LE HUITIEME SORTILEGE (Terry Pratchett) : Quand les Monty Python couchent avec Tolkien

lehuitiemesortilegeLes annales du Disque-Monde constituent une des séries les plus célèbres du monde de l’heroic fantasy. Par sa qualité tout d’abord, mais surtout pour son ton unique et inimitable. En effet, les annales du Disque-Monde sont parmi les livres les plus hilarants jamais écrits. L’absurde et le 27ème degré sont présents à toutes les pages. Le 8ème sortilège est le deuxième tome de cette étonnante saga (donc chaque tome peut être lu indépendamment).

Le Disque-Monde est menacé de destruction. Pour les sauver, les 8 sortilèges originels doivent être invoqués en même temps. Le problème est que le 8ème s’est retrouvé par accident dans la tête du plus mauvais sorcier de l’histoire, Rincevent. Accompagné de Deux-fleurs, de son bagage (les adeptes de la série comprendront !) et de Cohen le Barbare, il s’en va donc pour sauver le monde…

Le Disque-Monde est dans la forme l’antithèse absolue du Seigneur des Anneaux. Ceux que ce dernier ennuie profondément (pauvres d’eux !) trouveront peut-être ici une bonne, que dis-je une très bonne raison, de se réconcilier avec l’heroic fantasy. En fait, cette lecture est à conseiller au moins autant aux fans des Monty Python. D’ailleurs, le fait que tout ce petit monde soit britannique n’est pas non plus complètement un hasard. Terry Pratchett a su mixer les deux influences pour former ce cocktail détonnant.

Même si Rincevent, comme précédemment mentionné, était à la magie ce que la bicyclette est au bourdon, il bénéficiait tout de même d’un privilège accordé aux hommes de l’art : à l’heure du trépas, ce serai la Mort elle-même qui viendrait réclamer son dû (au lieu de refiler le boulot à une personnification anthropomorphique et mythologique d’échelon inférieur, comme c’est souvent le cas) Ce petit extrait est un excellent exemple de l’humour de Pratchett. Le livre regorge de métaphores, de détails, de remarques, d’aparté, qui ne font pas avancer l’intrigue mais nous plie souvent en deux. Il y’a une imagination dans l’écriture que je n’ai trouvé que chez un Frédérique Dard, dans un style très différent. Créer un monde délirant est déjà une grande preuve d’imagination, mais le décrire avec une écriture aussi créative tient du prodige !

Mais à côté de ça, il y’a une vraie intrigue. Bien sûr, tout cela n’apparaît parfois que comme un prétexte aux délires de l’auteur, mais elle est bien réelle, construite et pleine de rebondissements. Disons-le tout net, le suspense n’est pas insoutenable, mais là encore, on prend plaisir à voir où l’imagination de l’auteur va nous conduire. Et ce n’est pas toujours là où on s’attendait, même si la trame narrative est sans doute ce qu’il y’a de plus classique dans Le Huitième Sortilège.

Le seule reproche que l’on peut peut-être formuler à l’encontre du Huitième Sortilège est peut-être que toutes les qualités que je viens de citer précédemment sont tellement présentes qu’elles pourraient en lasser certains. Personnellement, j’en redemande, mais je peux comprendre que certains trouvent que c’est un peu « too much ». Nous pourrons donc disserter sur ce sujet passionnant : trop d’humour tue-t-il l’humour ?

Les Annales du Disque-Monde sont un univers que je pénètre à peine puisque je n’ai pour l’instant lu que les deux premiers volets. Mais avec le Huitième Sortilège, je comprends déjà pourquoi elle connaît un tel succès !

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