SANS ESPOIR DE RETOUR (David Goodis) : Un roman noir vif et nerveux

sansespoirderetourSans Espoir de Retour est un pur roman noir. Son auteur, David Goodis, est d’ailleurs un habitué du genre, puisque sa bibliographie compte également Le Casse ou Tirez sur le Pianiste, les cinéphiles apprécieront. Il est aussi et avant tout un auteur talentueux et ce roman est là pour le prouver.

Eugène Lindell erre dans les rues de Porto Rico, après avoir étanché sa soif avec des aussi paumés que lui. Il entend alors un flic mourant appeler à l’aide dans une ruelle. Il se précipite vers lui pour l’aider mais le policier décède alors qu’il se tient à ses côtés. C’est alors que deux de ses collègues surgissent, pensant l’avoir pris en flagrant délit. Il l’emmène alors au commissariat du quartier où Eugène comprend vite qu’il va être passé à tabac, ou même bien pire. Il saisit alors l’occasion de s’enfuir, tout en sachant que cela sera pris pour un aveu de culpabilité.

Sans Espoir de Retour ravira les amateurs du genre. Le roman est court, nerveux et bien entendu très sombre. Rien de très original, si ce n’est une construction du récit réellement remarquable. David Goodis nous livre peu à peu des éléments sur son personnage principal, changeant ainsi le regard que l’on porte sur lui. Ainsi, il enrichit surtout une intrigue qui semblait presque minimaliste à la base. Ce paumé ne vient pas de nulle part et son passé le rattrapera de manière inattendue.

Ceci nous amène à un attachement progressif et croissant envers le personnage de… Les premières pages nous laissent relativement indifférents à son sort, même si ce qui lui arrive est particulièrement injuste. Mais peu à peu, le tableau prend de l’épaisseur et on commence à vraiment comprendre ce qui l’anime. Le point de départ de l’intrigue ne devient plus qu’une anecdote, un simple fil rouge d’une histoire beaucoup plus large. Cela permet au lecteur de rentrer progressivement, mais profondément, dans Sans Espoir de Retour.

L’écriture de David Goodis est typique des auteurs du genre, sans fioriture. La longueur du livre est là pour le prouver. On est là proche du format roman de gare dont la lecture ne devait pas prendre plus de temps que celui d’un voyage en train. Mais la qualité de l’écriture est toute autre dans Sans Espoir de Retour. On est là face à une œuvre littéraire, pas un roman pondu à la chaîne. Pas de quantité, mais de la qualité donc.

Comme souvent dans ce genre de roman, Sans Espoir de Retour nous offre une large galerie de seconds rôles hauts en couleur. Cette plongée dans les bas-fonds de Porto Rico nous amène à rencontrer nombre de personnages que l’on est heureux de ne croiser que par écriture interposée. Mais… croisera aussi quelques âmes charitables, même si la misère conduit tous ces personnages à penser avant toute autre chose à leur propre survie. C’est là le fondement même du roman noir, un genre littéraire qui nous montre l’humanité sous son jour le plus sombre… Vous me direz, si cela en était autrement, on aurait dénommé ce genre littéraire différemment.

Sans Espoir de Retour n’est donc pas un chef d’œuvre indispensable, mais ravira tous les amateurs de roman noir vif et nerveux.

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