LE MONDE EST A TOI : Les quartiers côté face

lemondeestatoiafficheLa vie dans les « quartiers » est devenue avec le temps l’exemple type de sujet pouvant être traité de manières radicalement différentes. Du drame profond à la comédie la plus légère. Demain est à Toi fait incontestablement partie de la seconde catégorie. Mais reste à savoir si on la range dans la catégorie des comédies lourdingues ou bien des comédies fines, subtiles et surtout drôle. Au final, le film se situe quelque part entre les deux. Par contre, ce qui est certain, c’est qu’elle est à ranger dans la catégorie des comédies réussies.

Demain est à Toi est une comédie qui repose de manière significative sur ses personnages. Il reprend tous les clichés que l’on peut attendre dans un tel environnement pour s’en moquer dans un parfait équilibre entre ironie totale et un réel fond de vrai. On s’attache rapidement à eux, même si certains souffrent de graves imperfections… pour ne pas dire que certains sont carrément tarés. Ils font naître une délicieuse alchimie qui compense les situations quelque peu convenues où ils vont être entraînés. C’est bien d’eux que vient l’énergie et l’humour qui soutiennent ce film. Et le tout fonctionne assez pour faire passer au spectateur un très bon moment.

lemondeestatoiLe Monde est à Toi bénéficie d’un casting étonnant. Passons rapidement sur une Isabelle Adjani, passée définitivement du côté obscur de la chirurgie esthétique. On se souviendra avant tout des troisièmes rôles interprétés par François Damiens et Philippe Katerine, qui livrent deux prestations vraiment drôlatiques et de Vincent Cassel qui se parodie lui-même, 23 ans après la Haine. On retiendra la nouvelle belle performance de la resplendissante Oulaya Amara. Mais le film fonctionne aussi grâce au talent de Karim Leklou. Il n’a pas le jeu le plus spectaculaire de la bande, mais assez de justesse pour donner un supplément de crédibilité bienvenue. Le film lui doit beaucoup et le spectateur, par le réel plaisir qu’il prend devant ce film, aussi.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Romain Gavras
Scénario : Karim Boukercha, Noé Debré, Romain Gavras
Photographie : André Chemetoff
Montage : Benjamin Weill
Production : Charles-Marie Antonioz, Mourad Belkeddar, Jean Duhamel, Nicolas Lhermite, Vincent Mazel, Hugo Selignac
Durée : 101 minutes

Casting :
Karim Leklou : François
Isabelle Adjani : Danny
Vincent Cassel : Henry
Oulaya Amamra : Lamya
Gabby Rose : Britanny
Sam Spruell : Bruce
Mounir Amamra : Mohamed 1
Mahamadou Sangare : Mohamed 2
Robert Lyndon Harry : Manchester
Sofian Khammes : Poutine
François Damiens : René
Philippe Katerine : Vincent

DETECTIVE DEE : LA LEGENDE DES ROIS CELESTES : Le dragon est bien éveillé

detectivedeelalegendedesroiscelestesafficheHollywood peut trembler. La Chine cinématographique s’est éveillée ! Entendons-nous bien, je parle ici de cinéma grand public à très grand spectacle, de blockbusters voués à être vus par les spectateurs du monde entier. Car cela faisait évidemment longtemps que le cinéma chinois nous enchantait par des films beaucoup plus intimistes. Il y a désormais match avec l’Oncle Sam sur tous les terrains, ou plutôt tous les écrans. Détective Dee : la Légende des Rois Célestes séduira un large public. En reprenant bien des codes des films américains à gros budget, mais aussi en offrant un petit supplément d’âme.

