BLADE RUNNER 2 (K.W. Jeter) : De la suite dans les idées

bladerunnner2Ce dont je vais vous parler ici, Blade Runner 2, est un livre, mais qui est la suite d’un film, et non d’un livre qui porte pourtant désormais le même nom que le film alors qu’il n’y a en fait aucune raison à cela… Ok, je vois bien que vous n’avez rien compris. Je reprends donc. Le Blade Runner 2 de K.W. Jeter est bien la suite du scénario du film de Ridley Scott et non de Les Androïdes Rêvent-ils de Moutons Electriques ?, le roman original de Philip K. Dick, où le mot blade runner n’est jamais prononcé (bien qu’il soit désormais vendu sous ce nom, ma bibliothèque peut en témoigner). Une démarche que l’on peut juger un peu étrange et commerciale, mais qui donne au final un roman plutôt bon.

Rick Deckard a fui Los Angeles et s’est réfugié dans les forêts de l’Oregon avec Rachael, la réplicante dont il est amoureux. Mais les jours de cette dernières sont comptés et elle vit la majorité du temps en stase dans son cercueil. Une équipe de la Tyrell Corporation finit par le retrouver et le ramène de force sur les lieux de ses anciens « exploits ». En effet, il n’avait pas tout à fait achevé sa mission puisqu’un sixième réplicant court encore.

Disons le tout net, K.W. Jeter n’est ni Philip K.Dick (dont il fut proche), ni Ridley Scott. On est là face à de la bonne science-fiction, mais de la science-fiction de base. Il faut donc éviter tout comparaison avec les deux œuvres cultes dont il est issu. On peut toujours évoquer un manque de respect envers une œuvre majeure, cela serait tout à fait compréhensible chez les vrais fans, mais j’en ferai abstraction ici.

Blade Runner 2 ne possède pas la dimension « réflexions existentielles » des œuvres originales. C’est notamment ça qui en fait un livre plus basique, moins intéressant, mais ce n’est pas sûr qu’il y’aurait eu un grand intérêt à en remettre une deuxième couche à ce niveau-là. Elles ne sont pas tout à fait absentes, mais ne constituent qu’une très fine toile de fond. Le récit est beaucoup plus tourné vers l’action, un peu, mais surtout sur les interrogations concernant la nature réelle des personnages.

Aucun personnage de Blade Runner 2 n’échappe aux doutes soit sur sa vraie nature (qui est le sixième réplicant ?), soit sur ses intentions réelles (qui serait derrière un éventuel complot visant à éliminer les blade runners ?). Le tout est construit avec intelligence et maintient l’intérêt du lecteur de bout en bout. Le dénouement est clair, surprenant, bien amené, bref du bon boulot de la part de K.W. Jeter. De plus, sa plume n’est pas désagréable et laisse une large part aux dialogues, ce qui rend le récit très vivant. Encore une fois, il n’y a pas de quoi crier au génie, mais rien à reprocher non plus.

Blade Runner 2 se situant dans un univers déjà connu, il n’est pas alourdi par les descriptions. Cela contribue à l’aspect vivant du récit, que j’ai déjà évoqué, mais les vrais amateurs de science-fiction trouveront ça peut-être un frustrant du coup. On pourra regretter également que du coup, K.W. Jeter n’arrive pas tout à fait à créer la même ambiance sombre et pesante que dans les œuvres d’origine. Mais chaque auteur à son style et l’imitation  n’est pas vraiment la forme la plus intéressante de création.

Blade Runner 2 n’est pas le roman du siècle et s’adresse surtout à ceux qui ont vu le film et sans être des fans jusqu’auboutiste… Ca fait beaucoup de conditions, mais faisant partie de ce public là, je ne regrette pas une seconde ma lecture.

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