REVES DE GUERRE : Excellente fantasy gauloise

revesdeguerreSi la littérature fantasy est largement dominée par les auteurs anglo-saxons, il existe quelques irréductibles gaulois pour faire vivre magie, dragons et autres épées enchantées. Thomas Day est de ceux-là (et peut-être moi aussi, si un jour, par miracle, je finissais mon roman…). Rêves de Guerre est une de ses premières œuvres, sortie en 2002. Je n’en ai encore lu aucune autre, mais, en tout cas, cette première donne envie de s’y mettre au plus vite.

N’Kahn Hadessa est le maître d’armes du royaume de Haäsgard. Agé de plus de dix mille ans et d’allure monstrueuse, il est né de l’imagination et de la colère du mage Dalvid. Il est en mission au confins du monde pour retrouver le forgeron Tharflane, qui possède quelque chose de vital pour l’équilibre du monde. Pendant ce temps, la princesse Lhyrène échappe à une mystérieuse tentative d’assassinat.

L’univers de Rêves de Guerre rappelle fortement celui de la saga le Royaume d’Epines et d’Os. Quand on connaît l’amour que je lui porte, on voit bien que c’est un vrai et beau compliment que je fais à ce livre. Bon, on le verra, on se situe tout de même un ton en dessous, mais quand même, il y’a comme un air de famille. On est donc dans de la fantasy pure et dure, mais une fantasy qui a su se moderniser et arrêter de vouloir absolument réécrire le Seigneur des Anneaux.

L’intrigue de Rêves de Guerre est presque uniquement focalisée sur ses personnages et leurs relations. Et c’est d’ailleurs, ce qu’il y’a d’un peu frustrant. Ce qui est traité l’est parfaitement, mais on aurait aimé que le récit prenne parfois une dimension supplémentaire, plus épique, avec de grandes batailles et le destin du monde qui se joue. En lisant les premiers chapitres, on s’attend à ce que les évènements visiblement anecdotiques et personnels prennent au final un sens beaucoup plus large. Ca sera bien le cas dans les dernières pages, mais on aurait aimé que tout ce qui a précédé ne soit que le prologue de quelque chose de plus grand, et surtout plus long.

Enfin voilà, Thomas Day a surtout voulu nous raconter le parcours et le destin de ses personnages et il le fait parfaitement. Chacun d’eux est assez complexe, ambiguë et surtout intéressant pour que le récit captive. Surtout que Rêves de Guerre comporte son lot de surprises et d’évolution inattendue. Cela aiguise évidemment la curiosité du lecteur page après page. L’univers décrit est trop sombre pour que l’on éprouve une grande affection pour les personnages, mais on s’y attache malgré tout, même les plus inquiétants. Rien n’y est manichéen, chacun porte sa part de noirceur et d’humanité. J’ai rarement lu un récit où l’on a autant de mal à désigner les bons et les méchants.

De plus, le tout est porté par une plume réellement dynamique. Ceux qui sont rebutés par les longues descriptions qui peuplent souvent ce genre littéraire (quand on crée des mondes totalement imaginaires, il faut bien les décrire) pourront trouver ici leur bonheur. Il dresse un tableau de l’univers où évolue les personnages en se contentant du strict nécessaire à l’action. Ceci explique aussi sûrement en partie l’envie que l’on aurait de s’y attarder un peu plus, afin de le connaître un peu mieux et de découvrir tous les trésors qu’il pourrait receler.

Rêves de Guerre est donc un excellent moment de fantasy pour adultes francophones. A conseiller à tous les amateurs du genre.

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