Il existe encore quelques écarts entre l’Amérique et la Chine. En effet, Détective Dee : la Légende des Rois Célestes bénéficie d’effets spéciaux que l’on peut facilement qualifier de vintage. Mais le vintage n’est-il pas à la mode ? En tout cas, cela donne au final un certain charme à ce film, un aspect presque artisanal. De toute façon, même le spectateur le plus critique n’aura guère le temps de s’attarder sur les quelques défauts visibles, tant le film est parcouru d’une frénésie visuelle constante. Les scènes spectaculaires s’enchaînent, chacune faisant plus fort que la précédente. La longue séquence finale constitue une vrai morceau de bravoure cinématographique que seul la fin de Ready Player One n’aura surpassé.

detectivedeelalegendedesroiscelestesPour le reste, Détective Dee : la Légende des Rois Célestes est un film d’aventure fort sympathique. Les personnages sont notamment très attachants et prennent de l’épaisseur au fur et à mesure que l’histoire avance. Cela concerne surtout les « gentils », les méchants n’étant pas exceptionnellement intéressants. On peut regretter aussi un dénouement un peu « facile », où tout est réglé d’un coup de baguette magique. Mais encore une fois, ce film s’apparente plus à un déluge qu’un long fleuve tranquille, tant les scènes d’action et les effets visuels spectaculaires se succèdent sur un rythme effréné comme rarement vu. Alors, on ne s’attarde jamais longtemps sur les petits défauts. En tout cas, ce film ne pourra que convaincre les plus sceptiques des bienfaits de la mondialisation.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Tsui Hark
Scénario : Chang Chia-lu
Musique : Kenji Kawai
Photographie : Choi Sung-fai
Durée : 132 min

Casting :
Mark Chao : Dee
Carina Lau : impératrice Wu Zetian
Feng Shaofeng : Yuchi Zhenjin
Kenny Lin : Zhong Shatuo
Sichun Ma : Shui Yue
Ethan Juan : Yang Ce, le moine boudhiste
Chien Sheng : empereur Tang Gaozong

UNDER THE SILVER LAKE : Question de point de vue

underthesilverlakeafficheCertains films ne laissent pas indifférents. Ils mènent les spectateurs hors des sentiers battus, là où on peut se perdre facilement. Perdre ses repères peut alors faire naître des sentiments très différents au gré des personnalités de chacun. On peut apprécier la sensation ou au contraire avoir envie de quitter les lieux au plus vite. Si on lit les critiques des spectateurs à propos de Under the Silver Lake, on est frappé par la parfaite répartition des notes : sur les 6 possible, 3 ont été données par 18% des spectateurs, 2 par 16% et la note maximale par 14%. Bref aucun consensus. Mais c’est sans doute là la preuve de l’intérêt réel de cette œuvre qui sort réellement de l’ordinaire.

On peut effectivement voir Under the Silver Lake de deux manières. Tout d’abord comme un œuvre assez vaine, un exercice de style dénué de sens et de profondeur, qui ne mène le spectateur strictement nul part, sinon à une explication quelque peu décevante. Une histoire que l’on observe sans jamais y pénétrer vraiment, faute de jamais en trouver la porte d’entrée. Ou alors, à l’inverse, on peut apprécier pleinement ce spectacle inattendu et déconcertant, où tout n’est pas parfait, mais qui tient toujours notre curiosité en éveil. On peut se laisser séduire par ce personnage qui nous rappelle par certains côtés The Dude de The Big Lebowski.

underthesilverlakePersonnellement, je me situe plutôt dans la seconde catégorie. J’ai apprécié ce voyage plein de surprise. Surtout que la réalisation de David Robert Mitchell, auteur du remarquable It Follows, est finement ciselée. Trop diront certains. Là encore, c’est une question de point de vue. Il parvient en tout cas à faire d’Andrew Garfield un acteur convaincant, ce qui n’est pas un mince exploit. Bon ok, j’exagère un peu. Sans doute, je lui en veux encore peu pour les catastrophiques Spider-Man. En tout cas ici, je ne peux que reconnaître son talent. Under the Silver Lake constitue donc un OVNI cinématographique, assez plaisant de mon point de vue. Mais ce n’est que mon point de vue.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Michael De Luca Productions, Good fear, Pastel
Réalisation : David Robert Mitchell
Scénario : David Robert Mitchell
Montage : Julio C. Perez IV
Photo : Mike Gioulakis
Distribution : Le Pacte
Musique : Disasterpeace
Durée : 139 min

