STARPLEX (Robert J. Sawyer) : Le charme des différences culturelles

starplexLa rencontre de l’humanité avec des races extra-terrestres est un des sujets les plus classiques de la science-fiction. C’est aussi le cas pour Starplex, un roman de Robert J. Sawyer. L’avantage de ce genre de récit est qu’il permet à l’auteur de laisser libre court à son imagination. Alors même sans être original, ce livre nous permet de passer un bon moment, non dénué de surprises.

En 2096, les quatre races intelligences connues de la Voie Lactée se sont organisées au sein du « Commonwealth », à savoir les Ebis, les Waldahuds, les humains et… les dauphins. Keith Lansing dirige le Starplex, un vaisseau spatial dont la mission est d’établir un lien avec des races encore inconnus. Mais la cohabitation entre les différentes races, aux mœurs et philosophie très diverses, n’est pas toujours facile. Aussi bien au sein du vaisseau qu’au sein du Commonwealth.

Starplex est donc réellement de la pure science-fiction et ne séduira guère en dehors des amateurs du genre. Pourtant, le grand intérêt de ce roman n’est pas tant les vaisseaux, les batailles spatiales ou les voyages hyperspatiaux. Le vrai ressort de l’intrigue, et ce qui fait son intérêt, ce sont les tensions permanentes liées aux différences culturelles entre les différents protagonistes de cette histoire. On aurait donc pu l’imaginer dans un contexte totalement humain. Dans un contexte de science-fiction, l’auteur a pu évidemment s’affranchir de toutes contraintes de vraisemblance et s’en donner à cœur-joie. Ceci constitue une vraie réussite et donne beaucoup de plaisir au lecteur.

Heureusement, car à côté de ça, les autres aspects de ce roman sont nettement plus moyens. Oh jamais rien de catastrophique, mais pas de petite flamme. Les passages plus tournés vers l’action se laissent lire, mais on a déjà vu mieux ailleurs. C’est vraiment dans ces moments là où Starplex ne brille pas particulièrement par son originalité. Le roman fait également une petite place aux « paradoxes temporels », là encore un grand classique de science-fiction, traité ici avec clarté (ce qui est loin d’être toujours le cas dans beaucoup d’autres œuvres du même genre), mais sans réel génie.

La plume de Robert J. Sawyer n’a non plus rien d’inoubliable. On pourra lui reconnaître une grand fluidité, une clarté indéniable, mais on n’est pas non plus devant de la très grande littérature. L’écriture est ici vraiment un support, non un outil d’expression en lui-même. Ce n’est pas forcément ce que l’on demande à une telle œuvre, mais tout cela contribue à faire de Starplex un sympathique divertissement sans grande envergure.

Starplex est donc un roman dont la trame est réussie, mais qui n’a pas été assez étoffée. Il lui manque cette part de rêve que doit inspirer toute œuvre de science-fiction, qui par définition, peut nous faire voyager loin et sans entraves. L’imagination de Robert J. Sawyer apparaît ici comme trop bridée pour vraiment nous enthousiasmer. L’auteur semble s’être contenté de nous servir une histoire qui ne pouvait que fonctionner par son classicisme, mais qui se condamne à ne pas être inoubliable. Mais encore une fois, ça se laisse lire avec plaisir quand même.

Pour les fans de science-fiction uniquement donc.

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