POT-BOUILLE : Fallait pas énerver Emile !

potbouilleFallait pas énerver Emile! Car quand Zola a décidé de régler ses comptes, ça envoie du lourd comme disent les jeunes et quelques commentateurs sportifs ! Bien sûr, l’histoire se souvient de son J’accuse ! Mais avant cela, il avait écrit Pot-Bouille pour rendre la monnaie de sa pièce à une bourgeoisie bien pensante qui avait alors une fâcheuse tendance à vouloir le traîner dans la boue. Qu’à cela ne tienne, il se décide de bousculer le plan initial imaginé pour les Rougon-Macquart pour nous livrer un réquisitoire contre l’hypocrisie de la classe sociale dominante.

Pot-Bouille a pour décor un de ses grands immeubles parisiens organisés autour d’une cour centrale. Un temps où les chambres de bonne servaient encore pour les bonnes. Une sorte de société à l’état miniature avec ses amours, ses secrets, ses mensonges et ses adultères. C’est surtout ce dernier point qui sert de fil rouge à l’intrigue. Car pour Zola, à force de faire des jeunes filles des idiotes sans éducation qui savent rien du monde réel, on en finit par en faire des femmes dont le seul horizon est l’ennui. Il leur faut donc prendre les distractions là où elles sont, même si c’est dans le lit du beau jeune homme qui vient tout juste d’arriver à Paris et d’emménager à l’étage au-dessus.

On peut facilement imaginer l’ampleur du scandale provoqué par Pot-Bouille lors de sa sortie en 1882. Ca ne parle pas de « cul » mais presque. Et cela se termine par la description d’un accouchement qui reste assez crue, même pour le lecteur blasé du XXIème siècle. Alors si ce roman n’est peut-être pas le meilleur de la saga des Rougon-Macquart, il a quelque chose de vraiment jouissif, un ode à la provocation qui en ces heures troublées a une résonance un peu particulière. Il y a eu des gens comme Emile Zola pour oser au XIXème. Espérons que notre siècle en compte lui aussi de nombreux !

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