LA CONJURATION DES IMBECILES (John Kennedy Toole) : Mieux vaut tard que jamais…

laconjurationdesimbecilesDans la critique cinématographique que je viens d’écrire, je me décrivais comme obstiné. Heureusement, je ne suis pas le seul à l’être dans ce bas monde. La mère de John Kennedy Toole et l’écrivain Walker Percy se sont battus inlassablement pour faire publier la Conjuration des Imbéciles. Son auteur s’est suicidé à 31 ans en 1969, notamment suite à des refus multiples d’éditeurs. Un peu plus de dix ans plus tard, le livre est néanmoins enfin publié. Pour le plus grand bonheur de tous ceux qui l’auront lu ! Et pour remporter le Prix Pulitzer en 1981, rien que ça. Comme quoi, les éditeurs ont parfois du nez… ou pas…

La Conjuration des Imbéciles est un vrai grand moment d’humour littéraire. Porté par un personnage aussi indescriptible qu’inoubliable, il vous donne le sourire du début jusqu’à la fin. Le livre navigue entre le premier et le millième degré avec toujours la même réussite. Ce regard décalé sur la société américaine des années 60, en particulier celle de la Nouvelle-Orléans, constitue un vrai régal. L’absurde côtoie la critique sociale avec toujours la même verve et la même imagination. C’est drôlement riche et richement drôle.

Certes, la Conjuration des Imbéciles repose sur des ressorts assez classiques. Le narrateur, mégalo au bord de la folie, nous livre des jugements paranoïaques et excessifs, montant en épingle le moindre travers des personnes qu’il croise. Il est vrai qu’à force d’utiliser toujours le même ressort, John Kennedy Toole finit par quelque peu l’user. Mais comme cela est fait avec talent et une plume vive et plaisante, on ne se lasse pas vraiment et on finit par quitter à regret l’inoubliable Ignatus J. Reilly.

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