Casting :
Andrew Garfield : Sam
Riley Keough : Sarah
Jimmi Simpson : Allen
Topher Grace : l’homme au bar
Zosia Mamet : Troy
Riki Lindhome : l’actrice qui rend visite à Sam
Callie Hernandez : Millicent Sevence
Patrick Fischler : l’auteur du fanzine
Sydney Sweeney et India Menuez : filles de l’agence d’escort-girls Shooting Star
Summer Bishil : ex-petite amie de Sam
Grace Van Patten : la danseuse aux ballons
Luke Baines, Lola Blanc et Victoria Bruno : Jésus et les fiancées de Dracula
Laura-Leigh Claire : Mae

UNE PLUIE SANS FIN : Black rain

unepluiesansfinafficheLe polar noir reste une spécialité cinématographique coréenne. Mais le voisin chinois n’est pas en reste avec pour preuve Une Pluie Sans Fin. Qui plus est, les intempéries collent assez bien avec l’ambiance de ce genre d’histoire. Comme si le ciel devait forcément refléter la couleur des âmes des personnages. Tout cela ressemble quelque peu à un cliché, mais force est de constater que cela continue de fonctionner, vue la qualité de ce film. En nous proposant à la fois une intrigue policière bien menée et une réflexion sur l’évolution de la Chine contemporaine, il nous donne de quoi nourrir la curiosité du spectateur.

Une Pluie Sans Fin propose une intrigue « policière » somme toute assez classique, mais solide. Certes, le principal rebondissement est particulièrement prévisible, mais ce n’est pas l’essentiel. En effet, le scénario brille avant tout par la qualité de ses personnages et l’exploration des ressorts profonds de leur psychologie. C’est dans l’évolution de leurs relations qui vont survenir les vraies surprises. Tout ceci concourt à maintenir constant un intérêt réel chez le spectateur. Surtout que bien d’autres éléments viennent donner des raisons supplémentaires de s’intéresser à cette histoire.

unepluiesansfinUne Pluie Sans Fin jette des ponts avec des événements et des évolutions historiques de la Chine contemporaines, notamment le rattachement de Hong Kong. Le spectateur curieux de ces éléments prendra encore plus de plaisir à la découverte de ce film. Surtout qu’il reste réalisé avec un talent certain par Dong Yue. Certes, la pluie est élément « facile » pour créer une certaine ambiance, mais sa réussite ne s’arrête pas là. La direction d’acteur est également vraiment remarquable. Les personnages sont ainsi magnifiquement mis en valeur. Le tout donne un excellent polar à l’ambiance hivernale et froide qui fait du bien en ces temps de canicule.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Dong Yue
Direction artistique : Liu Qiang
Photographie : Cao Tao
Son : Zhang Jinyan et Long Xiaozhu
Montage : Wen Jing
Musique : Ding Ke
Production : Xiao Qiancao
Durée : 116 minutes

Casting :
Duan Yihong : Yu Guowei
Jiang Yiyan : Yanzi
Yuan Du : l’officier Zhang
Zheng Chuyi : l’officier Li
Zheng Wei : Liu

MY LADY : Moyenne dame

myladyafficheQu’est ce qui nous fait aimer un personnage ? La figure du héros est généralement associée à une certaine forme de perfection et une longue liste de valeurs positives : courage, équité, sens du sacrifice… Cependant, on peut facilement s’attacher également à des figures qui comptent de vrais défauts. Entre le héros et le anti-héros absolu, il existe tout une graduation. Mais dans tous les cas, l’équilibre est subtil. On ne peut pas aimer tout le monde dans la vraie vie et au cinéma, on ne peut pas aimer tous les personnages. Et quand le lien avec le spectateur ne se crée pas, alors c’est le film tout entier qui peut sombrer. C’est exactement ce qui m’est arrivé en allant voir My Lady.

