
Au final l’aspect technologique du roman est à la fois central et mineur. L’intelligence artificielle constitue un des personnages principaux dont on ne peut pas faire abstraction. Par contre, on peut facilement faire abstraction de son caractère cybernétique. Si on considère qu’il est un personnage comme un autre, alors on peut apprécier pleinement les Racines du Mal. On peut pleinement profiter du très beau sens de la narration de Maurice G. Dantec. Il parvient d’une manière magistrale à dévoiler progressivement toutes les couches de son récit pour lui donner au final une épaisseur que l’on ne soupçonnait pas à travers les premières pages. Et même s’il va peut-être un peu loin à un moment donné, on est totalement saisi par ce récit sombre et terriblement prenant.
Les Racines du Mal ressemble à première vue à un pavé (750 pages quand même). Mais pour l’avoir lu en trois jours, je peux vous garantir qu’il se dévore plus qu’il ne se lit. Certes, le fait d’avoir pu lire de longs moments au bord d’une piscine en vacances a facilité les choses, mais dans tous les cas, on avale les pages assez goulûment pour progresser très vite dans le récit. Son style est extrêmement vivant et agréable, malgré la complexité parfois assez importante de l’intrigue. Il signe donc un roman majeur du polar noir, vraiment très noir. Un lecture pas forcément légère pour l’été, mais une lecture incontournable.