturro. Non que l’un fasse preuve d’un plus grand acteur que l’autre, à ce niveau-là, on ne peut plus départager. Mais le personnage masculin est ici de loin le plus original et celui qui nous laisse le souvenir le plus profond. Les moments les plus réussis que j’évoquais plus haut sont incontestablement ceux qui le mettent en scène. En tout cas, ni l’un, ni l’autre ne semble porter le poids des ans ou plutôt le porte avec beaucoup de bonheur (surtout quand on repense au botox de Catherine Deneuve). Si le film ne donne pas une folle envie de vieillir trop vite, ses deux interprètes principaux vous font dire que ce n’est pas si grave après tout.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Fabula, FilmNation Entertainment
Distribution : Mars Films
Réalisation : Sebastian Lelio
Scénario : Sebastian lelio, Alice Johnson Boher, Gonzalo Maza
Montage : Soledad Salfate
Photo : Natasha Braier
Décors : Dianna Freas
Musique : Matthew Herbert
Directeur artistique : Shannon Walsh
Durée : 102 min

Casting :
Julianne Moore : Gloria
John Turturro : Arnold
Caren Pistorius : Anne
Michael cera : Peter
Brad Garrett : Dustin
Holland Taylor : Hillary
Jeanne Tripplehorn : Fiona
Rita Wilson : Vicky
Sean Astin : Jeremy

TREMBLEMENTS : Stupeurs intolérables

tremblementsafficheLe Guatemala, voici un de ces pays mystérieux dont on a souvent une image assez floue, puisqu’ils font rarement la une de l’actualité. Le film Tremblements vous permettra de mieux découvrir la société locale. Mais pas sûr que le film vous en donne une très bonne image car le sujet principal est le rejet profond de l’homosexualité qui y sévit, notamment du fait de l’influence très forte des églises évangélistes. Bref, rien qui ne donne envie de faire sa valise pour s’y installer, à moins de considérer que le degré de tolérance ne revêt strictement aucune importance. Cependant, vu comme cette valeur semble en recul un peu partout dans le monde, on se dit que certains y verront peut-être une incitation au voyage.

Tremblements nous parle donc d’un sujet de société, mais il le fait au travers d’un destin individuel. Ce film nous raconte avant tout comment la vie d’un homme se retrouve totalement brisée, dans des proportions dépassants parfois notre entendement d’Européen, par la simple révélation de son orientation sexuelle. Le propos nous plongera ensuite dans le chemin qui lui est proposé pour « guérir », tout aussi terrifiant que le rejet de départ. Le propos n’a donc rien de joyeux. Il se caractérise par contre par sa force qui nous saisit. Le spectateur se trouve vite au-delà de la simple compassion, pour vite ressentir une grande colère face à un tel degré de bêtise collective aux conséquences humaines terribles.

tremblementsTremblements repose beaucoup sur les épaules de Juan Pablo Olyslager. Par un jeu particulièrement sobre, mais qui parvient tout de même à véhiculer beaucoup d’émotions, il donne beaucoup de crédibilité à son personnage. Cela ne fait que renforcer le sentiment d’injustice que son histoire nous inspire. Mention spéciale également à Sabrina de la Hoz dont le personnage, qui donne froid dans le dos, vous ferai perdre la foi si vous l’avez encore. C’est parce qu’ils donne vie de manière aussi convaincante à des destins individuels que le film parvient à porter un propos beaucoup plus large sur une société sclérosée intellectuellement et les forces obscures (pour ne pas dire maléfiques) qui la cadenassent.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Tu Vas Voir productions, La Casa de Production, Memento films Production, Iris Productions, Arte France Cinéma
Distribution : Memento Films distribution
Réalisation : Jayro Bustamente
Scénario : Jayro Bustamente
Montage : Cesar Diaz, Santiago Otheguy
Photo : Luis Armando Arteaga
Décors : Pilar Peredo
Musique : Pascual Reyes
Durée : 107 min

Casting :
Juan Pablo Olyslager : Pablo
Mauricio Armas Zebadua : Francisco
Diane Bathen : Isa
Sabrina de La Hoz : la femme du pasteur
Maria Telon : Rosa
Rui Frati : le pasteur
Magnolia Morales : Cristina
Pablo Arenales : Abel

L’ADIEU A LA NUIT : André, Catherine et les autres

ladieualanuitafficheJ’apprécie particulièrement le cinéma d’André Téchiné. J’avais été choqué de la manière dont ses précédents films, Comme des Garçons et Nos Années Folles, ont été totalement oubliés lors des Césars, et ce dès les nominations. Quelle injustice pour ce monument du cinéma français, fournisseur officiel de bons films depuis 1969 ! Je ne crois pas que l’Adieu à la Nuit ne change quoique ce soit à cette situation. A moins que la présence à l’affiche de Catherine Deneuve, et la bonne dose de botox, qui va avec n’attire à nouveau les feux des projecteurs sur cet immense réalisateur. Cette fois, on ne criera pas au scandale, malgré quelques réelles qualités.

