MOI, TONYA : 50 nuances de gris

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moitonyaafficheAu cinéma, il y a souvent des gentils et des méchants. Dans la vie, les choses sont généralement beaucoup plus compliquées, même si l’opinion aime beaucoup repeindre la réalité en noir et blanc. Une opinion qui, à une époque, avait fait de Tonya Harding une super-vilaine, elle qui avait cherché à abattre la super-héroïne Nancy Kerrigan. Moi, Tonya cherche à nous montrer que cette vision manichéenne n’est peut-être pas LA vérité. Si tant est que cette dernière existe.

Moi, Tonya a évidement une saveur particulière pour ceux qui se rappellent très bien de cette épisode de l’histoire du sport. Mais ce film peut séduire un public beaucoup plus large par l’originalité de la manière dont il traite son sujet. Certes, la figure de l’anti-héros est assez commune, mais rarement on n’aura poussé la logique aussi loin. La grande force de ce film est de ne pas chercher à rendre son personnage sympathique, mais juste à le sortir d’une vision simpliste. En lui donnant de l’épaisseur et une certaine complexité, le spectateur finit par changer le regard qu’il porte sur cette patineuse hors norme. A défaut de l’aimer, on se dit que c’est trop simple de juste la détester. Trop simple et sûrement trop injuste.

moitonyaMoi, Tonya arrive donc à être quelque chose d’autre qu’un simple biopic ou que le simple récit d’un événement ayant fait la une de l’actualité. La réalisation de Craig Gillepsie présente de vraies touches d’originalité pour en faire un film en tout point surprenant. Si on ajoute à cela l’énergie qui parcourt le film, on obtient un résultat réellement emballant. Le seul bémol… Margot Robbie livre une performance de première ordre, mais garde tout de même quelque chose de beaucoup plus gracieux que la vraie Tony Harding, malgré le mauvais goût de ses tenues. Comme quoi, l’habite ne fait jamais tout à fait le moine.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Clubhouse Pictures, MuckyChap Entertainment
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Craig Gillespie
Scénario : Steven Rogers
Montage : Tatiana S. Riegel
Photo : Nicolas Karakatsanis
Décors : Jade Healy
Musique : Peter Nashel
Durée : 120 min

Casting :
Margot Robbie : Tonya Harding
Sebastian Stan : Jeff Gilooly
Allison Janney : LaVona Golden
Julianne Nicholson : Diane Rawlinson
Paul Walter Hauser : Shawn
Caitlin Carver : Nancy Kerrigan
Bobby Cannavale : Martin Maddox

LADY BIRD : Wonderful Lady

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ladybirdafficheQuoi de mieux qu’un dimanche après-midi pluvieux pour aller au cinéma. Et dimanche dernier le fut particulièrement. Quoi de mieux surtout quand vous vous rendez dans une salle obscure non pas pour un, mais pour deux films merveilleux qui vous enchantent et vous font totalement oublier le temps qu’il fait. Après Call Me By Your Name, j’ai eu la chance dimanche dernier d’aller voir dans la foulée Lady Bird. La qualité de ce dernier m’a définitivement permis de passer une formidable après-midi cinématographique.

Lady Bird est un énième portrait d’adolescente un peu « différente ». Sujet assez classique mais qui peut donner le meilleur comme le pire. Vous l’aurez compris ici, il s’agit vraiment du meilleur. Un film tendre, drôle, féroce parfois, émouvant souvent. Un film de personnage, avec en creux cependant un portrait de la jeunesse et la société américaine, le tout dans un subtil et savoureux équilibre. Chaque élément, chaque sujet prend naturellement sa place à côté d’un autre pour que le scénario ne perde jamais en intérêt, ni en intensité.

ladybirdLady Bird n’est pas exempt de quelques clichés sur l’adolescence, mais il les exploite le plus souvent pour les tourner en dérision. Le film est surtout l’occasion de découvrir la jeune Saorise Ronan dans un premier rôle qu’elle occupe avec un réel talent et une jolie personnalité. A ses côtés, Laurie Metcalf, que l’on connaît surtout comme mère de Sheldon dans The Big Bang Theory, est également parfaite dans un rôle d’envergure. Elles contribuent toutes les deux à la réussite de ce joli film, riche, drôle et émouvant.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Greta Gerwig
Musique : Jon Brion
Photographie : Sam Levy
Montage : Nick Houy
Production : Scott Rudin, Eli Bush et Evelyn O’Neil
Durée : 93 minutes

