
Moi, Tonya a évidement une saveur particulière pour ceux qui se rappellent très bien de cette épisode de l’histoire du sport. Mais ce film peut séduire un public beaucoup plus large par l’originalité de la manière dont il traite son sujet. Certes, la figure de l’anti-héros est assez commune, mais rarement on n’aura poussé la logique aussi loin. La grande force de ce film est de ne pas chercher à rendre son personnage sympathique, mais juste à le sortir d’une vision simpliste. En lui donnant de l’épaisseur et une certaine complexité, le spectateur finit par changer le regard qu’il porte sur cette patineuse hors norme. A défaut de l’aimer, on se dit que c’est trop simple de juste la détester. Trop simple et sûrement trop injuste.

LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Clubhouse Pictures, MuckyChap Entertainment
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Craig Gillespie
Scénario : Steven Rogers
Montage : Tatiana S. Riegel
Photo : Nicolas Karakatsanis
Décors : Jade Healy
Musique : Peter Nashel
Durée : 120 min
Casting :
Margot Robbie : Tonya Harding
Sebastian Stan : Jeff Gilooly
Allison Janney : LaVona Golden
Julianne Nicholson : Diane Rawlinson
Paul Walter Hauser : Shawn
Caitlin Carver : Nancy Kerrigan
Bobby Cannavale : Martin Maddox

Lady Bird n’est pas exempt de quelques clichés sur l’adolescence, mais il les exploite le plus souvent pour les tourner en dérision. Le film est surtout l’occasion de découvrir la jeune Saorise Ronan dans un premier rôle qu’elle occupe avec un réel talent et une jolie personnalité. A ses côtés, Laurie Metcalf, que l’on connaît surtout comme mère de Sheldon dans The Big Bang Theory, est également parfaite dans un rôle d’envergure. Elles contribuent toutes les deux à la réussite de ce joli film, riche, drôle et émouvant.
Call Me By Your Name ne s’arrête en plus pas là. Il nous livre quelques éléments scénaristiques supplémentaires. On retiendra notamment un dialogue père-fils proche de la fin du film qui marque fortement l’esprit du spectateur. On pourra simplement reprocher à ce film peut-être une longueur excessive. Un quart d’heure, voire même une demi-heure de moins et le film aurait éviter de voir la tension narrative de se dissiper quelque peu à certains moments. On reprend vite le fil certes, mais il est vrai que l’on décroche aussi parfois. Rien qui ne remette en cause cependant la beauté de ce film et la force de l’émotion qu’il dégage.
Si la seconde moitié va largement s’éloigner de l’œuvre de Jean-Pierre Jeunet, elle va nous conduire à un dénouement qui ne m’a pas non plus hyper enthousiasmé. Je n’ai pas vraiment de leçon de cinéma à donner à Guillermo Del Toro, mais j’aurais choisi une autre fin. Bref, le film n’a jamais réussi à m’emballer, bien qu’il reste un bel objet cinématographique, avec beaucoup de talents dedans. On retiendra en premier lieu la très belle performance de Sally Hawkins, dont la grâce ne peut pas non plus laisser totalement indifférent. Mais elle n’est pas suffisante pour faire de la Forme de l’Eau le grand et beau film qu’il aurait pu (dû) être.
En effet, ce qui fait le réel intérêt de l’Apparition, c’est le portrait croisé du journaliste incrédule et traînant quelques lourds traumatismes et la jeune fille qui porte un poids chaque jour un peu plus démesuré sur les épaules. Deux personnages profondément dissemblables mais qui vont finir par tisser une relation singulière. C’est au final pour ça que l’on trouve ce film plutôt réussi et qu’il parvient à nous captiver jusqu’au bout. Plutôt que la recherche de la vérité factuelle, c’est bien chacune de leur quête intérieure dont on souhaite réellement connaître le dénouement. Le film n’a donc rien d’un nouveau Da Vinci Code, mais mérite en tout cas d’être vu.
Reste une histoire qui là aussi laisse sur une impression relativement indéfinissable. Une histoire d’amour qui ne ressemble que peu à une histoire d’amour. Une histoire qui semble cousue de fil blanc avant de prendre au final un sens toute autre. Une histoire qui fascine, mais porte parfois au bord d’un certain ennui. Phantom Thread est donc un film paradoxal. Cela lui donne tout son intérêt, mais fixe aussi ses limites. Celles d’un film que l’on peut aimer avec sa raison, plus difficilement avec son cœur. Mais pour une histoire qui parle autant de sentiments, on est en droit de le regretter.
Il n’en reste pas moins que Black Panther reste un film de héros dans la droite lignée des meilleures productions Marvel. On ne s’ennuie pas une seule seconde, la galerie de personnages est vraiment intéressante et le royaume du Wakanda nous réserve bien des surprises inattendues. L’équilibre entre action et avancée de l’intrigue est le bon. Ce film prouve une nouvelle fois la maîtrise et le réel savoir faire cinématographique de Marvel, qui continue de valoriser au mieux la richesse immense de l’univers des comics. Du coup, on a encore plus l’eau à la bouche en attendant Infinity Wars qui arrive fin mai.
Le Retour du Héros propose ne propose pas forcément un humour d’une subtilité débordante. Mais un humour efficace et qui fait rire. Si on ajoute à cela une galerie de personnages particulièrement savoureuses et un fil narratif qui titille quand même le spectateur quant à son dénouement, on passe au final un excellent moment. Aucun perte de neurone à l’horizon, mais des zygomatiques qui font un peu d’exercice. Au moment où un grand froid va déferler sur le pays, c’est loin d’être malvenu. On en redemanderait presque.
Ce n’est malheureusement pas la forme qui va sauver le Labyrinthe : le Remède Mortel. Les effets spéciaux sont efficaces, mais la réalisation sans relief ne nous met jamais en position d’en prendre plein les yeux. Il ne propose de toute façon rien que l’on ait déjà vu dans un des deux épisodes précédents. Quant à l’interprétation, elle est rendue poussive par des dialogues sans saveurs, dans des situations qui n’en proposent pas plus. Une fin particulièrement décevante donc pour une saga qui nous avait pourtant réellement séduit lors de ces deux premiers volets.
Xavier Legrand nous livre une leçon magistrale de cinéma pour son premier long métrage. Jusqu’à la Garde est un film totalement maîtrisé, où chaque plan, chaque élément à l’écran (et dans les enceintes) est pensé pour contribuer à créer cette ambiance qui deviendra de plus en plus pesante. Le travail sonore est entre autre totalement bluffant. Tout cela est au service d’une narration qui donne une parfaite idée du crescendo. Enfin, la distribution est remarquable et le couple Denis Menochet et Léa Drucker est étincelant dans deux rôles réellement exigeants. Grâce à eux, on ressort de ce film profondément secoué par un « spectacle » d’une intensité sidérante.
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