MAIGRET ET L’INSPECTEUR MALGRACIEUX (George Simenon) : L’Inspecteur sonne toujours 4 fois

maigretetlinspecteurmalgracieuxL’été dernier, j’ai enfin découvert George Simenon, alors que j’ai grandi avec des livres de lui un peu partout autour de moi. Avec le recul, je me demande pourquoi j’ai attendu aussi longtemps, mais heureusement, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Voici donc le quatrième, le deuxième du célèbre inspecteur, que j’ai eu l’occasion de lire : Maigret et l’Inspecteur Malgracieux. Un recueil de nouvelles, toujours aussi merveilleusement bien écrites.

Une enquête menée par un inspecteur qui semble attirer la guigne, un jeune garçon que personne ne veut croire, une victime qui avait pourtant tout d’un coupable et une victime qui n’a rien de commun avec les victimes habituelles d’homicide… Autant de mystères qui ne résisteront pas longtemps à la perspicacité de l’Inspecteur Maigret.

Si Hercule Poirot n’avait pas son pareil pour rassembler les faits pour dénouer les fils des mystères auxquels il s’attaquait, l’Inspecteur Maigret est celui qui sait le mieux lire les comportements humains. Simenon a, dans les centaines de romans qu’il a écrit, toujours exploré les méandres de l’âme humaine, au travers des petites faiblesses et travers de ses protagonistes. Il a toujours écrit sur les gens ordinaires, qui cachent parfois des secrets extraordinaires. J’ai déjà fait cette comparaison osée, mais on peut faire un parallèle avec Desperate Housewives.

Maigret et l’Inspecteur Malgracieux se situe pleinement dans cette optique. La nouvelle la plus typique est celle intitulée « On ne Tue pas les Pauvres Types », où l’homme à la pipe sait qu’un homme, surtout victime d’un meurtre, n’est jamais aussi ordinaire que ce que les apparences donnent à penser. Il décrypte les réactions des protagonistes pour essayer de voir au-delà des discours et percer à jour leur secret. Evidemment, il y arrive à tous les coups… Il n’est pas l’Inspecteur Maigret pour rien !

Quatre histoires courtes pour autant d’intrigues convaincantes. Bien sûr la brièveté des récits empêchent qu’elles ne soit trop complexes. Rien de spectaculaire donc, mais toujours cette subtilité et cette finesse propre à Simenon. Mais surtout le plaisir de découvrir comment Maigret va rassembler les éléments susceptibles de le faire accéder à la vérité. Cela ravira évidemment tous les amateurs de polars classiques. Les quatre nouvelles se lisent avec le même plaisir. Ce n’est certainement pas les écrits les plus marquants de l’auteur belge, mais ça vaut bien d’autres auteurs de polar vendus aujourd’hui à grands coups de marketing.

Mais ce qui fait toujours la différence avec Simenon, et Maigret et l’Inspecteur Malgracieux n’échappe pas à la règle, c’est évidemment le style de ce grand auteur. Cela reste incroyablement bien écrit. On se dit que s’il avait écrit l’annuaire téléphonique, on le lirait avec un immense plaisir. C’est léger, précis, percutant. Il n’y a pas de grands effets de style, on n’est pas au XIXème siècle, mais on est face à une des plus belles plumes que la langue française n’est jamais comptée. Il nous livre ici à nouveau de très belles pages, pas forcément spectaculaires, mais qui fait qu’elles se lisent avec une incroyable facilité. L’écriture de Simenon est un peu comme un maquillage réussi, qui sublime la beauté mais reste presque invisible.

Maigret et l’Inspecteur Malgracieux ravira les amateurs d’intrigues policières classiques, de belle plume et de récits courts. C’est un livre parmi d’autres dans la bibliographie de cet auteur. Mais cela le place déjà bien au-dessus du commun des romans.

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