SLUMDOG MILLIONAIRE : Du cinéma, du vrai !

slumdogmillionaireafficheQuand on aime réellement le cinéma, on aime voir des films. Mais, me direz-vous, on en voit à chaque fois que l’on se rend dans une salle obscure. Non, car ici je parle de vrais moments de cinéma. D’images, de musiques, de sons, de couleurs, d’intrigue, de rythme, d’acteurs, de spectacle, de rebondissements, de mouvements de caméra et le tout à chaque image ! Du cinéma donc, pas des téléfilms à gros budgets, pas du théâtre filmé… Non, du cinéma ! Et bien ce genre de plaisir est un plaisir plus que rare, que l’on ne ressent guère plus qu’une dizaine de fois par an. Et personne ne contestera que c’est exactement ce que l’on ressent à la vue de Slumdog Millionnaire, le nouveau film de Danny Boyle.

Jamal n’est qu’un enfant des bidonvilles, qui sert le thé aux employés d’un centre d’appels. Alors lorsqu’il est sur le point de remporter plusieurs millions de roupies à la version indienne de « Qui veut gagner des millions ? », d’un côté il déchaîne l’enthousiasme des spectateurs, mais de l’autre il éveille la suspicion de la police. Cette dernière l’embarque et utilise une technique d’interrogatoire musclée pour lui faire admettre qu’il a triché. Mais à la place de ça, elle aura le droit au récit de la vie de Jamal dans le monde impitoyable des bidonvilles indiens et des circonstances qui lui ont permis de connaître les réponses aux questions qu’on lui a posées.

On cite souvent Slumdog Millionnaire comme le favori pour la prochaine cérémonie des Oscars. Personnellement, je serai vraiment ravi qu’il obtienne la récompense suprême, ce qui constituerait un évènement historique, puisque ce film est un film anglais. Mais c’est un tel choc visuel, un tel bonheur scénaristique que cela serait pleinement mérité. On retrouve ici la force que Danny Boyle avait su faire passer dans Trainspotting. Il prouve ici que son empreinte dans l’histoire du 7ème art ne se résumera pas à un seul film. C’est la confirmation d’un talent immense et rare, qui prend ici toute son ampleur.

Passionnant, beau, prenant, enthousiasmant, magnifique, riche, puissant… parler de Slumdog Millionnaire peut vite ressembler à un concours de superlatifs. Il est même difficile de retranscrire le bonheur que procure ce film, tant il s’agit d’une oeuvre réellement originale, difficilement classable et ne ressemblant à rien de déjà vu. Il y’a tout autant de Ken Loach que de John Woo dans ce film. On ne retrouve une telle maîtrise technique dans tous (mais alors tous !) les aspects d’un long métrage chez des grands maîtres comme Stanley Kubrick ou Quentin Tarantino.

slumdogmillionaireDe la profondeur et du spectacle sont donc les deux piliers du succès de Slumdog Millionnaire. Un propos social très fort, sur la violence et la lutte pour la survie dans les bidonvilles indiens. L’histoire de deux orphelins livrés à eux-mêmes qui vont devoir grandir avant l’heure pour échapper à un destin tragique. Une histoire d’amour qui est peut-être l’élément le moins original de ce film, mais qui donne un sens et un fil directeur à l’histoire. Enfin, une mise en image sublime, dont j’ai déjà longuement parlé.

Un mot enfin sur les acteurs de ce film. On a beaucoup parlé de Dev Patel, qui a été propulsé d’un coup au rang d’icône mondiale. Mais le reste de la distribution n’est pas en reste. On retiendra évidemment la sublime (le mot est faible) Freida Pinto, qui prouve une nouvelle fois que les plus belles femmes du monde sont indiennes. Mais on félicitera surtout l’ensemble des enfants qui interprètent les personnages à des âges diverses. Ils jouent tous avec une justesse remarquable, un talent qu’envieraient la plupart des acteurs « adultes », même quand il s’agit de nous transmettre les sentiments les plus extrêmes.

Slumdog Millionnaire est donc un film… Une phrase qui passe pour une évidence à première vue, mais qui, en faire, résume parfaitement le bonheur absolu que représente ce film.

Fiche technique :
Production : Pathe pictures, FilmFour, Celador films
Distribution : Pathe distribution
Réalisation : Danny Boyle
Scénario : Simon Beaufoy, d’après le roman de Vikas Swarup
Montage : Christopher Dickens
Photo : Anthony Dod Mantle
Décors : Mark Digby
Musique : A.R. Rahman
Durée : 120 mn

Casting :
Dev Patel : Jamal
Anil Kapoor : Prem
Irrfan Khan : L inspecteur
Madhur Mittal : Salim
Freida Pinto : Latika
Saurabh Shukla : Le sergent 

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