DIAMOND HOO HA (Supergrass) : Pas de hourras !

diamondhoohasupergrassEn 1995, alors que la perfide Albion était divisée en deux camps irréconciliables, entre les fans d’Oasis et de Blur, souffla un vent de fraîcheur sur la brit’pop. Un vent nommé Supergrass et leur immense tube Aright. Chanson qui commence par « we are young », ce qui était effectivement le cas puisque les membres du groupe n’étaient alors âgés que de 18 ans. La valeur n’attend pas le nombre des années… surtout que l’on les a beaucoup moins entendu par la suite. Et ce n’est pas ce Diamond Hoo Ha, sorti en 2008 et dernier album en date, qui va vraiment nous le faire regretter.

A leurs débuts, contrairement aux autres groupes de rock ou de pop britannique, les Supergrass étaient trois. Il y a bien sûr un chanteur et guitariste, Gaz Coombes, un bassiste, Mick Quinn et un batteur, Danny Goffey. Mais comme l’originalité est toujours difficile à entretenir sur la durée, ils sont désormais quatre puisque le frère du chanteur, Robert Coombes, a rejoint le groupe après leur premier album pour y jouer principalement du piano ou tout autre instrument à clavier.

13 ans après leurs débuts, Supergrass n’a évidemment plus tout à fait la même fraîcheur et la même spontanéité. On ne demande pas la même chose à un groupe de gamins qu’à un groupe de trentenaire. On pouvait donc s’attendre à ce que que Diamond Hoo Ha nous offre une musique plus mature, plus maîtrisée. Elle l’est bel et bien dans une certaine mesure, mais cela s’accompagne également malheureusement aussi d’un léger manque d’intérêt.

Diamond Hoo Ha n’est pas un mauvais album en soit. Mais un album comme on en fait beaucoup, surtout de l’autre côté de la manche. Supergrass essaye bien de naviguer entre pop pure et dure et rock plus musclé, mais ça reste toujours sans grande surprise et sans créativité débridée. Les arrangements sont bien ceux d’un groupe professionnel, possédant un minimum de dextérité et de talent. Toutefois, cela n’est pas du tout suffisant pour se démarquer de la concurrence.

La voix de Gaz Coombes apporte bien un peu de personnalité au groupe, mais cela ne va pas très loin. Surtout quand il essaye d’imiter Iggy Pop, on réalise très bien les limites de son talent. Bon évidemment, la comparaison vise haut, mais il y a bien d’autres chanteurs auxquels il n’arrive pas à la cheville. Comme quoi commencer sa carrière par un énorme tube ne signifie en rien que l’on pourra aisément renouveler la performance.

Si on doit tout de même sortir deux titres, je retiendrai Rebel in You. Il s’agit sûrement du titre le plus pop de Diamond Hoo Ha et il prouve que c’est encore ce qu’ils savent faire de mieux. Malheureusement, tout l’album n’est pas à son image, même si cela aurait fait fuir à toutes jambes les allergiques à la brit’pop. L’autre titre phare est pour moi Ghost of a Friend, un des rares titres qui se veut énergique qui décolle vraiment. Pas de quoi monter au plafond, mais au moins on a vraiment envie de taper du pied pour le coup.

Diamond Hoo Ha ne signe donc pas le retour fracassant de Supergrass sur le devant de la scène. Un album moyen pour une carrière de plus en plus discrète.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Diamond Hoo Ha Man
Un titre très rock pour commencer.

2.: Bad Blood
La voix semble imiter celle de Iggy Pop, sans toutefois le même talent.

3.: Rebel in You
Un titre plus brit’pop. C’est encore ce qu’ils font de mieux.

4.: When I Needed You
Une ballade rock aux accent assez sombres. Bien, mais sans plus.

5.: 345
Un rock un peu mou.

6.: The Return of…
Pop rock sans relief.

7.: Rough Knuckles
Un titre assez énergique, à défaut d’être génial.

8.: Ghost of a Friend
Un morceau avec un peu plus de punch et qui décolle vraiment.

9.: Whiskey & Green Tea
Un titre qui rentre dans le rang.

10.: Outside
Plus rock, mais ça reste timide.

11.: Butterfly
Retour à Iggy Pop… mais de loin..

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