LE CRIME DE PARAGON WALK (Anne Perry) : Série relancée !

lecrimedeparagonwalkCharlotte et Thomas Pitt sont les héros récurrents d’une série de romans policiers, qui nous plongent dans la haute société anglaise de la fin du 19ème siècle. J’avais beaucoup apprécié L’Etrangleur de Cater Street, qui ouvrait la série et nous présentait les personnages. Par contre, sa suite, Le Mystère de Callender Square m’avait profondément déçu. Je me suis donc attaqué à le Crime de Paragon Walk afin de savoir si cette série valait le coup d’être poursuivie.

A Paragon Walk, un des quartiers les plus huppés des faubourgs de Londres, un crime sordide est commis. Un meurtre accompagné d’un viol. Toute cette petite société, pleine d’hypocrisie et de conventions sociales, est en émoi, surtout lorsqu’il devient de plus en plus évident que le coupable est un des leurs. Parmi eux, Emily, la sœur de Charlotte. Ces deux dernières ne pourront s’empêcher de mettre le nez et leur curiosité un peu partout, histoire de seconder Thomas, chargé de l’enquête par Scotland Yard.

Le verdict est mitigé, mais plutôt favorable. Si le Crime de Paragon Walk n’est pas un chef d’œuvre de la littérature policière, on y retrouve une grande partie du charme de L’Etrangleur de Cater Street. Et contrairement à le Mystère de Callender Square, le récit est porté par une intrigue qui, sans être particulièrement originale ou géniale, arrive à capter l’intérêt du lecteur. Cette fois, on a réellement envie de connaître le pourquoi du comment. Et c’est quand même relativement indispensable pour un polar, aussi historique soit-il.

Le charme de cette série repose sur deux éléments principaux. Tout d’abord, ses deux héros. Deux originaux dans cette société si conventionnelle, qui apparaissent souvent comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. Anne Perry joue pleinement sur ce contraste pour nous les rendre particulièrement sympathiques. Cette fois, ils sont largement épaulés par Emily, la sœur de Charlotte, qui figurait précédemment comme simple personnage secondaire. On apprend à mieux la connaître et cela apporte un peu de fraîcheur à la série. C’est le problème avec les personnages récurrents, on perd vite le plaisir de les découvrir une fois qu’on les connaît trop bien.

La plongée dans la haute société anglaise des années 1880 constitue également un des fils rouges des romans d’Anne Perry. Elle porte sur elle un regard acide, jamais complaisant, n’hésitant pas nous faire partager toute leur intolérance et leur vacuité. Elle dénonce avec force le sentiment de grandeur qui habite ces personnages souvent pédants et dont la valeur humaine flirte avec le pet de lapin. Dans le Crime de Paragon Walk, Anne Perry en remet une bonne couche en nous décrivant plusieurs protagonistes particulièrement antipathiques. On flirte parfois avec le caricatural, mais le tableau de cette société dressé ici reste tout de même un point fort de ce roman.

La plume d’Anne Perry est particulièrement légère. On dévore ce livre sans effort et sans risquer la migraine. Ce n’est vraiment pas de la grande littérature, mais sans jamais tomber dans la médiocrité. Il n’y aucune prétention dans son écriture, qui se contente d’être un parfait support à un divertissement littéraire, certes pas inoubliable, mais qui se laisse lire avec un certain plaisir.

Après le Crime de Paragon Walk, je m’attaquerai donc très certainement au roman suivant de cette série, Ressurection Row. Des romans que je conseillerais à tous les amateurs de polars historiques légers. 

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