THE EVANGELIST (Robert Forster) : Dylan dans le bush

theevangelistrobertforsterA la lecture de la page Wikipedia consacrée à Robert Forster, vous apprendrez qu’il est venu à la musique, influencé par Bob Dylan… Et bien, sans avoir dix ans d’étude de musicologie derrière soi, il suffit d’écouter une seule chanson de The Evangelist pour en être intimement convaincu.

Robert Forster est donc un « song writer » folk dans la plus pure tradition du genre. D’ailleurs, je vous conseille d’aimer ce type de musique avant de vous aventurer à écouter cet album car il est réellement sans surprise, mais pas sans qualités.

Robert Forster, c’est avant tout une voix grave, chaude et un peu éraillée. D’ailleurs, la parenté avec Dylan est là aussi patente. Elle est plus ou moins bien mise en valeur selon les chansons, mais en forme toujours l’élément le plus important. Les accompagnements sont généralement assez simples, à la guitare dans la plupart des cas ou au piano pour From Ghost Town. L’image du chanteur se baladant avec sa guitare dans le dos n’est pas loin et certains des morceaux s’imaginent parfaitement chantés autour d’un feu de camp dans le bush australien (patrie de Robert Forster).

Les mélodies vont du pop-folk au country-folk. Vous me direz, ça ne va pas très loin. Certes, The Evangelist ne se démarque ni pour son originalité, ni même sa variété, même si les mélodies alternent les airs tristes et les plus guillerets. On est dans le plus pur respect d’une tradition et d’un genre. Mais le plupart des morceaux que comporte cet album valent le coup d’être écoutées. Ce dernier ne deviendra peut-être pas un album de chevet, mais pourra accompagner les envies de mélodies simples et de grands espaces. La seule chanson où l’instrumentation est plus élaborée, Don’t touch Anything, n’est d’ailleurs certainement pas la plus intéressante. On lui préférera Evangelist, peut-être la plus épurée, mais certainement celle qui fait le plus se dresser l’oreille du mélomane. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant qu’elle constitue la chanson titre de l’album.

On peut toujours s’interroger sur l’intérêt d’un chanteur qui fait du Dylan sans tout à fait être Dylan. Mais bon, dans ce cas-là, on n’écouterait plus grand chose ! Je ne connaissais pas Robert Forster avant d’écouter cet album. Il ne me donne pas forcément envie de me ruer sur sa discographie complète, mais je suis heureux de compléter ma discothèque avec un album au son différent du son pop-rock formaté que l’on entend désormais partout (y compris chez moi, j’avoue…).

The Evangelist est donc un album fait pour tous les amoureux du folk à la Dylan. Les autres pourront se laisser charmer par quelques mélodies qui si elle ne valent peut-être pas le voyage, valent tout de même le détour.

Faisons le tour des titres de cet album :

1.: If It Rains
Une chanson aux accents tristes, où Robert Forster pousse un peu la voix façon country.

2.: Demon Days
Un morceau beaucoup plus doux et mélodieux, qui sonne presque comme une berceuse

3.: Pandanus
Un son plus pop pour ce titre, mais le résultat est plutôt sympa.

4.: Did She Overtake You
Une chanson sans grand relief

5.: Evangelist
Un titre à l’instrumentation minimaliste, mais la voix a ici assez de relief pour se suffire à elle-même.

6.: Let Your Light In Babe
Un morceau country-folk gai et entraînant

7.: Place To Hide Away
Une chanson douce qu’on croirait chantée au coin du feu

8.: Don’t Touch Anything
Le morceau à l’instrumentation la plus élaborée, mais le résultat n’est pas forcément le plus intéressant

9.: It Ain’t Easy
Une chanson guillerette, aux accents très country

10.: From Ghost Town
Le morceau le plus sombre et le plus triste de l’album, le seul accompagné au piano.

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