Le personnage de My Lady constitue un personnage incontestablement intéressant. Riche, complexe, comme peuvent l’être les vrais êtres humains. Dans ce sens, il est très réussi. Cependant, personnellement, je l’ai vite trouvé faussement sympathique, pour ne pas dire parfois antipathique. Je faisais preuve là certainement d’une certaine forme de solidarité avec son mari délaissé, mais quelles que soient les raisons, le résultat est là. De cet absence totale d’attachement ne pouvait naître aucune sorte d’émotion. J’ai donc vu ce film avec un intérêt intellectuel, mais jamais il ne m’a jamais réellement touché, ce qui a largement gâché mon plaisir.

myladyJe ne peux qu’admettre que la performance d’Emma Thomson n’est en rien à blâmer dans cet état de fait. Elle donne ici toute la mesure de son talent, ce qui n’est pas peu dire. D’ailleurs, peut-être que son interprétation est trop parfaite, ne cachant donc rien des imperfections de son personnage. D’un point de vue formel, la réalisation de Richard Eyre est parfaitement maîtrisée, tout comme l’est la narration dans sa manière d’amener chaque élément de l’intrigue l’un après l’autre pour toujours enrichir le propos. Cependant, la conclusion n’est guère convaincante et ne m’a pas permis de partir sur une bonne note d’un film dans lequel je n’étais de toute façon jamais vraiment rentré.

LA NOTE:09/20

Fiche technique :
Production : Toledo Productions, BBC Films, FilmNation Entertainment
Distribution : ARP Sélection
Réalisation : Richard Eyre
Scénario : Ian McEwan, adapté de son propre roman
Montage : Dan Farrell
Photo : Andrew Dunn
Décors : Peter Francis
Musique : Stephen Warbeck
Durée : 105 min

Casting :
Emma Thompson : la Juge Fiona Maye
Stanley Tucci : Jack
Fionn Whitehead : Adam Henry
Jason Watkins : Nigel Pauling
Ben Chaplin : Kevin Henry
Rosie Cavaliero : Marina Green

HAPPINESS ROAD : Voyage nostalgique

happinessroadafficheLa nostalgie est un sentiment qui nous frappe de plus en plus souvent lorsque l’on devient adulte. Si on considère que les films d’animation s’adressent avant tout aux enfants, alors on se demandera bien à qui est destiné Happiness Road. Il faut bien être assez avancé dans sa vie pour apprécier pleinement cette œuvre qui aborde beaucoup de sujets, mais dont le fil rouge est bien le regard un rien nostalgique que l’on peut porter sur son enfance. Une œuvre à la fois dépaysante et universelle qui nous offre bien des raisons de tomber sous son charme.

Le scénario de Happiness Road est à deux dimensions. Une première centrée sur les personnages, en particulier l’héroïne dont on partage les réflexions. Le film nous parle du sujet le plus trivial qui soit, à savoir le temps qui passe, de la manière dont il change les êtres et les lieux. Des changements que l’on subit parfois, oubliant d’en être pleinement acteur. La réflexion se fait ici subtile et parcourue d’une certaine poésie très agréable. L’histoire aborde aussi l’Histoire de Taïwan et les tensions entre les autochtones et les réfugiés de la Chine continentale qui ont pris le contrôle de l’île après la guerre. Cet aspect plutôt abordé en creux, mais on en apprend néanmoins beaucoup sur ce coin quelque peu méconnu du monde.

happinessroadHappiness Road est marqué par un style graphique très en vogue. Un retour à des dessins « à la main », ce qui est apparemment effectivement le cas ici. En tout cas, cela donne un résultat beaucoup plus chaleureux qu’une animation qui semble purement et clairement digitale. Le film est joli, à défaut d’être beau, et on a plaisir à regarder les images défiler. Il y a surtout une synergie entre le graphisme et les sujets abordés qui donnent une force supplémentaire au propos. On oubliera donc les quelques longueurs et on appréciera pleinement ce joli voyage, qui nous parle d’où qu’on soit dans ce monde.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Chanson Xinying
Producteur : Feng Xianxian, Gao Huaru
Scénariste : Chanson Xinying
Bande son : Wen Zijie

Casting :
Gui Lun-mei : Lin Shuqi
Wei Desheng : Avent
Chen Bozheng : Père Xiaoqi
Liao Huizhen : Mère Xiaoqi
Givas Xiao : Qi Auntie
Li Jiaxiu : Zhuang Beidi
Wu Yihan : Xiao Xiaoqi
Huang Pinzhen : Little Betty