Casting :
Saoirse Ronan : Christine « Lady Bird » McPherson
Laurie Metcalf : Marion McPherson
Tracy Letts : Larry McPherson
Lucas Hedges : Danny O’Neill
Timothée Chalamet : Kyle
Beanie Feldstein : Julie Steffans
Stephen McKinley Henderson : Père Leviatch
Lois Smith : Sœur Sarah Joan

CALL ME BY YOUR NAME : Rencontre universelle

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callmebyyournameafficheCall Me By Your Name n’a rien d’original. Ni dans son scénario, ni dans sa forme. Des thèmes que le cinéma évoque souvent, un dénouement finalement prévisible. Cependant, c’est bien d’un très beau film dont je vais vous parler. Certaines histoires peuvent être revisitées encore et encore, sans ne jamais donner l’impression que l’inspiration manque à celui qui s’en empare après tant d’autres. Deux êtres humains qui se rencontrent et qui vivent une histoire d’amour, rien n’est plus éculé. Pourtant, malgré tout, rien n’est plus sublime parfois.

La différence d’âge, l’homosexualité, au fond tout cela n’a pas tant d’importance. Bien sûr, ces éléments donnent à Call Me By Your Name son intérêt, mais la naissance du désir, les deux êtres qui se cherchent avant de se trouver, tout cela reste profondément universel. Luca Guadagnino a la réalisation, James Ivory au scénario parviennent cependant à traiter ce sujet avec une subtilité rare, explorant avec une force rare la profondeur des sentiments qui naissent lors d’une passion soudaine (ou presque) et irrépressible. Une dissection du cœur et de ses raisons pour un sublime cours d’anatomie.

callmebyyournameCall Me By Your Name ne s’arrête en plus pas là. Il nous livre quelques éléments scénaristiques supplémentaires. On retiendra notamment un dialogue père-fils proche de la fin du film qui marque fortement l’esprit du spectateur. On pourra simplement reprocher à ce film peut-être une longueur excessive. Un quart d’heure, voire même une demi-heure de moins et le film aurait éviter de voir la tension narrative de se dissiper quelque peu à certains moments. On reprend vite le fil certes, mais il est vrai que l’on décroche aussi parfois. Rien qui ne remette en cause cependant la beauté de ce film et la force de l’émotion qu’il dégage.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Frenesy Film, La cinéfacture, RT Features, Water’s End Productions, M.Y.R.A, MiBAC, Lombardia Film Commission
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Luca Guadagnino
Scénario : James Ivory, d’après le roman de André Aciman
Montage : Walter Fasano
Photo : Sayombhu Mukdeeprom
Décors : Samuel Deshors
Musique : Gerry Gershman, Robin Urdang
Durée : 132 min

Casting :
Timothée Chalamet : Elio
Armie Hammer : Oliver
Michael Stuhlbarg : Monsieur Perlman
Amira Casar : Annella
Esther Garrel : Marzia
Victoire Du Bois : Chiara
Vanda Capriolo : Anchiese
Peter Spears : Isaac
André Aciman : Mounir

LA FORME DE L’EAU : Amélie Poule d’Eau

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laformedeleauafficheIl y a des films qu’on aime autant que l’on s’y attendait, d’autre que l’on déteste sans aucune surprise. Des films que l’on apprécie alors qu’on en attendait rien. Et enfin des films qui nous déçoive alors qu’on aurait tant voulu les aimer. Parce que le thème nous parle, parce que l’on admire le réalisateur ou qu’on idolâtre les acteurs, parce que les critiques apparaissent unanimes. Qu’importe. Juste compte le fait que l’on se sent au final un peu trahi. Du coup, on a du mal à apprécier pleinement des qualités réelles, mais pas à la hauteur de ce que l’on attendait. C’est exactement ce que j’ai ressenti en voyant la Forme de l’Eau.

