
Space Opera flirte délicieusement tout du long avec l’auto-dérision. L’histoire nous fait découvrir de multiples mondes qui comportent chacun une caractéristique bien particulière. On sent souvent une petite pointe d’ironie dans celle-ci par rapport aux clichés du genre… mais aussi à notre bonne vieille Terre. Ce roman c’est un peu Astérix dans l’espace. Quand Goscinny utilisait le passé pour se moquer du présent, Jack Vance utilise l’univers lointain pour se moquer de nos sociétés d’ici. L’exercice est savoureux, même s’il induit ses propres limites.
Space Opera est donc un roman sympathique, mais ne va guère plus loin. Une petite gourmandise littéraire, pas un festin de roi. L’oeuvre de Jack Vance comporte assez de moments de bravoure pour ne pas lui reprocher d’avoir juste broder autour d’une très bonne idée, sans chercher forcément à la sublimer. En avoir une aussi bonne est hors de portée de la plupart des auteurs du genre. Donc rendons lui hommage comme il se doit en appréciant pleinement ce roman.