CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 12: Au sommet de l’olympe

REUTERS/Dylan Martinez

Depuis les débuts de ces Jeux Olympiques, je n’ai quasiment parlé que des performances des athlètes français. On peut y voir la traduction d’un vilain chauvinisme cocardier. Mais aussi l’absence jusqu’alors de moments vraiment inoubliables, au-delà de l’enjeu lié à la présence d’athlètes tricolores. J’aurais pu effectivement évoquer Simone Biles et ses démons, ou bien le crash en plein vol de Novak Djokovic, mais c’est bien par des victoires et des exploits que se forgent la légende olympique, pas par les échecs retentissants. Du coup, j’aurais pu dire un mot sur Caleb Dressel, mais les exploits programmés à l’avance n’ont pas la même saveur.

Certes, on s’attendait à ce que le record du monde du 400m haies tombent ce mardi. C’est très rare de voir une épreuve compter deux athlètes de ce calibre en même temps. Leur affrontement dans une finale olympique avait toutes les chances d’affoler les chronomètres. Mais personne ne s’attendait à un tel écart. Améliorer un record du monde de 76 centièmes sur une distance aussi courte qu’un 400m a quelque chose de sidérant. Surtout quand on sait que le deuxième l’améliore aussi de 53 centièmes. Mais ce chrono de 46 »17 ne sera jamais considéré comme un record du monde.

Ce coup de tonnerre restera un moment fort de ces Jeux Olympiques. Par son côté exceptionnel, mais aussi par le lot de polémiques qui va avec. Il n’est évidemment pas question de diminuer la valeur des performances réalisées par Karsten Warholm et Rai Benjamin. Mais on sait bien que les progrès techniques réalisés ces derniers temps au niveau des chaussures ont tiré vers la haut les performances générales en athlétisme. Ce n’est pas une révolution comme avaient pu l’être les combinaison en natation, mais cela rend effectivement les comparaisons entre les époques obsolètes (si jamais elles avaient jamais vraiment eu un sens).

On peut cependant regarder les choses à l’envers et se dire qu’un record qui tient près de 30 ans, comme celui de Kevin Young, traduit une discipline où le niveau moyen n’est pas celui qu’il devait être. Les 45 »94 de Karsten Warholm ne représente pas qu’une amélioration notable, il est aussi un rattrapage brutal des 30 années de progrès en termes de matériel (chaussures, mais aussi revêtement des pistes) et de préparation physique et mentale. Cependant, il faut rappeler que ce chrono, réalisé avec des haies, aurait permis à Karsten Warholm de devenir champion de France du 400m… plat. Cela vous situe quand même le niveau de performance !

Espérons que les dernières jours de ces Jeux Olympiques nous offriront d’autres occasions de nos enthousiasmer. Le règne d’Usain Bolt nous aura donné goût à l’extraordinaire. Son absence pèse. Mais le Norvégien a prouvé que certains se tenaient prêts à reprendre le flambeau.

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