On m’avait prévenu, mais j’ai quand même été frappé par la première moitié de la Forme de l’Eau largement inspiré d’Amélie Poulain, au moins d’un point de vue formel. On peut y voir un hommage ou bien le signe d’un léger manque d’inspiration. Le soucis est qu’à côté de ça, je n’ai pas vraiment trouvé les personnages plus attachants que ça. C’est un peu trop forcé, un peu trop facile. Des personnages taillés pour être aimés (ou à l’inverse détestés) mais qui sont ainsi totalement lisses. Du coup, j’ai ressenti au moins autant d’indifférence que d’émotion en suivant les épreuves qu’ils vont traverser.

laformedeleauSi la seconde moitié va largement s’éloigner de l’œuvre de Jean-Pierre Jeunet, elle va nous conduire à un dénouement qui ne m’a pas non plus hyper enthousiasmé. Je n’ai pas vraiment de leçon de cinéma à donner à Guillermo Del Toro, mais j’aurais choisi une autre fin. Bref, le film n’a jamais réussi à m’emballer, bien qu’il reste un bel objet cinématographique, avec beaucoup de talents dedans. On retiendra en premier lieu la très belle performance de Sally Hawkins, dont la grâce ne peut pas non plus laisser totalement indifférent. Mais elle n’est pas suffisante pour faire de la Forme de l’Eau le grand et beau film qu’il aurait pu (dû) être.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Bull productions, Double Dare You, Fox Searchlight Pictures
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro, Vanessa Taylor
Montage : Sidney Wolinsky
Photo : Dan Laustsen
Décors : Paul D. Austerberry
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 123 min

Casting :
Sally Hawkins : Elisa Esposito
Michael Shannon : Richard Strickland
Richard Jenkins : Giles
Octavia Spencer : Zelda Fuller
Michael Stuhlbarg : Dr Robert Hoffstetler
Doug Jones : la créature amphibie
David Hewlett : Fleming
Nick Searcy : General Hoyt

L’APPARITION : Quêtes intérieures

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lapparitionafficheLe religieux et le mystique constituent deux bonnes sources d’inspiration pour les scénaristes. En effet, ils permettent facilement de placer facilement des personnages dans une position où il vont douter, ne sachant pas ce qui relève du miraculeux surnaturel et ce qui relève de la supercherie cherchant à abuser de la naïveté du croyant. L’Apparition exploite pleinement ce filon, qui constitue réellement le cœur de l’intrigue. Mais au final, le film dresse avant tout le portrait de ses protagonistes, avant de nous raconter une quête pour la vérité.

Le fil rouge narratif de l’Apparition reste bien pourtant la question du mensonge ou de la vérité. Mais il nous conduira à une explication finale assez décevante, qui nous fait dire « tout ça, pour ça ! ». Si cet aspect du scénario peut fasciner au début et nous permettre de rentrer dans l’histoire, on va vite décrocher pour mettre ça en second plan dans notre esprit. Le film aurait été d’une autre envergure avec un peu plus de consistance à ce niveau. On peut cependant respecter pleinement le choix de Xavier Giannoli de faire de son film, plutôt qu’un pseudo-polar, un film humaniste.

lapparitionEn effet, ce qui fait le réel intérêt de l’Apparition, c’est le portrait croisé du journaliste incrédule et traînant quelques lourds traumatismes et la jeune fille qui porte un poids chaque jour un peu plus démesuré sur les épaules. Deux personnages profondément dissemblables mais qui vont finir par tisser une relation singulière. C’est au final pour ça que l’on trouve ce film plutôt réussi et qu’il parvient à nous captiver jusqu’au bout. Plutôt que la recherche de la vérité factuelle, c’est bien chacune de leur quête intérieure dont on souhaite réellement connaître le dénouement. Le film n’a donc rien d’un nouveau Da Vinci Code, mais mérite en tout cas d’être vu.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Xavier Giannoli
Scénario : Jacques Fieschi, Xavier Giannoli et Marcia Romano
Décors : Riton Dupire-Clément
Costumes : Isabelle Pannetier
Photographie : Éric Gautier
Musique : Arvo Pärt et Georges Delerue
Son : François et Renaud Musy
Montage : Cyril Nakache
Production : Olivier Delbosc ; Émilien Bignon (associé)
Durée : 127 minutes

