LA DAME DE BERLIN (Franck et Vautrtin) : Un héros est né

ladamedeberlinCréer un personnage que l’on souhaite voir jouer les héros d’une série qu’elle soit littéraire, télévisuelle ou cinématographique est toujours un exercice délicat. Si on se plante, la série est morte-née. Il faut savoir faire naître chez le lecteur-téléspectateur l’envie de le retrouver pour de nouvelles aventures. La Dame de Berlin est le premier tome de celles de Boro, reporter-photographe. Le personnage est parfaitement réussi. Ses aventures un tout petit peu moins…

En 1931, Blémia Borowicz est un jeune assistant-photographe de 20 ans. S’il rêve de devenir grand reporter, il rêve surtout de conquérir Maryka, sa belle cousine, devenue star de cinéma dans une Allemagne, marquée par la montée du nazisme. Pour cela, il se rend à Munich. Les retrouvailles sont chaleureuses, mais l’amour qu’il recherche ne sera pas au rendez-vous. Mais avant de partir, il la prend en photo avec en arrière-plan un homme qui fait vite part de sa fureur. Les deux jeunes gens se moquent de lui, mais vont vite découvrir que ce cliché pourrait avoir des conséquences d’une ampleur inattendue.

Boro est l’archétype du héros ayant pour seule arme son talent, son culot et son insolence. Il énerve autant qu’il séduit les personnes qu’il croise. Mais pour le lecteur, c’est de très loin la séduction qui domine. Il se dégage de lui une fraîcheur et une sympathie des plus réjouissantes. Un vrai personnage romanesque et ça tombe bien puisque la Dame de Berlin est un roman. La vie est bien faite parfois !

Malheureusement, l’intrigue quant à elle souffre de quelques faiblesses. Les aventures de Boro se veulent dans la lignée des romans populaire type Arsène Lupin ou Fantômas. C’est vrai que la Dame de Berlin possède un réel charme un peu désuet tout à fait savoureux. Mais l’histoire a un peu de mal à passionner et ce sont les numéros de charme de Boro qui maintient l’intérêt du lecteur à flots. A vouloir nos offrir une histoire riche et étoffé, Franck et Vautrin éloignent trop souvent l’intrigue de ce qui en constitue le cœur, la relation entre Boro et sa cousine. On se demande souvent où l’histoire va nous mener, et même s’il finit par nous ramener le long du fil rouge de ce roman, on regrette ce détour pas forcément utile.

Dan Franck et Jean Vautrin nous offrent par contre une plume très agréable à suivre. Là aussi, il y’a une réelle volonté de recréer le style des romans « populaires » avec un style direct et assez peu de description. Il y’a beaucoup de vie dans leur écriture et, du coup, dans leurs personnages. Ceci explique notamment qu’ils soient très réussis. La Dame de Berlin se lit donc assez facilement, tel un roman de gare, mais avec une qualité littéraire bien supérieure.

La Dame de Berlin est loin d’être un mauvais roman. Il donne même envie de connaître la suite des aventures de son personnage principal. Mais bon, il laisse tout de même une impression d’une œuvre pas tout à fait aboutie, qui est certes divertissante mais qui aurait pu être facilement réellement passionnante.

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