L’ALIENISTE (Caleb Carr) : Le premier profiler

lalienisteLe profiler est devenu une figure classique des polars modernes. Apprendre à connaître un criminel en observant la manière dont il commet ses méfaits semble une démarche de base pour tout enquêteur. Pourtant, cette façon de procéder n’a pu naître qu’avec la naissance d’une psychologie moderne et un minimum scientifique. L’Aliéniste, polar de Caleb Carr, nous emmène à New York en 1896 sur les traces d’un serial killer poursuivi par un journaliste… et un médecin spécialiste des maladies mentales aux méthodes révolutionnaires pour l’époque.

L’Aliéniste est une œuvre très dense dans laquelle on entre peu à peu. Mais une fois l’histoire, les personnages et le style de Caleb Carr apprivoisés, on apprécie pleinement ce récit passionnant. Ce dernier est parfaitement construit. On voit les pièces du puzzle s’assembler peu à peu, en même temps que les protagonistes dressent le portrait du monstre qu’ils poursuivent. Chaque pièce vient enrichir le récit, parfois de manière inattendue, maintenant ainsi un suspense et une tension permanente.

Si je devais énoncer deux petits bémols à propos de l’Aliéniste, je citerai le style quelque peu ardu de Caleb Carr. D’un côté, cela contribue à l’ambiance générale du roman, mais cela rend la lecture parfois un peu difficile, alors qu’on aurait aimé parfois dévorer ce récit. Ensuite, le dénouement n’est peut-être pas tout à fait à la hauteur du reste. Cependant, on est là devant un polar de premier ordre que je ne saurais que recommander aux amateurs du genre.

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