MISSION IMPOSSIBLE : FALLOUT : Tombé du camion

missionimpossiblefalloutafficheQuand un franchise, qui plus est partie sur des bases pas terribles, en est au sixième volet, on ne s’attend pas vraiment à grand chose de surprenant ou d’original. Cela n’empêche pas le distributeur d’essayer de vous vendre cela comme l’événement cinématographique de l’année. Mission Impossible – Fallout est sorti à grand renfort de marketing pour en faire le blockbuster de l’été. On imagine que le marché français a été particulièrement visé puisque l’intrigue nous emmènera pour quelques scènes spectaculaires dans les rues de Paris. Le spectateur pouvait donc attendre à un produit formaté certes, mais assez distrayant pour constituer le spectacle estival idéal. Malheureusement le résultat est assez désastreux.

Commençons par le défaut qui, de mon point de vue, est désormais impardonnable pour une production de ce type. Certains effets spéciaux sont terriblement médiocres. Ils gâchent certaines séquences, notamment la fameuse poursuite dans Paris. C’est bien de se dire que l’on peut enfin montrer le visage de l’acteur principal lors d’une poursuite en moto à contre-sens Place de la Concorde, mais si c’est pour nous offrir une mauvaise incrustation qui nous rappelle les poursuite en voiture des années 50, ce n’était vraiment pas la peine. Le spectateur se demande alors si on ne se moque pas un peu de lui et si Mission Impossible – Fallout n’est pas en fait un film de contrefaçon tombé d’un camion.

missionimpossiblefalloutSurtout qu’il n’y a pas grand chose d’autre pour sauver Mission Impossible – Fallout. Je ne reviendrai même pas sur l’intrigue en elle-même qui ne pouvait guère être plus convenue. Par contre, on est frappé à quel point les scénaristes ne savent plus comment exploiter les personnages. Cela se ressent dans l’interprétation des acteurs qui joue sans aucune conviction. Au premier rang, Tom Cruise qui ne fait toujours pas son âge, mais qui ne brille pas ici de son charisme habituel. Le méchant est assez falot et nous revient d’un autre épisode de la série qui était déjà relativement médiocre. Le seul petit éclair vient du personnage interprété par Vanessa Kirby mais qui joue un rôle assez mineur. Aller voir ce film constitue définitivement une mission que vous n’êtes pas obligé d’accepter.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Production : Bad robot, Paramount pictures, Skydance Media, TC Productions
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Christopher McQuarrie
Scénario : Christopher McQuarrie, adapté de la série TV de Bruce Geller
Montage : Eddie Hamilton
Photo : Rob Hardy
Décors : Peter Wenham
Musique : Lorne Balfe
Durée : 147 min

Casting :
Tom Cruise : Ethan Hunt
Henry Cavill : August Walker
Rebecca Ferguson : Ilsa Faust
Ving Rhames : Luther Stickell
Simon Pegg : Benji Dunn
Sean Harris : Solomon Lane
Angela Bassett : Erica Sloan
Vanessa Kirby : White Widow
Michelle Monaghan : Julia Meade-Hunt

LES INDESTRUCTIBLES 2 : Joli rebond

lesindestructibles2affichePersonnellement, je considère Brad Bird comme étant un des plus illustres cinéastes contemporains. Je regrette beaucoup que son nom ne soit aussi peu connu, sous prétexte qu’il a connu ses plus grands succès en dirigeant des films d’animation. Certes, le travail de réalisateur y est quelque peu différent, mais cela reste un vrai travail de direction artistique et cinématographique. Son œuvre la plus marquante reste sans conteste les Indestructibles. Le premier volet représentait en effet un vrai bijou pour petits et grands, alliant aventures et humour, premier et second degré avec une maestria rare. Il avait donc placé la barre haut et la suite allait forcément être jugée à l’aune de celle-ci. Mais visiblement Brad n’est pas du genre à avoir le vertige !