Casting :
Vincent Lindon : Jacques
Galatéa Bellugi : Anna
Patrick d’Assumçao : Père Borrodine
Anatole Taubman : Anton
Elina Löwensohn : Dr de Villeneuve
Claude Lévèque : Père Gallois
Gérard Dessalles : Stéphane Mornay
Bruno Georis : Père Ezéradot
Alicia Hava : Mériem
Candice Bouchet : Valérie

PHANTOM THREAD : Sentiments paradoxaux

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phantomthreadafficheIl est des films que l’on adore, d’autres que l’on déteste. Des sentiments clairs et tranchés. Mais d’autres encore ne vous laissent qu’une impression fugace et neutre. D’autres enfin font naître chez vous quelque chose de tangible et durable, mais indéfinissable. Positif ou négatif, dur de se décider et de répondre à cette question toute bête (et souvent insupportable) : alors, tu as aimé ? En tant que critique amateur, je me dois de répondre à cette question et même d’argumenter. Pour Phantom Thread, l’exercice sera particulièrement difficile.

D’un point de vue purement formel, on ne peut qu’être impressionné par la maîtrise totale et absolue de Paul Thomas Anderson. Mais même fait exprès, un grain d’image volontairement désuet comme celui de Phantom Thread peut rester un choix artistique assumé, mais dont l’intérêt ne saute pas aux yeux. De même une direction d’acteurs parfaite, sublimant le jeu sublime (c’est dire) d’un comédien et d’une comédienne habitant leur rôle comme rarement, ne garantit en rien que l’on va s’attacher aux personnages. L’admiration n’est définitivement pas l’amour. Ils n’ont rien d’incompatibles, mais l’un peut aller sans l’autre.

phantomthreadReste une histoire qui là aussi laisse sur une impression relativement indéfinissable. Une histoire d’amour qui ne ressemble que peu à une histoire d’amour. Une histoire qui semble cousue de fil blanc avant de prendre au final un sens toute autre. Une histoire qui fascine, mais porte parfois au bord d’un certain ennui. Phantom Thread est donc un film paradoxal. Cela lui donne tout son intérêt, mais fixe aussi ses limites. Celles d’un film que l’on peut aimer avec sa raison, plus difficilement avec son cœur. Mais pour une histoire qui parle autant de sentiments, on est en droit de le regretter.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Annapurna Pictures, Focus Features, Ghoulardi Film Company, Perfect World Pictures
Distribution : Universal Pictures France
Réalisation : Paul Thomas Anderson
Scénario : Paul Thomas Anderson
Montage : Dylan Tichenor
Photo : Paul Thomas Anderson
Décors : Mark Tildesley
Musique : Jonny Greenwood
Durée : 130 min

Casting :
Daniel Day-Lewis : Reynolds Woodcock
Vicky Krieps : Alma
Lesley Manville : Cyril Woodcock
Sue Clark : Biddy
Harriet Leitch : Pippa
Gina McKee : Comtesse Henrietta Harding
Brian Gleeson : Dr Robert Hardy
Harriet Sansom Harris : Barbara Rose
Julia Davis : Lady Baltimore

BLACK PANTHER : Un héros renversant

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blackpantherafficheLes amateurs peu éclairés des films Marvel ont pu se dire en voyant arriver Black Panther que les producteurs commençaient vraiment à consacrer des films à des super-héros de seconde zone. Mais s’ils pensent cela, c’est bien qu’ils sont des amateurs peu éclairés. En effet, le personnage reste un des piliers de cet univers et occupe une place singulière dans l’histoire de sa construction. Ce n’est donc que justice de lui consacrer un long métrage à lui tout seul. Surtout un long métrage aussi réussi.

Black Panther a fait beaucoup parlé de lui du fait de sa résonance avec une actualité beaucoup moins légère qu’un film de super-héros. Une actualité mais aussi en fait toute une histoire puisque ce super-héros a bien été crée avec une arrière pensée politique et sociale. Le film est en train d’avoir le même impact que la naissance de son alter-ego dessiné en 1966. En faire abstraction revient à passer à côté de l’essence même du personnage. Le renversement des valeurs (et des clichés) qui caractérisent ce film lui procure une saveur supplémentaire et donne quelque peu à réfléchir.

