LAST NIGHT IN SOHO : Fantôme sur prise

La vie, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Voici une des répliques les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Mais celle-ci ne peut-elle pas s’appliquer au cinéma lui-même ? Mais pour cela, il faut parfois oser se laisser surprendre en allant voir des films dont on ne sait pas grand chose avant d’entrer dans la salle. Cette pratique étonne parfois ceux qui ont des goûts étroits et veulent être sûrs que ce qu’ils vont voir y répond à la virgule près. Mais les esprits ouverts s’y adonnent avec beaucoup de satisfaction. Bien sûr, dans une boîte, il y a toujours le chocolat à la liqueur de mauvaise qualité qui vous donne un haut le cœur quand vous croquer dedans. Mais il y a aussi celui au praliné fondant qui vous réjouit tout le palais quand il le recouvre. Last Night in Soho est un chocolat au praliné.

Certes, il ne vient peut-être pas du meilleur chocolatier du monde. Mais il constitue un petit plaisir coupable dont on a aucune raison valable de se priver. Last Night in Soho souffre néanmoins d’un défaut notable. Le twist de fin est hyper prévisible et arrive en tapant très fort du pied avec ses gros sabots. Evidemment, je n’en dirais pas plus, pour ne pas priver d’éventuels futurs spectateurs du moindre effet de surprise dont j’ai pu bénéficier. Je dirais simplement que ce film ne sera pas le nouveau Sixième Sens, même s’il y est question de fantômes. Mais il nous offre par ailleurs bien d’autres raisons de nous réjouir et d’apprécier pleinement le spectacle proposé. Surtout que si on finit par voir où tout cela doit nous mener, le début est lui plein d’un mystère pleinement maîtrisé et nous plonge très vite au cœur de l’histoire. Le tout reste quand même globalement solide et convaincant.

Copyright Parisa Taghizadeh / Focus Features

On ne peut que se réjouir de voir Edgar Wright avoir été capable de changer de registre avec beaucoup de bonheur. Pas de trace d’humour potache au huitième degré ici, mais il conserve sa vraie maîtrise narrative (sauf peut-être sur la fin donc) et artistique. Le duo formé par Thomasin McKenzie et Anya Taylor-Joy illumine le film de leur charisme aussi différent que complémentaire. On est aussi heureux de pouvoir rendre un dernier hommage à Diana Rigg, dont cela restera son dernier rôle avant son décès. Elles contribuent toutes pleinement à la réussite d’un film qui se laisse voir avec un réel plaisir. Last Night in Soho est donc une surprise que tout spectateur ferait bien de s’offrir.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Edgar Wright
Scénario : Edgar Wright et Krysty Wilson-Cairns, d’après une histoire de Wright
Musique : Steven Price
Direction artistique : Victoria Allwood et Emily Norris
Décors : Marcus Rowland
Costumes : Odile Dicks-Mireaux
Photographie : Chung-hoon Chung
Montage : Paul Machliss
Production : Nira Park, Tim Bevan, Eric Fellner et Edgar Wright
Production déléguée : James Biddle, Rachel Prior, Daniel Battsek et Ollie Madden
Durée : 116 minutes

Casting :
Thomasin McKenzie : Eloise « Ellie » Turner
Anya Taylor-Joy : Sandie
Matt Smith : Jack
Terence Stamp : Lindsay
Sam Claflin : Lindsey jeune
Diana Rigg : Alexandra Collins
Michael Ajao : John
Rita Tushingham : Margaret « Peggy » Turner
Jessie Mei Li : Lara
Synnøve Karlsen : Jocasta
Margaret Nolan : la barmaid
Michael Jibson : le détective
Lisa McGrillis : la détective
James et Oliver Phelps : Charles et Ben
Pauline McLynn : Carol
Paul Brightwell : Cubby
Kassius Nelson : Cami
Rebecca Harrod : Ashley

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