Les Indestructibles 2 est un succès sur toute la ligne, même s’il n’est pas totalement parfait. Le scénario a su parfaitement trouver un prolongement logique et drôle au premier volet. Un modèle de rebond sur une première idée pour la développer, l’enrichir et nous réserver encore bien des surprises. Cependant, le scénario recèle aussi la faiblesse la plus flagrante du film : un rebondissement principal largement cousu de fil blanc. Certes, ce genre de film nous rend facilement indulgent pour ce type de défaut, mais cela empêche cette suite de posséder le même souffle épique que le premier épisode. Mais, le spectacle proposé reste tout de même particulièrement réjouissant.

lesindestructibles2Les Indestructibles 2 reste un spectacle familial puisque toutes les générations y trouveront un intérêt. Il faut être cependant adulte pour saisir toute la profondeur d’un humour parodique parfois assez subtil. C’est ça qui fait la force de l’œuvre de Brad Bird, d’ouvrir sur le rêve et l’imaginaire, sans jamais être gnangnan. Le film vous offrira un vrai moment de détente, sans crampe au cerveau, mais sans non plus mettre ce dernier totalement en position arrêt. Un équilibre savoureux qui donne tout son piment à cette œuvre qui prouve que rassembler un large public ne signifie pas forcément tout avoir tiré vers le bas.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Pixar Animation Studios, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios Distribution
Réalisation : Brad Bird
Scénario : Brad Bird
Montage : Stephen Schaffer
Musique : Michael Giacchino
Directeur artistique : Ralph Eggleston
Durée : 118 min

Casting :
Craig T. Nelson : Robert Parr / Mr Indestructible
Holly Hunter : Helen Parr / Elastigirl
Sarah Vowell : Violet Parr
Huck Milner : Dashiell « Dash » Parr / Flèche
Samuel L. Jackson : Lucius Best / Frozone
Brad Bird : Edna Mode
Jonathan Banks : Rick Dicker
Bob Odenkirk : Winston Deavor
Catherine Keener : Evelyn Deavor
Sophia Bush : Voyd
Isabella Rossellini : l’Ambassadrice
John Ratzenberger : le Démolisseur

PAUL SANCHEZ EST REVENU ! : IL aurait pu s’abstenir

paulsanchezestrevenuafficheLe Polar à la française est souvent une affaire d’hommes et de femmes. Bref, de personnages. Le portrait dressé du flic ou du voyou, l’analyse de leur psychologie compte au moins autant et souvent plus que la simple résolution d’un mystère ou le récit d’une traque. Paul Sanchez est revenu ! se situe dans cette pure tradition. Cependant, pour fonctionner, un tel film doit offrir au spectateur des personnages forts, suffisamment pour que l’on se soucie de leur sort. Et il n’est jamais évident de rendre attachants des figurent de flic ou de voyou. Surtout quand on fait des choix aussi hasardeux que Patricia Mazuy.

En effet, entre le pauvre type clairement mythomane (je ne spoile même pas, on le comprend immédiatement) et la flic quelque peu limitée (différente si on veut rester politiquement correct), on assiste à un duel entre deux protagonistes qui ne nous inspire pas grand chose, sinon une forme de compassion proche de la gêne. Si le spectateur se trouve mal à l’aise en regardant Paul Sanchez est Revenu !, ce n’est pas à cause d’une tension narrative particulièrement prenante, c’est juste que les personnages font clairement pitié et on a hâte que le film s’achève pour que s’achève leur calvaire. Du coup, impossible de vraiment rentrer dans cette histoire de toute façon hautement improbable.

paulsanchezestrevenuPaul Sanchez est Revenu ! est donc un film raté. L’idée de base n’était pas totalement inintéressante, mais n’est jamais exploitée de manière à surprendre ou enthousiasmer le spectateur. Laurent Laffite et Zita Hanrot ne ménagent pourtant pas leurs efforts pour donner vie à leurs personnages. Mais c’est vraiment dans l’essence même de ces derniers que réside le problème. Leur interprétation est irréprochable. De plus, le film s’étire beaucoup trop en longueur pour le peu d’intérêt qu’il présente, annihilant tout souffle narratif qui aurait pu porter un tant soit peu le spectateur. Aucun film ne se remet d’un scénario aussi mal écrit. Pas plus ce film qu’un autre.