blackpantherIl n’en reste pas moins que Black Panther reste un film de héros dans la droite lignée des meilleures productions Marvel. On ne s’ennuie pas une seule seconde, la galerie de personnages est vraiment intéressante et le royaume du Wakanda nous réserve bien des surprises inattendues. L’équilibre entre action et avancée de l’intrigue est le bon. Ce film prouve une nouvelle fois la maîtrise et le réel savoir faire cinématographique de Marvel, qui continue de valoriser au mieux la richesse immense de l’univers des comics. Du coup, on a encore plus l’eau à la bouche en attendant Infinity Wars qui arrive fin mai.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Marvel Studios
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Ryan Coogler
Scénario : Ryan Coogler, Joe Robert Cole
Montage : Michael P. Shawver, Claudia Castello
Photo : Rachel Morrison
Musique : Ludwig Göransson
Durée : 135 min

Casting :
Chadwick Boseman : T Challa / Black Panher
Michael B. Jordan : Killmonger
Letitia Wright : Shuri
Lupita Nyong o : Nakia
Danai Gurira : Okoye
Winston Duke : M Baku
Daniel Kaluuya : W Kabi

LE RETOUR DU HEROS : Héros et héroïne

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leretourduherosafficheLe danger lorsque l’on confie un rôle de cabot à un acteur qui a une légère tendance à cabotiner, c’est que cela tourne vite au cabotinage. Mais les dangers sont parfois évités et le pire n’est jamais sûr. La bande-annonce du Retour du Héros pouvait facilement faire craindre le pire à ce niveau-là. Car malgré l’immense de talent de Jean Dujardin, sans une direction d’acteur un minimum ferme, il peut vite sombrer dans le n’importe quoi non contrôlé et horripilant. Il n’en est au final rien et on assiste avec plaisir à cette comédie légère et maîtrisée.

Certes, j’ai introduit ma critique du Retour du Héros en parlant de Jean Dujardin. Mais il serait pas impardonnable de lui associer dès ce second paragraphe Mélanie Laurent. Tout le monde (ou presque) connaît mon amour immense pour cette actrice qui transforme tous les films qu’elle tourne (ou presque) en or massif. Il serait impossible de dissocier ici ce duo autour duquel tout tourne et qui joue à la perfection, avec une réelle force comique, sans jamais en faire trop une seule seconde. Ils en font beaucoup certes, mais toujours à bon escient car c’est le rôle qui veut ça. Ils emplissent le film d’une énergie et d’un enthousiasme communicatifs.

leretourduherosLe Retour du Héros propose ne propose pas forcément un humour d’une subtilité débordante. Mais un humour efficace et qui fait rire. Si on ajoute à cela une galerie de personnages particulièrement savoureuses et un fil narratif qui titille quand même le spectateur quant à son dénouement, on passe au final un excellent moment. Aucun perte de neurone à l’horizon, mais des zygomatiques qui font un peu d’exercice. Au moment où un grand froid va déferler sur le pays, c’est loin d’être malvenu. On en redemanderait presque.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : JD Prod, Les films sur mesure
Distribution : Studiocanal
Réalisation : Laurent Tirard
Scénario : Laurent Tirard, Grégoire Vigneron
Décors : Françoise Dupertuis
Musique : Mathieu Lamboley
Durée : 90 min

Casting :
Jean Dujardin : Capitaine Charles-Grégoire Neuville
Melanie Laurent : Elisabeth Beaugrand
Noémie Merlant : Pauline
Féodor Atkine : Général Mortier-Duplessis
Evelyne Buyle : Madame Beaugrand
Christian Bujeau : Monsieur Beaugrand
Laurent Bateau : Monsieur Dunoyer

LE LABYRINTHE : LE REMEDE MORTEL : Triste fin

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lelabyrintheleremedemortelafficheIl trois sortes de trilogie. Celles, extrêmement rares, qui nous proposent trois épisodes de très grande qualité. Celles qui connaissent un coup de mou lors du deuxième épisode avant de rebondir avec éclat pour un final de toute beauté. Et enfin celles qui perdent peu à peu de leur intérêt au fur et à mesure avant de s’achever dans une totale médiocrité. Le Labyrinthe : le Remède Mortel prouve qu’i s’insère dans une saga qui appartient à ce troisième type. Un dénouement qui commence doucement avant de finir totalement à l’arrêt.

