LE PRIEURE DE L’ORANGER (Samantha Shannon) : Autrice héroïque

Cela fait quelques temps que l’heroic fantasy n’est plus une affaire uniquement masculine. Au niveau des personnages déjà. L’époque de JRR Tolkien, ou elles se retrouvaient reléguées aux rôles secondaires, est bien désormais révolue. Mais ce changement se fait également sentir de l’autre côté de la plume. On pense évidemment à Robin Hobb est son magnifique Assassin Royal. Mais une nouvelle génération lui a succédé. Je ne parle pas (encore) de l’autrice en devenir qui m’a offert le Prieuré de l’Oranger, mais bien de Samantha Shannon qui a signé cette œuvre riche et passionnante.

Le Prieuré de l’Oranger est un beau pavé qui, heureusement, n’a pas subi un découpage artificiel en plusieurs tomes, comme l’édition française en a le secret. C’est tant mieux car un premier volume aurait pu décourager le lecteur. En effet le récit monte doucement en puissance et le tiers initial ne parvient pas à passionner totalement. Le décor se plante lentement, mais il lève le voile sur un monde dont on apprécie la complexité et l’originalité. Aucun élément n’est réellement révolutionnaire, mais chacun d’eux apporte quelque chose pour donner un peu plus de corps et de densité à cet univers. Il faut d’ailleurs signaler que le roman comporte un lexique et un index des personnages, un peu cachés en fin d’ouvrage, mais que j’aurais utilisé parfois si j’avais eu connaissance de leur existence.

Une fois lancée, l’intrigue happe le lecteur pour le faire totalement et définitivement rentrer dans le Prieuré de l’Oranger. Les événement s’enchaînent avec célérité, offrant un puissant souffle épique au récit. Dommage que tout cela conduise à une scène finale pas tout à fait à la hauteur du reste. Mais on ne reste pas longtemps sur cette légère déception pour ne retenir que la joie que l’on a eu à découvrir cet univers remarquable. Le style de Samantha Shannon est solide, parvenant à donner une réelle personnalité à ses personnages. La richesse du récit perd parfois un peu le lecteur, mais il retrouve vite le fil. Il retrouve surtout le plaisir de la lecture et c’est ce qui compte avant tout.

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