LE TRAIN DE VENISE (George Simenon) : Faiblesse au dernier arrêt

letraindeveniseC’est l’été (même si aujourd’hui, on ne dirait pas vraiment) et qui dit été, dit lecture d’un ou plusieurs romans de Simenon, pris dans la large collection de ma mère. Cette année, mon choix (et le hasard puisque j’ai pris bêtement le premier de la rangée) s’est porté sur Le Train de Venise, écrit en 1965. Une histoire mille fois racontée mais à laquelle on peut facilement s’identifier en se demandant ce que l’on ferait à la place du personnage principal.

Comme tous les romans de Simenon, le Train de Venise est particulièrement court (moins de 200 pages, écrit gros). Il serait donc presque criminel d’en dire trop sur l’intrigue, sous peine de résumer la moitié du roman. En gros, il confronte son personnage, et par la même son lecteur, à un dilemme du genre « bien mal acquis par hasard peut-il profiter ? ». George Simenon explore ainsi les méandres de la pensée, de la conscience et de la culpabilité d’un homme qui s’est toujours défini comme quelqu’un de bien, mais qui se retrouve soumis à la tentation de sortir quelque peu de ce droit de chemin.

Cet aspect étude des mœurs est comme toujours chez l’auteur belge réellement passionnante. Surtout qu’elle est soutenue par une des plus belles plumes qu’ai jamais connues la littérature francophone. De plus, il arrive réellement à créer une tension narrative du début à la fin et le lecteur se demande réellement où tout cela va mener. Là où le bât blesse, c’est justement le point d’arrivée. Le dernier chapitre nous propose un dénouement pas réellement convaincant et qui n’apporte pas une conclusion à la hauteur de la réflexion. Ce n’est que 5 pages sur 200, mais les 5 pages les plus importantes. Cela ne vient pas tout gâcher, mais on sort de le Train de Venise quelque peu frustré et chagriné par une pointe de déception.

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