Le Labyrinthe : le Remède Mortel est typique des histoires dont les scénaristes ont écrit le début sans réellement penser à la fin. Cette histoire relativement passionnante pendant deux épisodes aboutit ici à une impasse. Si le point d’arrivée est somme toute assez logique, on y parvient en suivant un chemin sans imagination. Pas le moindre début de bonne idée pour relancer l’intérêt d’un récit qui devient du coup particulièrement poussif. Bref, une déception sur toute la ligne.

lelabyrintheleremedemortelCe n’est malheureusement pas la forme qui va sauver le Labyrinthe : le Remède Mortel. Les effets spéciaux sont efficaces, mais la réalisation sans relief ne nous met jamais en position d’en prendre plein les yeux. Il ne propose de toute façon rien que l’on ait déjà vu dans un des deux épisodes précédents. Quant à l’interprétation, elle est rendue poussive par des dialogues sans saveurs, dans des situations qui n’en proposent pas plus. Une fin particulièrement décevante donc pour une saga qui nous avait pourtant réellement séduit lors de ces deux premiers volets.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Production : Gotham Group, Temple Hill Entertainment, 20th Century Fox
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Wes Ball
Scénario : T.S. Nowlin, d’après le roman de James Dashner
Montage : Paul Harb, Dan Zimmerman
Photo : Gyula Pados
Décors : Daniel T. Dorrance
Musique : John Paesano
Durée : 141 min

Casting :
Dylan O’Brien : Thomas
Kaya Scodelario : Teresa
Thomas Brodie-Sangster : Newt
Ki Hong Lee : Minho
Will Poulter : Gally
Rosa Salazar : Brenda
Patricia Clarkson : Ava Paige
Dexter Darden : Frypan
Aiden Gillen : Janson

JUSQU’A LA GARDE : Sidérant

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jusqualagardeafficheL’année ne commence vraiment jamais tout à fait sans son premier grand film. Certes, j’ai lancé mes premiers bravos pour 3 Billboards, mais sans aller jusqu’à noter le film assez haut pour qu’il puisse figurer dans mon top de l’année. Ce sera bien le cas de Jusqu’à la Garde. Un film d’une force incroyable qui vous clouera à votre fauteuil. Rarement un film n’aura abordé un sujet aussi grave et aussi ancré dans le réel en produisant un tel effet sur le spectateur, sans que cela ne soit jamais gratuit.

L’angoisse est un sentiment plutôt associé aux films d’horreur. Aux sorcières dans le placard ou des fantômes griffus hantant les cauchemars des adolescents. Beaucoup plus près de nous, les cauchemars de certains sont peuplés d’inquiétudes nettement moins fantasmagoriques. Jusqu’à la Garde vous fera partager cette peur qui peut vous saisir sans avoir besoin pour cela de monstre ou de revenant. Il nous propose un récit brut, qui s’adresse avant tout au ressenti. Chacun en tirera une morale ou une conclusion, mais il aura de toute façon beaucoup de matière pour cela.

jusqualagardeXavier Legrand nous livre une leçon magistrale de cinéma pour son premier long métrage. Jusqu’à la Garde est un film totalement maîtrisé, où chaque plan, chaque élément à l’écran (et dans les enceintes) est pensé pour contribuer à créer cette ambiance qui deviendra de plus en plus pesante. Le travail sonore est entre autre totalement bluffant. Tout cela est au service d’une narration qui donne une parfaite idée du crescendo. Enfin, la distribution est remarquable et le couple Denis Menochet et Léa Drucker est étincelant dans deux rôles réellement exigeants. Grâce à eux, on ressort de ce film profondément secoué par un « spectacle » d’une intensité sidérante.

LA NOTE : 15,5/20

Fiche technique :
Production : K.G. Productions, France 3 Cinémas
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Xavier Legrand
Scénario : Xavier Legrand
Montage : Yorgos Lamprinos
Photo : Nathalie Durand
Décors : Jérémie Sfez
Durée : 93 min

Casting :
Denis Ménochet : Antoine Besson
Léa Drucker : Miriam Besson
Thomas Gioria : Julien Besson
Florence Janas : Sylvia
Mathilde Auneveux : Joséphine Besson