PETITE SOLANGE : Portrait de femme

Les films sur le divorce peuvent être le plus souvent rangés dans deux catégories. Ceux qui nous racontent l’histoire du point de vue du couple qui se brise d’un côté. Et de l’autre, même si c’est plus rare, ceux qui racontent le tout du point de vue des enfants. Cela peut prendre le ton de la comédie, comme dans Génial Mes Parents Divorcent (oula, ça ne me rajeunit pas ça!). Parfois un ton beaucoup grave, pour ne pas dire dramatique, comme pour Petite Solange. Une plongée touchante dans le profond malaise qui peut frapper certaines et certains à l’adolescence. Un malaise qui prête parfois à la moquerie. Mais ici, l’histoire fait surtout place à l’émotion.

Petite Solange est, comme son titre peut le laisser penser, un film portrait. Et comme l’intérêt d’un tel exercice n’attend pas forcément le nombre des années, celui n’en manque pas. En effet, le portrait dressé ici par Axelle Ropert est d’une rare profondeur pour un personnage aussi jeune. Pourtant, jamais le propos ne devient contemplatif et encore moins creux. On est touché par la souffrance réelle ressentie par la jeune fille et la maladresse des adultes qui tentent de la relativiser, le plus souvent d’une manière légèrement condescendante. On peut facilement faire le lien avec Un Monde, sorti une semaine plus tôt, qui s’intéressait à un autre stade de l’enfance, mais qui montrait lui aussi comment les regards adultes ont du mal à comprendre parfois pleinement les plus jeunes.

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Si la présence de Philippe Katerine à l’écran, excellent par ailleurs, fait partie des éléments m’ayant convaincu d’aller voir Petite Solange, la star incontestée de ce film est la jeune Jade Springer. Elle interprète son rôle avec une parfaite justesse, quelle que soit l’émotion qu’elle cherche à véhiculer. Ses frêles épaules s’avèrent au final largement assez solides pour donner de la hauteur au film. La réalisation d’Axelle Ropert est sobre, mais colle parfaitement à son propos, s’effaçant derrière ses personnages pour mieux souligner ce qu’ils ressentent. Elle a fait le bon choix également en ne cherchant pas à prolonger plus que besoin son récit. Un peu moins d’une heure et demi, c’est court pour un long métrage. Mais la qualité n’attend pas le nombre des minutes.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Réalisation : Axelle Ropert
Scénario : Axelle Ropert
Photographie : Sébastien Buchmann
Costumes : Delphine Capossela
Décors : Valentine Gauthier Fell
Son : Laurent Gabiot
Montage : Héloïse Pelloquet
Musique : Benjamin Esdraffo
Durée : 86 minutes

Casting :
Jade Springer : Solange Maserati
Léa Drucker : Aurélia Maserati
Philippe Katerine : Antoine Maserati
Grégoire Montana : Romain Maserati
Chloé Astor : Gina
Marthe Léon : Lili
Léo Ferreira : Arthur

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