
Moulin Rouge nous plonge dans le Paris de la fin du XIXème, alors que l’électricité commence à éclairer de tous ses feux les nuits parisiennes. Ces dernières ont d’ailleurs leur reine, Satine, qui se produit au Moulin Rouge pour le plus grand plaisir des bourgeois qui ne rêvent que de finir la nuit en sa compagnie, quelque en soit le prix (et il est élevé généralement !). Alors quand débarque Christian, jeune Anglais désargenté, personne ne peut imaginer que cela sera le début d’une magnifique histoire d’amour !
Jamais la gaieté et la tristesse n’auront cohabité dans de tels extrêmes que dans Moulin Rouge. Tout est poussé à son maximum, à tel point que le premier quart d’heure peut rebuter. Je me rappelle très bien d’avoir eu très peur lorsque je l’ai vu pour la première fois (surtout que je l’ai vu en VF au Québec). Je ne pouvais alors m’imaginer à quel point j’allais tomber amoureux de ce film. C’est vrai que ça part fort, ne laissant pas le temps au spectateur de rentrer dans l’ambiance particulière du film. Il se sent un tantinet agressé par cette débauche de son, de paillettes, de personnages grandiloquents et par le montage, façon clip vidéo survitaminé.
Et puis, Nicole Kidman apparaît et alors, la grâce remplit l’écran pour ne plus jamais le quitter. Aucune actrice n’aurait pu remplir ce rôle avec un tel talent. Elle ne joue pas Satine, elle est Satine. C’est alors que le spectateur, saisi par ce contraste particulièrement étonnant, comprend enfin où va le film et peut enfin l’apprécier à sa juste valeur. Ca ressemble un peu à une cure d’électrochocs, mais franchement, dans ce cas-là, c’est très bon pour la santé !
L’histoire peut alors se dérouler dans un succulente alternance d’humour et d’amour, de romance et des chansons, d’ombre et de lumière. On est pris dans ce tourbillon, mais lâcher prise est alors une merveilleuse expérience. Moulin Rouge brille plus par sa forme que son fond, mais si l’histoire est simple, c’est parce qu’elle est éternelle et parlera à notre imaginaire de manière directe. Un version pop de la Dame aux Camélias qui s’inscrit dans la même tradition que Tristan et Yseult et Roméo et Juliette. Le tout se termine dans un final de toute beauté, véritable apothéose qui vient couronner magnifiquement cette œuvre magistrale.

Que reprocher à ce film ? Rien en fait. On aime ou on n’aime pas, mais Moulin Rouge est une œuvre d’une telle force que changer quoique ce soit en ferait un film totalement différent. Et il faut avouer que ce serait une perte inestimable pour l’humanité.
Fiche technique :
Film américain de Baz Luhrman (2001)
Avec :
Nicole Kidman : Satine
Ewan McGregor : Christian
John Leguizamo : Toulouse-Lautrec
Jim Broadbent : Zidler
Richard Roxburgh : le duc de Monroth
Kylie Minogue : la fée verte
Jacek Koman : l’Argentin
Linal Haft : Warner
Compositeur : Craig Amstrong, Marius de Vries, Steve Hitchcock
Costumes : Catherine Martin, Ian Gracie
Décors : Catherine Martin
Animation et effets visuels : Rick Sander, Kristopher Kasper, Shannon Leigh Olds, Matt Villa