BATTLEFIELD (Ez3kiel) : Varié, mais lancinant, lancinant, mais varié

battlefieldez3kielDepuis quelques temps, j’ai commencé à noter dans un coin (enfin techniquement un fichier Excel) les titres des albums recevant une bonne critique dans Télérama. Il s’agit pour la plupart de groupes dont je n’avais jamais entendu parler. Mais bon, comme je suis un aventurer qui n’a peur de rien, je me suis lancé et ai commencé à écouter ce que tout cela pouvait donner.

J’ai donc commencer par Ez3kiel et leur album Battlefield. Contrairement aux apparences, ce groupe est originaire de Tours et donc bien de chez nous ! Mais comme leur musique est essentiellement instrumentale, cela importe peu de toute façon.

Si ce groupe est généralement rangé dans le rayon « électro », ce classement est tout à fait réducteur. Si on devait coller une étiquette, cela pourrait plutôt être musique expérimentale, tant on sent chez eux une volonté d’explorer l’ensemble de l’univers musical, en se souciant bien peu de la barrière entre les genres. Mais le terme qui pourrait vraiment définir cette album serait en fait le terme d’inclassable.

Mais Battlefield possède une énorme qualité et un immense défaut, qui pourraient sembler contradictoires à première vue, mais qui ne s’exercent pas à la même échelle. Cet album est incroyablement varié, dans le sens où beaucoup de styles sont abordés. Il est donc particulièrement riche et va de la musique électronique proprement dite au métal ou au hip-hop. C’est donc quelque chose que j’aurais vraiment pu apprécier sans un revers à cette médaille.

Si les morceaux ne se ressemblent pas les uns les autres, ils sont quasiment tous hyper lancinants. La variété ne se retrouve pas à l’intérieur des morceaux qui sont déséspérément monocordes. Chaque titre correspond à une idée différente mais Ez3kiel ne semble pas avoir cherché à jouer autour de chacune d’elle, se contentant d’en faire un morceau généralement assez long mais dont on décroche après la première minute.

Une autre impression que laisse la plupart des morceaux de Battlefield est celui d’entendre une musique de film. Je n’y vois ni une qualité, ni un défaut, mais c’est vraiment récurent d’une plage à l’autre. C’est sans doute le côté instrumental qui veut ça, mais pas seulement. Mais cela renforce la sensation qu’il s’agit là vraiment d’une musique de fond, qui a toute sa place dans un second plan, mais qui ne s’écoute pas pour elle-même.

Je reste donc sur une impression plutôt mitigée concernant Battlefield. Musicalement très intéressant, son potentiel est trop sous-exploité pour vraiment être enthousiaste.

Faisons un peu le tour des morceaux qui compose l’album.

1.Adamantium
Un morceau instrumental qui met dans l’ambiance de l’album. La batterie martèle derrière une instrumentation lourde et lancinante

2.Volfoni’s revenge
Un titre qui crée une ambiance étrange et fascinante. Assez envoûtant et très long, il est l’un des morceaux qui ressemble vraiment à une musique de film

3.Spit on the ashes
Un des rares morceaux avec des paroles chantées. Une voix grave et profonde à la Nick Cave répond à des voix mêlées beaucoup plus hautes et claires. Mais le résultat demeure lancinant malgré tout.

4.Coal Flake
Un petit intermède de moins de deux minutes

5.The Wedding
Les sonorités se font cette fois plus cuivrées, mais le résultat reste toujours aussi monotone

6.Break Or Die
Un morceau de fusion entre électro et métal, très caractéristique du style du groupe

7.Alignment
Morceau de hip-hop qu’on ne s’entend pas à voir ici. A l’image de l’album : déconcertant

8.Lull
Un morceau qui ressemble vraiment à un générique de fin, avec comme fil rouge musical le son d’une boîte à musique

9.Firedamp
Grand n’importe quoi musical, qui sert de court intermède

10.The Montagues and the Capulets
Un morceau aux sonorités beaucoup plus classiques, sonnant comme un orgue de barbarie, accompagné de percussions

11.Wagma
Morceau enregistré comme si le groupe jouait loin des micros. Effet sonore original, mais sans plus.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.