L’Adieu à la Nuit ne restera pas comme le film le plus marquant de la carrière d’André Téchiné. Il s’est toujours attaqué à des sujets difficiles et douloureux et souvent avec beaucoup de bonheur. Ici le propos manque de corps et on ne sait pas très bien ce qu’il cherche au final à nous dire. Le film n’en n’est pas pour autant dénué de tout intérêt, mais disons qu’il n’est pas spécialement marquant et que le même sujet a été traité avec plus de force et de pertinence par ailleurs. On reste donc quelque peu sur sa faim, convaincu que l’on pouvait mieux exploiter une galerie de personnages, qui est par contre particulièrement réussie. Il manquera au film peut-être un peu d’audace pour proposer autre chose qu’un discours un tout petit peu convenu.

ladieualanuitS’il y a une leçon à tirer de l’Adieu à la Nuit, c’est l’urgence de plus en plus urgence de voir Catherine Deneuve arrêter toute chirurgie esthétique, avant de devenir totalement défigurée. Elle ne fait pas encore peur, mais elle s’en rapproche doucement et sûrement. Cela n’enlève rien à son immense talent d’actrice, mais cela décrédibilise quand même beaucoup son personnage que l’on imagine mal plastifier ainsi son visage. On retiendra donc avant tout la belle performance du duo formé par Kacey Mottet Klein et Oulaya Amamra. On n’oubliera évidemment pas la jolie réalisation d’André Téchiné, jamais spectaculaire mais qui nous plonge vraiment dans l’intimité des personnages. Et on oubliera surtout pas tout ce que cet homme aura apporté au cinéma français.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Curiosa films, Bellini Films, Arte France Cinema, legato films, Films Boutique
Distribution : Ad vitam
Réalisation : André Téchiné
Scénario : André Téchiné, Léa Mysius, Amer Alwan
Montage : Albertine Lastera
Photo : Julien Hirsch
Décors : Lise Préault
Durée : 103 min

Casting :
Catherine Deneuve : Muriel
Kacey Mottet Klein : Alex
Oulaya Amamra : Lila
Stéphane Bak : Bilal
Kamel Labroudi : Fouad
Mohamed Djouhri : Youssef
Amer Alwan : le prédicateur

AVENGERS ENDGAME : Clac de fin

avengersendgameafficheApporter une conclusion à une œuvre qui se compose de 22 films différents constitue un exercice assez inédit dans l’histoire du cinéma, même si l’essor des séries nous a habitués aux récits au long cours. Les films Marvel ont créé un univers cinématographique d’une grande richesse, formant ce que l’on pourrait facilement comparer à une nouvelle mythologie. Avengers Endgame était attendu comme rarement un film l’a été, surtout après la fin à couper le souffle d’Infinity War. Il ne fallait donc pas se rater. En misant sur les fondamentaux qui ont fait le succès de cette saga et sur un brin de nostalgie, le pari est incontestablement réussi, malgré quelques imperfections.

Evacuons tout de suite le principal défaut d’Avengers Endgame : sa longueur. 3h c’est sans doute une petite demi-heure de trop. Ce qui rend se défaut tout à fait pardonnable, c’est que cet excès de longueur vient d’une surexploitation des meilleures idées proposées par le scénario. On en vient alors immédiatement à ce qui fait la force de ce film. Le récit qui est proposé n’est pas celui auquel on s’attendait. La curiosité du spectateur se trouve tout de suite en éveil et il se demande vraiment où les scénaristes ont décidé de l’emmener. Le voyage qu’ils nous proposent se révélera des plus plaisants grâce à un équilibre remarquable.

avengersendgameEn effet, Avengers Endgame propose un délicieux cocktail d’action, d’humour et de regard tendre sur les protagonistes. Tout cela s’achèvera par une bataille d’une puissance épique à la hauteur de l’immensité de l’œuvre. On en prend alors plein les mirettes et on en alors définitivement pour son argent. Mais ce film ne se résume définitivement pas à ça et ajoute par ailleurs une ultime touche de profondeur à certains des personnages qui… Ah non je m’arrête ici avant de spoiler, ce qui constituerait un crime terrible. Et je ne suis pas Thanos ! Même si l’histoire est loin d’être terminée et saura à coup sûr rebondir, on ressort de ce film avec cette sensation de tristesse à la fin de quelque chose qui nous aura accompagnés longtemps. Au revoir et à bientôt donc !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Marvel Studios
Distribution : Walt Disney Studios Distribution
Réalisation : Anthony Russo, Joe Russo
Scénario : Christopher Markus, Stephen McFeely
Montage : Jeffrey Ford, Matthew Schmidt
Photo : Trent Opaloch
Décors : Charles Wood
Directeur artistique : Ray Chan
Durée : 181 min

Casting :
Jeremy Renner : Clint Barton / Ronin
Brie Larson : Captain Marvel
Mark Ruffalo : Bruce Banner / Hulk
Chris Hemsworth : Thor
Chris Evans : Captain America
Robert Downey Jr. : Iron Man
Scarlett Johansson : Black Widow
Don Cheadle : James « Rhodey » Rhodes / War Machine
Paul Rudd : Scott Lang / Ant-Man
Karen Gillan : Nébula

90’S : Des débuts qui roulent

90safficheLa vie est quand même mal faite. On passe une bonne partie de sa vie à vouloir paraître plus jeune que ce que l’on est réellement. Mais on oublie souvent qu’on a passé une première partie de sa vie en souhaitant être plus vieux. Vouloir grandir plus vite est un sentiment commun chez les enfants, surtout chez ceux qui ne trouvent pas facilement leur place dans ce monde. 90’s est un film sur ce sentiment. Un film sur le skate-board également, mais cela devient totalement secondaire. Premier passage de l’autre côté de la caméra réussi pour Jonah Hill en tout cas.

