LE PONT DE LA RIVIERE KWAI ; Siffler en travaillant

lepontdelarivierrekwaiafficheLe Pont de la Rivière Kwaï constitue un moment important dans l’histoire de… la musique. En effet, il s’agit là de la première bande-originale vendue à des milliers d’exemplaires, avec en tête de pont (quel beau jeu de mots, non ?) La Marche du Colonel Bogey, sifflée par les soldats britanniques au début du film. Mais ce film est avant un des plus grands classiques de l’histoire du cinéma, qui avait raflé la même année les oscars du meilleur film, du meilleur scénario, du meilleur acteur, du meilleur réalisateur, de la meilleure photographie… et bien sûr de la meilleure musique.

En 1943, dans la jungle birmane, un régiment de soldats britanniques, capturés par les Japonais, est chargé de construire un pont ferroviaire au dessus de la rivière Kwaï. Le camp de prisonniers est dirigé par le Colonel Saïto, inflexible et pressé par sa hiérarchie de terminer le pont à temps. Mais le régiment est dirigé par un officier tout aussi inflexible, le Colonel Nicholson. Les deux hommes s’opposent à propos du travail des officiers, interdits par la Convention de Genève. Pendant, ce temps, le Commandant Shears, un Américain présent depuis longtemps dans le camp, réussit à s’en échapper pour, espère-t-il alors, ne jamais y revenir.

Le Pont de la Rivière Kwai est un des premiers « blockbuster » de l’histoire, c’est à dire un film à très gros budget au casting rempli de stars et aux scènes spectaculaires, programmé pour cartonner au box-office. Ah évidemment, nous sommes en 1957 et on est loin du déluge d’effets pyrotechniques numériques à la G.I.Joe. Mais la scène finale a longtemps constitué une des scènes les plus spectaculaires de l’histoire du cinéma…surtout quand on sait qu’elle a justement été réalisée sans trucage…

Mais si Le Pont de la Rivière Kwai est entré dans la légende du 7ème art, c’est pour bien plus que ça. C’est avant tout pour ses personnages légendaires, au premier rang desquels figurent l’inflexible Colonel Nicholson, interprété par un Alec Guiness qui a tenu là le rôle de sa vie (non, ce n’est pas celui d’Obi-Wan Kenobi ! qu’il a d’ailleurs détesté). Et ce n’est pas peu dire. Personne n’oubliera jamais son « what I have done » final, qui surpasse de loin celui d’Hayden Christensen dans La Revenge des Sith (ok, j’arrête là les parallèles avec Star Wars).

lepontdelarivierekwaiSi le Pont de la Rivère Kwaï reste un des films de guerre les plus célèbres, c’est avant tout un formidable témoignage contre la connerie humaine dans tout ce qu’elle peut avoir de destructrice et de génocidaire, même parfois pavée des meilleures intentions. D’ailleurs, à part la séquence finale, ce film parle avant tout du sort des hommes qui font la guerre, bien plus que des combats en eux-mêmes. Le Colonel Nicholson est un des premiers anti-héros de l’histoire du cinéma et restera un des personnages les plus ambigus qu’Hollywood, qui nous habitue plutôt au manichéisme, est fait naître.

Le Pont de la Rivière Kwaï est donc un de ses chefs d’œuvre intemporels qui n’ont pas pris une ride, ni perdu une once de leur force.

Fiche technique :
Titre : Le Pont de la rivière Kwaï
Titre original : The Bridge on the River Kwai
Réalisation : David Lean
Scénario : Carl Foreman et Michael Wilson, d’après le roman éponyme de Pierre Boulle
Musique : Malcolm Arnold, interprété par le Royal Philharmonic Orchestra
Direction artistique : Donald M. Ashton
Construction monumentale : Peter Dukelow
Costumes : John Apperson
Maquillage : Stuart Freeborn et George Partleton
Photographie : Jack Hildyard
Ingénieurs du son : John Cox et John Mitchell
Montage : Peter Taylor
Montage sonore : Winston Ryder
Sociétés de production : Columbia Pictures Corporation et Horizon Pictures, Ltd
Producteur : Sam Spiegel
Budget : 3 000 000 $
Format : Couleurs (Technicolor) – 2,55:1 (CinemaScope) – Mono (RCA Sound Recording) – 35 mm
Genre : Guerre
Durée : 161 minutes (2 h 41)
Pays d’origine : Royaume-Uni et États-Unis
Langue : Anglais, japonais, thaï
Dates de sortie :
Royaume-Uni : 2 octobre 1957
États-Unis : 18 décembre 1957 (New York)
France : 25 décembre 1957
Box-office :
États-Unis : 33,3 millions $
France : 13 481 000 entrées

Casting :
William Holden : Commandant Shears
Alec Guinness : Colonel Nicholson
James Donald : Major Clipton
Jack Hawkins : Major Warden
Geoffrey Horne : Sous-Lieutenant Joyce
Sessue Hayakawa : Colonel Saïto
André Morell : Colonel Green
Peter Williams : Capitaine Reeves
John Boxer : Major Hughes
Percy Herbert : Grogan
Harold Goodwin : Baker
Ann Sears : L’infirmière

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