LA MORT DANS L’ART (Sandra Scoppettone) : Pour épater la galerie

lamortdanslartIl y a des milieux qui se prêtent mieux au polar que d’autres. Nombreux sont ceux qui nous amènent dans les casinos, les champs de course, le milieu politique ou encore le monde de la nuit. Bref, là où on s’attend à rencontrer des mauvais garçons et un minimum de violence. Les galeries d’art ne sont par contre pas vraiment un lieu où on s’attend à voir se nouer une intrigue policière. C’est pourtant possible. La Mort dans l’Art de Sandra Scoppettone est là pour le prouver.

Fortune Fanelli est un ancien flic, reconverti en détective privé. Il est chargé d’enquêter sur le meurtre d’une jeune fille dont le corps a été découvert disposé comme un mannequin dans la vitrine d’un magasin branché de Soho. Il s’agit surtout de retrouver son jeune frère, qui avait fugué pour vivre son rêve de devenir peintre.

Sandra Scoppetone est une femme. Bon dis, comme ça, on s’en doute un peu et on ne mesure pas vraiment l’intérêt d’une telle information. Mais il faut savoir qu’elle a tout d’abord publié ses premiers romans policiers sous le pseudonyme de Jack Early, avant d’assumer son sexe. A tel point qu’elle a crée la première (enfin à ma connaissance) détective ouvertement lesbienne, Lauren Laurano. Mais la Mort dans l’Art met en scène un autre personnage.

Le héros de ce roman s’appelle donc Fortune Fanelli. Or, on le sait bien (façon très prétentieuse d’ériger son avis personnel au range de vérité universelle…), pour faire un bon polar, il faut un enquêteur sympathique ou bien intéressant. Le personnage principal répond ici très bien à cette définition et on s’y attache très vite. Père célibataire, il tente de mener de front sa vie familiale, son enquête, tout en séduisant sa nouvelle voisine. Cela fait beaucoup pour un seul homme… Bon, évidemment, on ne tient pas là le cœur de la Mort dans l’Art, mais on sait bien que ces à-côtés sont capitaux pour vraiment apprécier ce genre de littérature.

Mais rentrons dans le vif du sujet avec l’enquête à proprement parler. Là on tient un récit très classique, avec son meurtre, sa recherche du mobile, puis du coupable. La Mort dans l’Art n’a vraiment rien de révolutionnaire de ce côté là, mais on entre tout de même très facilement dans cette histoire. Les rebondissements ne sont pas cousus de fil blanc et si le dénouement n’est pas inoubliable, on ne le voit pas venir dix ans, ou plutôt cinquante pages, à l’avance. Bref, les amateurs de polar apprécieront.

Globalement, la Mort dans l’Art est très agréable à lire. Le style de Sandra Scoppettone est très léger. Le livre est relativement court, 250 pages chez Pocket. C’est donc idéal pour un court moment de détente littéraire ou pour les transports vu qu’il ne pèsera pas une tonne et demi dans votre sac à main. On regrettera simplement l’absence d’une vraie immersion dans un quartier, une ambiance. Toute l’intrigue tourne autour de Soho, mais on n’arrive pas vraiment à se l’imaginer à travers ce roman, à ressentir ce qui fait son âme et sa particularité. Certes, de trop longues descriptions auraient pu alourdir le récit, mais aurait pu donner une autre dimension à ce livre qui restera au stade de divertissement sympathique.

Autre petit regret est que ce roman n’est pas donné lieu à une suite et l’apparition d’un personnage récurrent. Comme on a pu le voir, la vie personnel du protagoniste principal fait beaucoup dans le charme de ce livre. On aimerait donc beaucoup le retrouver et voir comment cela évolue avec sa charmante voisine. Tant pis… Et vu que ce roman date de 1984, il y a peu de chance que l’auteur se décide enfin de lui offrir une nouvelle vie.

La Mort dans l’Art est donc un bon polar, court, agréable à lire, à défaut d’être révolutionnaire.

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