LA NOTE : 7/20

Fiche technique :
Réalisation : Patricia Mazuy
Scénario : Patricia Mazuy et Yves Thomas, d’après une idée originale d’Yves Thomas
Décors : Thierry François et Dorian Maloine
Costumes : Khadija Zeggaï
Photographie : Frédéric Noirhomme
Son : Jean-Pierre Duret, Jean Mallet et Luc Thomas
Montage : Mathilde Muyard
Musique : John Cale
Production : Patrick Sobelman
Coproducteurs : Saïd Ben Saïd et Gilles Sitbon
Durée : 110 minutes

Casting :
Laurent Lafitte : Paul Sanchez
Zita Hanrot : Marion
Idir Chender : Yohann Poulain
Philippe Girard : le commandant
Anthony Paliotti : le gendarme Gaspard
Achille Reggiani : le gendarme Boris
Anne-Lise Heimburger : la femme de Paul Sanchez
Norah Krief : Laëtitia
Luc Palun : le garagiste

ROULEZ JEUNESSE : Kinder surprise

roulezjeunesseafficheUne bande-annonce a pour but premier de donner envie aux spectateurs de venir voir le film en question. En tant que militant politique et ayant un métier fortement orienté communication, je sais à quel point il faut savoir parfois déformer quelque peu la vérité pour donner envie. L’omission reste peut-être le travers le plus pardonnable, puisque, techniquement, on ne ment pas. On n’en voudra donc pas trop à ceux qui ont monté la bande-annonce de Roulez Jeunesse, qui, à travers elle, semblait être une pure comédie, très orientée premier degré. Il se révèle finalement être bien plus que cela. Et de plus, la surprise est vraiment bonne.

Roulez Jeunesse est un film qui vous fera passer par beaucoup d’émotions contrastées. On rit souvent, surtout dans la première moitié. On finira ensuite par pleurer. Ce glissement progressif se fait à chaque fois que l’on découvre un nouvel élément de l’intrigue, quand le point de départ prêtait avant tout à sourire. Cette évolution est menée avec une réelle intelligence, sans à-coups, et avec une réelle crédibilité. Le scénario n’est pas dénué d’ambition, mais parvient à ne pas tomber dans l’excès ou la maladresse. Le spectateur apprécie vraiment ce lent changement de cap plutôt inattendu. Quand un film donne plus que ce que l’on était venu chercher, comment être déçu ?

roulezjeunesseRoulez Jeunesse marquera sans doute un tournant dans la carrière d’Eric Judor. Comme son ancien compère Ramzy Bedia, il prouve qu’il peut être à l’aise dans des rôles un peu plus complexes que celui d’ahuri un peu naïf. Le film le prouve d’autant plus que c’est exactement ce qu’est son personnage au départ. Et comme l’intrigue, on le verra évoluer, en même temps que le jeu de son interprète. Il ne livre pas non plus une interprétation bouleversante. Mais sans doute, beaucoup de réalisateurs auront noté qu’il est possible de lui proposer autre chose. Le reste du casting est également excellent, avec une mention spéciale pour les deux enfants qui savent se montrer aussi attachants qu’horripilants parfois. Entre surprise et tromperie, la frontière est parfois mince. Mais ce film fait incontestablement partie de la première catégorie.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : SRAB films, Rectangle productions, France 2 cinéma
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Julien Guetta
Scénario : Julien Guetta, Dominique Baumard
Montage : Jean-Christophe Bouzy
Photo : Marion Burger, Benjamin Roux
Musique : Thomas Krameyer
Durée : 84 mn

Casting :
Eric Judor : Alex
Laure Calamy : Nelly
Brigitte Roüan : Antoinette
Ilan Debrabant : Kurt
Louise Labeque : Tina
Marie Kremer : Prune
Satya Dusaugey : Philippe
Déborah Lukumuena : Lou