
Agatha se présente sous forme d’un journal qui aurait été tenu par Agatha Christie pendant sa fugue. Cela crée une certaine intimité avec l’autrice de Ils Etaient Dix et un attachement assez immédiat. Malheureusement, le reste n’est qu’une longue litanie d’états d’âmes et de considérations plus ou moins philosophiques sur l’amour, la jalousie, le manque de lucidité que ces sentiments génèrent. Car les pensées sont celles d’une femme quittée, mais encore amoureuse, qui se trouve largement dans le déni. Cette phrase résume bien tout le contenu du livre. Sauf que c’est un peu léger. Si parfois certaines réflexions font échos à des situations que l’on a nous-mêmes vécues et même si le roman n’est pas finalement pas si long, on aurait aimé qu’à un moment donné le propos dérive vers d’autres sujets.
Tout cela est vraiment dommage car la plume de Frédérique Deghelt est légère et fort agréable. La proximité avec la principale protagoniste ne vient pas uniquement du choix de faire d’Agatha un journal. Cela tient aussi au talent de l’écrivaine qui sait choisir ses mots avec soin. Cela ne permet pas de compenser le manque d’épaisseur de son récit, mais cela permet de ne pas rendre l’expérience trop pénible. On perd juste son temps. Personnellement, je l’aurais perdu autour d’une piscine sous un beau soleil estival, donc je ne vais pas trop m’en plaindre.