SHERLOCK HOLMES EN ORBITE : Sherlock dans tous ses états

sherlockholmesenorbiteIl est des personnages mythiques qui continue d’inspirer encore et encore les auteurs d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Dracula, Frankenstein, Tarzan, Zorro, Superman… et Sherlock Holmes. Pour ce dernier, les œuvres le mettant en scène ne se sont pas arrêtés avec la mort de Arthur Conan Doyle. Si la plus connue reprenant le personnage du célèbre détective reste le film de Billy Wilder, La Vie Privée de Sherlock Holmes, des centaines de romans furent écrits en un siècle par des auteurs plus ou moins talentueux. Même la littérature français n’y a pas échapper avec le Arsène Lupin contre Herlock Sholmes (question de droits !) de Maurice Leblanc. Alors pourquoi pas carrément demander à une foule d’auteurs de nous livrer de petites histoires mettant en scène le pensionnaire du 221 Baker Street ? C’est justement le principe même de Sherlock Holmes en orbite.

Sherlock Holmes en orbite regroupe donc 26 nouvelles regroupées dans quatre catégories. 14 dans « Holmes dans le passé », 4 dans « Holmes dans le présent », 6 dans « Holmes dans le futur » et 2 dans « Holmes après la mort ». Elles sont toutes écrites par des auteurs strictement inconnus (de moi en tout cas) et mettent le détective dans des situations variées. Il fera ainsi aussi bien face à Dracula ou Fu Manchu, ou se transformera en programme informatique. Bien sûr, il sera le plus souvent épaulé du fidèle Docteur Watson et pourchassera inlassablement le Napoléon du crime, le Professeur Moriarty.

26 nouvelles, cela donne forcément un résultat plutôt hétérogène en qualité. Malheureusement, j’ai trouvé plus de bas que de hauts à Sherlock Holmes en Orbite. Je dois même dire qu’aucune d’entre elles ne m’a vraiment enthousiasmé. Je trouve donc l’ensemble globalement très moyen, pour ne pas dire décevant. Heureusement, comme les récits sont courts, la lecture n’est pas trop pénible puisqu’on a au moins la curiosité de découvrir ce que nous réserve le prochain récit.

Les histoires sont en effet très variées (en dehors des écarts de qualité). Il faut préciser que les auteurs ont été choisi pour être considéré comme des auteurs de fantasy ou de science-fiction. Le fantastique intervient donc souvent, même si certains cherchent à être assez proches de l’œuvre originelle de Arthur Conan Doyle. Mais il faut bien admettre que Sherlock Holmes en Orbite manque cruellement d’audace. On a pas vraiment l’impression que chacun nous livre sa vision du personnage, mais plutôt que l’on est face à un concours d’imitation, se permettant ça et là quelques fantaisies contenues.

Les meilleurs histoires sont d’ailleurs celles qui sortent Sherlock Holmes de son contexte originel, notamment celles qui se passent dans le futur. En effet, les auteurs ont pour le coup vraiment tenté de nous livrer quelque chose de nouveau et de personnel. Qui plus est ils se situent dans un univers littéraire qui est le leur et cela se ressent. Ce n’est toujours pas transcendant, car il semblent tout de même un peu limités (sans vouloir être méchant…), mais au moins est-on un tout petit peu surpris. Heureusement, ces histoires se situent à la fin de Sherlock Homes en Orbite, ce qui permet d’en sortir sur une impression un tantinet meilleure.

Niveau style, Sherlock Holmes en Orbite est assez transparent. On sent d’ailleurs là sûrement l’influence de la traduction, puisque tous les récits ont été transposés en français par le même traducteur. Cela lisse très certainement les styles. Au final, l’écriture n’est jamais déplaisante, mais on la qualifiera de professionnelle, plutôt que géniale ou même talentueuse.

Au final Sherlock Holmes en Orbite souffre d’un manque patent de talent pour rendre vraiment intéressant une démarche qui avait tout pour l’être.

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