LE DERNIER TEMPLIER : Un beau gâchis final

lederniertemplierLe succès du Da Vinci Code a fait se multiplier les romans situé autour des mystères religieux et les zones d’ombre qui pèse sur l’histoire du catholicisme. Le Dernier des Templiers se situe dans cette droite lignée et on peut même penser que Raymond Khoury a délibérément choisi de surfer sur cette vague. Sauf qu’il s’agit d’un manuscrit d’abord refusé par les éditeurs en 1996, avant d’être publié en 2005 et de connaître un grand succès commercial. Comme quoi il ne faut pas être dans l’air du temps avant l’heure. Au final, on est là devant un roman très agréable à lire, mais qui s’est achevé pour moi par une grosse déception.

Au Metropolitan Museum de New York, on inaugure une grande exposition sur des trésors venus du Vatican. Soudain, quatre cavaliers en costume de templier surgisse, dérobe plusieurs objets et en viennent même à décapiter un des vigiles d’un coup d’épée. Très vite, Sam Reilly, agent du FBI, et Tess Chaykin, archéologue, vont se mettre sur la piste de ces mystérieux voleurs.

Quand on lit le synopsis de Le Dernier des Templiers, on n’a vraiment du mal à se dire qu’il n’a pas été directement inspiré par l’œuvre de Dan Brown, tant les similitudes sont nombreuses. Visiblement, ce n’est pas le cas, mais il n’est guère utile de polémiquer deux cents ans sur ce point-là. De toutes les manières, cela ne retire rien aux qualités de ce roman… ni à ses défauts. La forme est hyper classique, le fond aurait pu être original s’il n’était pas autant à la mode.

Le Dernier des Templiers reste tout de même avant tout un mélange entre un roman policier et un roman d’aventures. Poursuivre la trace d’un coupable, tout en voyant du pays, voilà un déroulé pas franchement original. Mais quand le tout marche aussi bien, pourquoi bouder son plaisir. Le récit reste rythmé, les rebondissements nombreux, même s’ils se répètent un peu parfois. On n’est pas franchement surpris, mais à la fois, on y trouve exactement ce que l’on y attendait, il serait donc assez hypocrite de jouer les déçus. Surtout que le tout est tout de même solide et bien construit.

Ensuite, le tout est complété sur une exploration des mystères religieux. Ceux-ci sont intimement liés à l’intrigue puisqu’ils constituent le mobile des protagonistes. Ils se dévoilent peu à peu, de manière très progressive et constante, avant la grande explication finale. Là encore, Le Dernier des Templiers est vraiment bien foutu, solidement documenté et plutôt convaincant. Il suffit d’avoir vu les documentaires réalisés par Gérard Mordillat et Jérôme Prieur pour ne pas apprendre non plus grand chose de révolutionnaire. Mais au moins, on peut constater que Raymond Khoury sait de quoi il parle.

Le style de Raymond Khoury est vraiment agréable à parcourir. Le Dernier des Templiers peut apparaître comme un pavé, mais les chapitres sont courts et il se lit donc beaucoup plus rapidement que ce que l’épaisseur de l’ouvrage donnait à penser. Le style est alerte, ne s’embarrasse que très peu de descriptions. La psychologie des personnages est un peu sommaire, ce qui peut apparaître comme une limite, mais qui a l’avantage d’alléger l’écriture et de la concentrer sur l’avancée de l’intrigue.

Alors pourquoi ne pas être totalement enthousiaste face à tant de qualités. Personnellement, j’ai trouvé le Dernier des Templiers gâché par un dénouement qui se veut être un rebondissement, mais qui vient en fait détruire une large part du propos. Pour faire simple, on passe d’une réflexion qui bouscule les conventions à une conclusion simpliste et lénifiante. Du coup, tout ce qui a précédé semble vain et nous laisse sur une sensation amère de déception, voire même un peu de colère. Raymond Khoury prend un peu son lecteur pour un con et ce dernier lui en veut un tantinet…

Le Dernier des Templiers a connu une suite. Je suis partagé entre l’envie de m’y plonger et l’envie de bouder face à cette fin qui est venue tout gâcher. Parce que revivre une déception similaire serait particulièrement désagréable.

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