MEMORIES : Triple facette de l’animation nippone

Memories affiche

Les reprises sur grand écran de films sortis plusieurs années auparavant s’est quelque peu perdu avec le temps. On est loin des vieux Disney qui ressortaient chaque Noël au cinéma, ce qui fait que les personnes de ma génération les ont vus sur des écrans dignes de ce nom. La mode des films en 3D avait quelque peu relancé le phénomène (je me souviens d’avoir revu Titanic ainsi), mais comme cette mode a totalement disparu elle-aussi, cette source s’est tarie. Cependant, l’animation japonaise bénéficie encore parfois de tels retours en salle. On se souvent de la ressortie d’Akira l’année dernière notamment. Le succès de la démarche explique sûrement que Memories bénéficie du même traitement. Cette œuvre est nettement moins digne de culte, mais les amateurs du genre ne doivent pas passer à côté de l’occasion de le voir ou le revoir.

3 en 1

Memories est un film composé de trois courts métrages, tous écrits par Katsuhiro Ōtomo, qui signe également la réalisation du troisième. Trois histoires assez différentes, aussi bien dans le contenu, que l’ambiance ou les décors. On passe de la science-fiction pure et dure à une sorte de farce, pour finir sur une vision du futur sombre à la 1984. C’est forcément inégal, même si chaque partie possède ses qualités et son attrait. Le premier intrigue, le deuxième amuse et le troisième fait réfléchir. Cette richesse donne tout son attrait au film, car chaque sketch individuellement est intéressant, mais pas forcément inoubliable.

memories
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Trait personnel

La diversité est également présente dans le graphisme de Memories. La première histoire propose un univers visuel extrêmement classique pour de l’animation japonaise de cette époque et pour ce genre de récit. Vu de 2022, il présente un petit côté rétro assez plaisant. La seconde reste dans des codes connus, mais l’aspect comédie lui donne un supplément de personnalité. C’est surtout la dernière, celle dirigée par Katsuhiro Ōtomo lui-même, qui se distingue par un trait très personnel, assez rare pour l’animation nippone des années 90. On explore donc ainsi plusieurs facettes artistiques de cette dernière, qui à l’époque gagnait tout juste ses lettres de noblesse sous l’impulsion des premiers grands succès de Miyazaki. Beaucoup de chemin a été parcouru depuis. C’est lui qui nous vaut cette ressortie dont on ne peut que se réjouir.

LA NOTE : 12,5/20

Magnetic Rose

Fiche technique :
Histoire originale : Katsuhiro Ōtomo
Réalisation : Kōji Morimoto
Scénario : Kōji Morimoto et Satoshi Kon
Storyboard : Kōji Morimoto
Directeur artistique : Satoshi Kon
Character design : Toshiyuki Inoue
Directeur de l’animation : Toshiyuki Inoue
Productrice : Eiko Tanaka
Mecha-design : Takashi Watabe
Directeur de l’animation : Toshiyuki Inoue
Décors : Yuuji Okiura, Mutsuo Ozeki, Yutaka Yamakawa, Nizō Yamamoto et Satoshi Kon
Musique : Yōko Kanno
Orchestre : orchestre philharmonique tchèque
Interprète : Kaoru Nishino (pour Madame Butterfly)
Son : Shizuo Kurahashi

Stink Bomb

Fiche technique :
Réalisation : Tensai Okamura
Scénario : Katsuhiro Ōtomo
Character design : Hirotsugu Kawasaki
Directeur artistique : Hirotsugu Kawasaki
Producteur : Shigeru Watanabe
Animation clé : Yoshiaki Kawajiri
Musique : Jun Miyake

Cannon Fodder

Fiche technique :
Réalisation : Katsuhiro Ōtomo
Scénario : Katsuhiro Ōtomo
Character design : Katsuhiro Ōtomo et Hidekazu Ohara
Directeur de la photographie : Hiroaki Edamitsu
Couleurs : Terumi Nakauchi
Directeur de l’animation : Hidekazu Ohara
Producteur : Shigeru Watanabe
Décors : Junko Ina, Katsuhiro Ōtomo, Kazuko Fujī, Masanori Kikuchi, Minoru Nishida, Tsutomu Watanabe, Yamako Ishikawa

Fiche Allociné : https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=55367.html

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