
Le Choc des Titans nous raconte l’histoire de Persée, d’Andromède, de Pégase, de la Méduse et bien sûr du Kraken, le dernier des Titans. On y retrouve tout ce qui nous a fait rêver en lisant des récits mythologiques : des dieux qui font mumuse avec le destin des humains, des créatures fantastiques et des héros particulièrement héroïque, accomplissant leurs exploits dans une tenue aussi légère que seyante. Je vous rassure, on n’en est pas ici au slip jaune-or de la série des Maciste, mais on a largement l’occasion d’admirer quelques torses dénudés quand même.
Le Choc des Titans, sorti en 1981, a marqué la fin d’une époque pour les effets spéciaux au cinéma. Il s’agit en effet du dernier film de Ray Harryhausen, le grand spécialiste du stop-motion. Une méthode d’animation image par image qu’il avait mis en œuvre dans des classiques des années 60 comme Jason et les Argonautes ou le Voyage Fantastique de Simbad. Quelques années après la révolution Star Wars, cette technique apparaît alors déjà complètement dépassée, mais confère à jamais à ce film son côté kitsch qui fait tout son charme.
En effet, ce dernier continue de fonctionner. Il nous rappelle que le cinéma fut pendant longtemps un artisanat, avant l’arrivée massive du numérique. Bien sûr, en regardant le Choc des Titans, on se dit que c’est encore moins crédible que les effets spéciaux du King Kong des années 30, mais qu’importe. Cela donne à ce film un côté humain et chaleureux, où les jouets avec lesquels nous avons grandit semble prendre vie à l’écran.

Si Harry Hamlin n’aura pas vu sa carrière lancée par le Choc des Titans, on retrouve au casting des stars hollywoodiennes, certes déjà déclinantes à l’époque, mais qui tiennent là certainement pas leur rôle le plus anecdotique. On pense notamment à Laurence Olivier, inoubliable en Zeus, et Ursula Andress, qui ne pouvait incarner personne d’autre qu’Aphrodite. On notera la présence, dans le rôle de Thétis, de Maggie Smith, 20 ans avant de devenir Minerva McGonagall dans Harry Potter.
Le Choc des Titans représente donc le chant du cygne d’un cinéma qui appartient désormais au passé, mais qui appartient surtout à jamais à la belle histoire du 7ème art.