LA BETE HUMAINE (Emile Zola) : L’homme et la machine

labetehumaineLentement mais sûrement, je me rapproche de la fin de la saga des Rougon-Macquart d’Emile Zola que j’ai commencé à lire dans leur ordre de parution en 2006. Je pourrais dire que je m’approche de la fin de la ligne, pour faire un mauvais jeu de mots, avant de vous parler de la Bête Humaine, épisode de la saga qui se passe dans le monde ferroviaire. Un roman qui traite surtout des pires instincts qui peuvent naître au tréfonds de l’être humain. Plus qu’un simple portrait d’une époque, cette histoire nous propose des personnages forts livrés à des sentiments violents.

La saga des Rougon-Macquart alterne des romans dont le premier objectif est décrire de manière méticuleuse la France du Second Empire, dans tous les lieux et les classes sociales. D’autres sont centrés avant tout sur les personnages et ainsi sur l’intrigue. Si les théories sur l’hérédité sous-jacente à la grande œuvre de Zola n’ont pas survécu aux progrès de la science, elles nous auront offert les tomes les plus marquants. La Bête Humaine fait incontestablement partie de ceux-là. Les sentiments exaltés des personnages datent quelque peu le roman, mais le roman nous offre tout de même une grande histoire quasi intemporelle. De toute façon, c’est bien l’excès des sentiments qui ont fait les grandes histoire, pas leur réalisme.

La Bête Humaine se lit donc avec une grande avidité. Le style reste celui de son auteur (ce qui est assez logique), mais Zola nous livre moins de longues descriptions que dans d’autres romans. S’il s’attache à nous faire découvrir de manière détaillée et réaliste l’organisation des chemins de fer et même le fonctionnement d’une locomotive, cela ne peut qu’une place très secondaire. Ce que l’on retiendra de la locomotive, la Lison, c’est sa dimension symbolique, qui lui donne le statut de personnage à part entière. Ce parallèle entre l’Homme et la machine n’est d’ailleurs pas sans parler au lecteur contemporain, à l’heure de l’Intelligence Artificielle. Comme quoi, l’Histoire n’est peut-être qu’un éternel recommencement.

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