AKIRA : Bienvenue en 2020

akiraafficheLa culture est comme le gruyère (bon l’emmental en fait). On a beau faire, il y a toujours des trous. C’est même pour ça qu’on l’apprécie. Si on avait un jour l’impression d’avoir tout lu ou tout vu, la vie serait beaucoup plus triste. Le film Akira faisait partie des gros trous dans ma propre culture. Un trou uniquement cinématographique puisque le manga trône en intégralité depuis longtemps dans ma bibliothèque. La ressortie du film sur grand écran constituait une occasion unique de boucher cette regrettable cavité, occasion que je n’ai évidemment pas ratée (sinon, je ne serai pas en train d’écrire cette critique). J’ai pu comprendre pourquoi il était devenu culte à ce point… mais aussi les critiques qui lui ont été adressés.

La principale critique porte sur un choix d’adaptation audacieux et risqué. En effet, les trois premiers quarts du film sont assez fidèles au manga. Sauf que les événements racontés ne représentent qu’un tiers de l’histoire originelle. On imagine donc facilement que la fin a été profondément modifiée pour conclure le récit infiniment plus rapidement, éliminant totalement des grands pans de l’intrigue. On a vite fait d’y voir une trahison, même cela revient à dire que Katsuhiro Otomo a trahit Katsuhiro Otomo. J’avoue que j’ai eu un peu de mal à faire abstraction de ce choix quelque peu étrange et qui dénature quand même assez largement l’œuvre dont Akira est adapté. Ceci s’explique par le fait que le film est sorti avant la fin de la publication du manga, mais tout de même. Evidemment, si vous n’avez jamais lu le manga, vous n’aurez absolument pas ces considérations en tête et pourrez apprécier pleinement cette histoire qui reste extraordinaire et unique.

akiraGraphiquement, Akira commence à être quelque peu daté. Mais les vieux nostalgiques comme moi pourront dire que c’est plus une qualité qu’un défaut, n’ayant pas toujours été convaincu par les films d’animation modernes, où le recours au numérique en fait des œuvres froides et sans personnalité. Le film représente le sommet d’une animation japonaise qui aura profondément marqué ma génération. La qualité artistique est évidemment sans commune mesure avec les séries produites au kilomètre qui peuplaient le Club Dorothée. On ne peut ici que s’extasier devant cette vision d’un Tokyo futuriste… un futur qui se situe dans l’année 2020. Nouvelle raison de prendre un coup de vieux et de se sentir nostalgique. Mais le film nous donne surtout des raisons de saluer cette œuvre majeure de la science-fiction, qui recèle tout de même assez de génie pour demeurer intemporel.

LA NOTE:15/20

Fiche technique :
Réalisation : Katsuhiro Ōtomo
Scénario : Katsuhiro Ōtomo et Izō Hashimoto
Décors : Kazuo Ebisawa, Yuji Ikehata et Koji Ono
Direction artistique : Toshiharu Mizutani
Photographie : Katsuji Misawa
Montage : Takeshi Seyama
Musique : Shoji Yamashiro (Tsutomu Ōhashi)
Animations : Studio Fuga, Telecom Animation Film Co., Ltd., Dragon Production
Production : Ryôhei Suzuki, Shunzō Katō, Hiroe Tsukamoto, Yutaka Maseba, Haruyo Kanesaku et Shunzo Kato
Durée : 124 minutes

Casting :
Shôtarô Kaneda : Mitsuo Iwata
Tetsuo Shima : Nozomu Sasaki
Kei : Mami Koyama
Le colonel Shikishima : Tarō Ishida
Docteur Onishi : Mizuho Suzuki
Ryu : Tetsusho Genda
Kaori : Yuriko Fuchizaki
Yamagata : Masaaki Okura
Kaï : Takeshi Kusao
Lady Miyako : Kōichi Kitamura

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