90’s n’est pas un film autobiographique d’après son réalisateur. On est évidemment en droit de le croire, mais il semble évident qu’il a mis un peu de lui-même dans ce film. Il pose un regard tendre et sincère sur son personnage principal. Cette tendresse est vite partagée par le spectateur qui s’attache à ce jeune garçon en quête de repères en quelques minutes. La galerie de personnages assez riche de ce film présente le grand mérite de proposer des portraits sans fard. Le propos n’est jamais dans le noir et blanc. De toute façon, ce qui compte vraiment reste le processus, celui par lequel on grandit d’un coup pour quitter l’enfance et se diriger alors inexorablement vers l’âge adulte. Un passage forcément douloureux, mais aussi porteur d’espoir.

90s90’s parvient parfaitement à mêler la douleur et l’espoir, c’est ce qui fait tout son intérêt. Tout ceci est remarquablement mis en images, avec une réelle élégance. Jonah Hill soigne donc la forme et le fond, démontrant de vraies dispositions de cinéaste. Il dirige avec beaucoup de bonheur le jeune Sunny Suljic, qui fait preuve d’une maturité étonnante pour son âge. Mais c’est tout le casting adolescent qui est salué, alors qu’ils sont tous des acteurs débutants. Au final, on assiste à un film poétique et touchant, manquant peut-être un rien de profondeur, mais qui vaut bien un petit passage en salle.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : A24 Films, Waypoint Entertainment
Distribution : Diaphana
Réalisation : Jonah Hill
Scénario : Jonah Hill
Montage : Nick Houy
Photo : Christopher Blauvelt
Décors : Jahmin Assa
Musique : Trent Reznor, Atticus Ross
Durée : 84 min

Casting :
Sunny Suljic : Stevie
Katherine Waterston : Dabney
Lucas Hedges : Ian
Gio Galicia : Ruben
Na-kel Smith : Ray
Olan Prenatt : Fuckshit
Ruder McLaughlin : Fourth Grade

WORKING WOMAN : Woman at war

workingwomanafficheLa prise de conscience récente du poids du sexisme dans la société irrigue forcément le cinéma et ce dans beaucoup de pays, comme le prouve ce nouveau film israélien sorti sur nos écrans, Working Woman. Il prouve d’ailleurs par la même occasion l’incroyable vitalité du 7ème art de ce pays que j’ai évoqué à plusieurs reprises ces derniers temps. La gravité et l’importance d’un sujet ne peuvent assurer à eux-seuls la réussite d’un film. Faut-il encore savoir le traiter sur le fond et sur la forme. Michal Aviad parvient à rendre son film remarquable sur les deux plans.

Working Woman est évidemment porteur d’un message. On peut même le qualifier de film militant. Cependant, ceci se fait uniquement par l’exemple, sans réflexion générale ou prise de recul. C’est au spectateur de tirer ses conclusions. Mais l’exemple est tellement bien choisi et le propos percutant, qu’elles viennent d’elle-même. Toute la force du film passe par la tension palpable qui règne tout au long du récit. Il ne comporte au final pas tant de moments que ça où l’on est témoin d’un acte de harcèlement au sens propre du terme, mais on ressent l’oppression, le malaise constants que l’on partage avec le personnage. Tout cela naît aussi de l’ignorance et du coup la passivité des personnages extérieurs. Et on ne peut s’empêcher de se dire que l’on a peut-être déjà été dans la même position qu’un de ces derniers.

workingwomanWorking Woman doit beaucoup à la formidable prestation de Liron Ben-Shlush. Elle porte véritablement le film sur ses épaules. En parvenant à communiquer ses émotions avec autant d’acuité, elle donne vraiment toute son épaisseur au film et au propos. Il ne faudrait pas non plus oublier la figure inquiétante incarnée par Menashe Noy. Finalement, la seule réelle limite de ce film repose sur le personnage du mari. Non que l’acteur qui lui donne vie, Oshri Cohen, n’ait quoi que ce soit à se reprocher, mais il reste exploité d’une manière un peu trop superficielle pour vraiment apporter une dimension supplémentaire à cette histoire. Cependant, le reste se suffit largement à lui-même.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Michal Aviad
Scénario : Michal Aviad, Sharon Azulay Eyal, Michal Vinik
Production : Ayelet Kait, Amir Harel
Photographie : Daniel Miller
Montage : Nili Feller
Décors : Eyal Elhadad
Casting : Michal Koren
Costumes : Keren Eyal-Melamed

Casting :
Liron Ben-Shlush : Orna
Menashe Noy : Benny
Oshri Cohen : Ofer